Le vengeur latino masqué tout vêtu de noir et à l'épée bien effilée est de retour dans une nouvelle aventure intitulée: "The Legend of Zorro". Pour une seconde fois en carrière, Antonio Banderas reprend les traits de ce justicier sans peur et sans reproche qui utilise sa lame au profit de la justice et de la liberté. Catherine Zeta-Jones revient également dans ce second opus personnifiant une fois de plus Elena, la magnifique épouse de Don Alejandro de la Vega, alias Zorro. Dix ans ont passé depuis les péripéties que nous avons vécus dans le film "The Mask of Zorro". Nous sommes en1850 en Californie, le couple De La Vega s'est marié et a un enfant de dix ans, Joaquin (Adrian Alonso), qui ignore tout de l'identité de son père. Elena voudrait que son mari cesse de jouer les justiciers et s'occupe davantage de sa petite famille.
Pendant ce temps, la Californie désire devenir le 31e État de l'Union. Toutefois, les membres de la mystérieuse confrérie médiévale des Chevaliers d'Aragon, dirigée secrètement par l'aristocrate français Armand (Rufus Sewell), sont bien décidés à l'en empêcher et par tous les moyens... Les paysans doivent aussi se défendre contre Jacob McGivens (Nick Chinlund), qui prend par la force les titres de possession de leurs terres... Fort heureusement, Zorro est là pour combattre la vilénie de ces hommes qui veulent détruire ni plus ni moins, les États-Unis d'Amérique.
Ce second volet du vengeur masqué n'est vraiment pas à la hauteur du premier. Il y a nettement moins d'action et le scénario manque vraisemblablement de tonus tout au long des 130 minutes que dure cette intrigue. J'ignore si le réalisateur néo-zélandais Martin Campbell a reçu le mandat de faire un film propagandiste, mais il est difficile de ne pas voir l'aspect moral patriotique américain dans ce long-métrage surtout à la toute fin où un peuple majoritairement mexicain montre sa joie d'être devenu américain, en agitant des petits drapeaux. Et comme si ce n'était pas suffisant, le méchant est comme par hasard un français... Il faut dire que tout français n'a plus bonne presse aux États-Unis depuis que la France a clairement démontré son refus d'appuyer le président George W. Bush dans son intervention militaire en Irak. Je suis tout de même content de voir que le réalisateur Martin Campbell n'a pas reposé son film que sur ces éléments idéologiques impérialistes américains sinon j'aurais trouvé la soirée un peu longue.
Le récit "The Legend of Zorro" est pour ma part sauvé en partie par la présence de la très séduisante Catherine Zeta-Jones qui grâce à son physique avantageux, à son dynamisme et à son énergie débordante donne beaucoup de rythme et de divertissement à cette production cinématographique qui semble parfois tourner en rond. Un autre point qui diffère avec The Mask of Zorro, hormis quelques scènes amusantes et quelques répliques mordantes, est qu'on a l'impression de se retrouver devant un film familial qui a réellement du mal à séduire le spectateur adulte. Pas une goutte de sang ou la moindre petite scène violente ne vient déranger un récit nettement distrayant, mais qui manque énormément d'originalité. Malgré que l'humour soit à l'honneur, le film joue la carte de la simplicité en visant un public pas trop difficile où nos bambins rigoleront de bon cœur. Loin d'être mauvais, "The Legend of Zorro" déçoit malgré tout. Heureusement que le duo Banderas / Zeta-Jones nous en met plein les yeux. Antonio Banderas accomplit lui-même la quasi-totalité de ses cascades et de son côté, Catherine Zeta-Jones n'est pas mal non plus en fine lame. Bref, cette suite n'a pas la fraîcheur du premier épisode. L'histoire comporte trop d'invraisemblances et les cascades semblent plutôt là pour noircir les blancs d'un scénario peu imaginatif. Le rythme est néanmoins soutenu et la présence de l'humour est particulièrement abondante pour conserver notre attention jusqu'au bout de ce film désappointant.
L'image est particulièrement bien définie, ce qui est important pour un film présentant de magnifiques panoramas de la Californie. Les couleurs sont riches, saturées et vivantes, les tons de peau sont rendus avec naturel et justesse. On ne remarque aucune variation de la brillance et du contraste. Les noirs sont très beaux et profonds. Les parties sombres offrent des dégradés subtils et de très grande qualité. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et ne montrent aucune trace de parasites et de distorsions. La trame sonore aussi est excellente et est intégrée efficacement aux images.
Les nombreux suppléments à l'intérieur du DVD "The Legend of Zorro" sont en anglais uniquement... ce qui est toujours désolant, il va sans dire, de ne pouvoir mettre un sous-titre en français. Vous pouvez d'abord écouter une piste de commentaires du réalisateur Martin Campbell et du directeur de la photographie Phil Meheux qui nous expliquent et analysent les scènes qui se déroulent sous nos yeux, sans rien de plus. Sur ce DVD, vous verrez aussi des scènes éliminées au montage dont notamment un début et une fin alternative au film. Il y a aussi cette scène, "Symphony By the Bay", une séquence amusante d'un concert (sans musique) où les acteurs jouent leur scène comme si de rien n'était. Je dois vous avouer que j'ai pouffé de rire à la fin en voyant les gens ovationner l'orchestre qui faisait semblant de jouer.
Vous trouverez ensuite quatre revuettes intéressantes: "Stunts", "Playing With Trains", "Armand's Party" et "Visual Effects" où le coordonnateur des cascades Gary Powell, le réalisateur Martin Campbell, le producteur Lloyd Phillips et plusieurs autres artisans expliquent leurs travails et la complexité dans l'exécution de certaines scènes. Il est toujours fascinant de voir l'arrière du décor afin de mieux comprendre tout le travail de ces hommes et de ces femmes à la réussite du film. Dans le segment "Two Multi-Angle Scene Deconstructions", vous verrez deux séquences présentées en format multi-angle de trois images qui défilent simultanément, soit la répétition de la scène avec les principaux protagonistes, puis derrière la caméra et le produit final de deux séquences. Il y a aussi sept bandes-annonces.
Quoi qu'il en soit, "The Legend of Zorro" de Martin Campbell est un film d'action sans imagination et sans personnalité avec un minimum d'histoire où les acteurs jouent magistralement à la perfection. Amateur de films d'action ou de Zorro, personne n'y trouvera son compte en bout de ligne.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |