Limitless
Alliance / Relativity

Réalisateur: Neil Burger
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 105 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935400011

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 juillet 2011

Mythe d'Icare transposé à New York, "Limitless" est une méditation hyperactive sur le pouvoir et l'invincibilité. Un voyage parfois un peu trop éparpillé et tape-à-l'œil qui mérite tout de même le détour.

Eddie (Bradley Cooper) est un écrivain en panne d'inspiration. Ses facultés atteignent le zénith lorsqu'il ingurgite du NZT. À l'aide de cette drogue, il gravit aisément les échelons sociaux, attirant du coup l'intérêt d'un important homme d'affaires (Robert De Niro)... et d'individus qui ne lui veulent pas que du bien.

"Limitless" ressemble à un monstre à deux têtes qui s'entredévorent continuellement. Il y a l'entité noble qui cherche à faire un film sérieux en explorant une thématique souvent traitée au cinéma: la dépendance à des substances illicites. Un grand potentiel dramatique ressort de cette adaptation du roman d'Alan Glynn qui aurait pu se classer aux côtés des Requiem for a Dream et Trainspotting en terme de réussite éclatante en la matière.

Puis il y a ce double maléfique qui fait tout pour maximiser la valeur "divertissement" sans réellement peaufiner les enjeux humains et la psychologie des personnages. Une entité démoniaque qui multiplie les fausses pistes et les poursuites inutiles en créant un suspense artificiel ponctué de coups de théâtre pas toujours réussis.

Cette confrontation entre Dr. Jekyll et Mr. Hyde donne une oeuvre en demi-teinte, qui débute et se termine en force, mais dont la progression est ponctuée de nombreux dalots. Le tout est cependant dissimulé sous une mise en scène vitaminée de Neil Burger (créateur de The Illusionist) qui sait offrir un véritable trip visuel et musical, jouant avec la couleur de ses filtres pour personnifier l'état d'esprit de son héros. Une réalisation qui n'évite pourtant pas des excès en tout genre.

La qualité générale de l'interprétation est une autre valeur ajoutée qui égaye lorsque le scénario ne tient plus la route. Bradley Cooper obtient enfin un premier rôle d'envergure et il ne déçoit pas dans la peau d'un homme charismatique. Sa prestance est indéniable, et il ne se fait pas avaler tout rond lorsqu'il est en présence de Robert De Niro qui a heureusement laissé son masque de cabotin au placard. Les multiples personnages secondaires ne sont toutefois pas suffisamment étoffés et ils ne ressemblent qu'à des simples pions lorsque l'intrigue se complexifie.

Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont judicieusement utilisées, agrémentant les enceintes de sirènes de police, de klaxons et de bruits urbains. De quoi vouloir visiter New York le plus rapidement possible. Les voix sont claires, les dialogues toujours audibles, le doublage francophone est très compétent et il y a de visibles sous-titres blancs en cas de nécessité. Le soin vidéo est tout aussi opérant. Les images passent parfaitement de la noirceur à la lumière grâce à des couleurs bien développées, des teintes précises et des contrastes homogènes. Un rendu plus que satisfaisant, qui éradique presque complètement le blocage.

L'attirante pochette montre Bradley Cooper et Robert De Niro devant une ville qui semble surréelle. Le menu principal du DVD présente plutôt un habile montage de scènes qui est agrémenté d'une mélodie imparable. Les suppléments comprennent une bande-annonce, une seconde fin qui ressemble à s'y méprendre à la première et un court segment de cinq minutes où l'équipe technique et les membres de la distribution ressassent à la vitesse de l'éclair les idées du scénario et les défis de mise en scène. Le seul bonus digne de ce nom est la très intéressante piste de commentaires du cinéaste qui explore en détail tous les aspects de la production.

S'adressant davantage aux sens qu'à la matière grise, "Limitless" est une odyssée superficielle, mais tout de même assez excitante sur le dos d'Icare qui se brûle les ailes en volant trop près du soleil. Devant tant de possibilités, l'être humain joue toujours gros, et sa façon de perdre (ou de gagner) au change est ici offerte avec son lot de morales usuelles et un certain sens de l'humour, aussi noir que du café sans sucre et sans lait. Ainsi la copine du personnage principal, incarnée par la talentueuse Abbie Cornish, décide de rompre alors que ce dernier n'a ni argent ni succès. Elle se ravise lorsque la chance lui sourit à nouveau, et décide tout de même de demeurer avec lui en sachant pertinemment qu'il n'est pas lui-même. Comme quoi la fin justifie encore et toujours les moyens.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio8