Live Free or Die Hard
Unrated Widescreen Collector's Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Len Wiseman
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 130 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
8 décembre 2007

Après pas moins de 12 années passées dans la pénombre, voici que ressort la carcasse vieillissante de John McClane, le détective de New York le plus habitué à se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. À part les quelques rides de l'âge qui se sont ajoutées à son physique, McClane demeure en grande forme physique. Il est difficile, malheureusement, d'en dire autant du scénario, feu roulant d'action moralisatrice aux issues diamétralement opposées aux valeurs de ce qui forme la souche du policier peu orthodoxe. Bien que le résultat n'est pas totalement dénué d'un intérêt, nous espérons tout de même un avenir meilleur lors d'un éventuel et annoncé "Die Hard 5".

Plusieurs pirates informatiques se font assassiner après avoir aidé une soi-disant société en testant un logiciel. À la veille de la fête nationale de nos voisins du Sud, un terroriste informatique s'empare des infrastructures numériques et fait pivoter le système à son avantage. Les autorités chargent le détective McClane (Bruce Willis, toujours en grande forme) de retrouver le dernier pirate suspecté (Justin Long, très drôle et crédible) et lui faire cracher le morceau sur ce qu'il pourrait savoir. À mesure que le policier se rapproche des terroristes et exécute de multiples cascades défiant la mort, Thomas Gabriel (Timothy Olyphant, froid, glacial, post-"Hitman"), le terroriste en chef, prend les choses en main alors qu'il enlève la fille de McClane. La course à la montre devient donc personnelle dans les deux camps, mais pour McClane, une chose est claire : il préfère crever plutôt que de ne pas vivre libre.

Les années passent et John McClane ne trépasse toujours pas... physiquement du moins. Le flic aux aventures dépassant l'imagination (rencontrer quatre groupes de terroristes en moins de 20 ans, faut le faire!) est coincé dans une nouvelle tentative d'attentat contre les États-Unis et ressort davantage du lot que par le passé. Son comportement, par contre, s'est un tantinet assagi et c'est là que les plus grosses déficiences du scénario se font sentir : McClane, malgré une bonne forme physique, ne s'adapte tout simplement pas au 21e siècle et l'ère de la technologie. Cette exclusion se fait doublement ressentir lorsqu'il punit allègrement les vilains sans pour autant se montrer aussi impartial que dans les films précédents ou mordant avec des phrases à l'humour noir. Bref, c'est "Die Hard" en visuel, mais l'âme de ce dernier est partie depuis le troisième opus (Die Hard With A Vengeance) et donne réellement aux situations une problématique soutenue par un studio désireux de montrer le moins de sang possible, rendant du même coup le film accessible à un plus vaste auditoire (on soigne McClane à chaque fois qu'un peu d'hémoglobine se montre alors qu'auparavant, il en était trempé et on n'y prêtait pas attention). La prémisse est excellente et réaliste, inspirée d'un article prouvant que de tels événements pourraient se produire (jusqu'à une certaine limite, il va sans dire), mais le dernier tiers du film tombe complètement à plat en utilisant les vieux clichés de la supercherie informatique pour justifier des bombes qui explosent de partout et une fin heureuse sans punch. C'est mieux que du Michael Bay, mais force est de constater que les aventures de John McClane s'essoufflent à mesure que le temps passe. Des cascades (presque toutes réelles, en passant) à couper le souffle, un rythme effarant, peu de longueurs (surprenant considérant sa durée), "Live Free or Die Hard" possède suffisamment d'audace et d'originalité visuelle. La meilleure scène constitue certainement en ce message des terroristes (véhiculé dans un montage de discours des Présidents passés et présents) tout simplement terrifiant montrant les véritables ambitions d'un script davantage plus enragé que ne le laisse voir le produit final. De plus, Timothy Olyphant ne possède ni le charisme mégalomaniaque de Alan Rickman ou la folie meurtrière calculée de Jeremy Irons. En contre-partie, les lieux de tournage sont utilisés de façon efficace et il est certain que cette scène dans laquelle McClane crée un face à face avec une voiture afin d'arrêter un hélicoptère restera gravée pour longtemps. Autre bémol : les méchants semblent sortis d'une bande dessinée tellement ils sont résistants et agiles, on a l'impression d'avoir affaire à des super-héros. Certains sautent de façon si agile que "Catwoman" en serait jalouse, d'autres se prennent une foulée de quatre étages avec, en guise de souvenir de maigres égratignures, etc. Difficile, dans ces conditions, d'adhérer à la réussite peu probable, voire impossible de Bruce Willis à tous les dégommer.

Au banc des suppléments sur le second disque, on retrouve un documentaire en plusieurs parties sur la production du film, une entrevue entre Kevin Smith (jouant un rôle dans le film) et Bruce Willis, des bandes-annonces, un vidéoclip et une piste de commentaires animée par Len Wiseman, Nicholas De Toth et Bruce Willis lui-même. Le seul manque à cette galette aurait été une série de scènes coupées, mais peut-être Fox garde le tout pour une édition future (lors de la sortie de "Die Hard 5"?). Malgré tout, les commentaires sont divertissants et l'on apprend le véritable amour de Len Wiseman pour la série depuis le tout premier film et les défis rencontrés pour tourner le tout avec le moins d'effets numériques possible. Notez qu'il est possible de visionner le film en version présentée en salles ou en version non-censurée (je n'ai pas remarqué une traître différence entre mon visionnement au cinoche et celui-ci, toujours classé PG-13 aux States) en plus du second disque pourvu de la version "Digital Copy" dans laquelle il vous est possible de télécharger dans un ordinateur le film en entier à l'aide d'un code dans l'emballage (le film n'est toutefois qu'en anglais).

L'image est parfaite. Il n'y a tout simplement aucun défaut visible. Des zones de clarté à la saturation des couleurs, la définition de l'image, tout est beau et respecte le ton du film. La pellicule est granuleuse à souhait, mais on dénote cependant quelques manques dans les effets spéciaux, de mineures imperfections qui n'entachent pas le plaisir du spectacle visuel. Le son explose littéralement les enceintes. Chaque balle tirée (et il y en a dans ce film), chaque vitre cassée, chaque coup de poing ressenti, le spectateur est immergé dans l'univers de Die Hard tête première. Aucun défaut de compression sonore n'est entendu. La page principale des menus est animée et musicale tandis que les autres sont muettes, fixes, avec un effet de transition rapide; il en va de même pour le second disque. Représentant un dessin technique en trois dimensions d'un des décors du film, le menu est donc facile de navigation.

"Live Free or Die Hard" ne fait pas seulement suite aux trois premiers films. Il s'agit d'une sorte de redémarrage de la franchise au même titre que Batman Begins, Casino Royale, raison pour laquelle le film ne résonnera peut-être pas dans la tête de tous les fans. Cependant, et contrairement aux exemples mentionnés, le résultat laisse le spectateur dans une émotion confuse : oui, c'est bien John McClane, oui, les phrases classiques telles "Yippee-ki-yay, motherf$%?&" sont de retour. Il manque un soupçon de nouveauté, de rigidité, de violence puisque ce qui faisait le charme des deux exemples était leur approche sans compromis : Batman plus torturé que jamais, James Bond confronté à ses émotions, etc. Les puristes seront choqués tandis que les néophytes seront ravis, car d'une certaine manière, McClane est entré en force dans le 21e siècle, et ce, à sa propre manière.

Quant à moi, R. I. P., John McClane! Tu me manques déjà.


Cotes

Film6
Présentation8
Suppléments9
Vidéo10
Audio10