Quoi qu'on en dise, il est toujours difficile de sauver un film raté des années plus tard avec une version spéciale du réalisateur. On peut améliorer quelques petits détails qui ne fonctionnaient pas, on peut resserrer le montage ou lui donner un rythme plus lent pour permettre un meilleur développement des personnages, mais en gros, quand le scénario de départ est boiteux, le film restera toujours irréparable. L'expérience a été tentée maintes fois auparavant et les résultats parlent d'eux-mêmes.
C'est encore une fois le cas ici avec "Lookin' to Get Out" du réalisateur et monteur Hal Ashby. Longtemps regardé comme un navet fini, ce film du grand réalisateur qui nous avait donné des comédies noires et intelligentes comme Harold et Maude et Being There, où la psychologie des personnages et leur humanité tiennent un rôle primordial, avait été un échec critique et commercial à sa sortie en 1982. Or, vers la fin de sa courte vie, alors qu'il se mourrait d'un cancer, Ashby avoua à certains de ses proches que ce film était bien meilleur qu'il n'y paraissait et que la version de son montage à lui aurait dû être choisie pour la sortie en salle au lieu de celle du monteur imposé par le studio. Cela resta comme ça jusqu'à récemment où on découvrit dans les archives du studio les bobines de ce fameux "Director's Cut" dont il parlait.
Warner décida donc de nettoyer ces bandes maîtresses et de ressortir la version Ashby du film en DVD, plus de 35 ans après son échec original. Il est vrai que n'ayant pas vu l'original, je ne peux comparer leurs vertus respectives, mais de voir que la version actuelle atteint à peine la note de passage, on peut s'imaginer le premier montage. Et si on en croit les différentes critiques de l'époque, ce devait être complètement désastreux!
Le film raconte l'histoire de deux amis vivant à New York dont l'un perd aux cartes et doit 10 000 dollars à des petits mafieux locaux. Il décide alors d'entraîner l'autre à Las Vegas avec le reste de leurs économies dans le but de se refaire. Mais les gens à qui il doit l'argent le suivent jusqu'à la capitale du jeu et ont bien l'intention de récupérer leur dû. Survient alors une prostituée (Ann-Margret), vieille flamme du joueur compulsif, qui tentera par compassion d'aider son ex-amant et son ami avant qu'ils ne se fassent assassiner...
Il ne faut tout de même pas tout rejeter du revers de la main. Ce film co-scénarisé par l'acteur principal Jon Voight (qui avait travaillé avec Ashby sur Coming Home) a certes un minimum de charme. Ainsi, le personnage du fidèle ami d'Alex, joué par Burt Young, bon bougre un peu limité et manquant franchement de colonne vertébrale qui se laisse entraîner par son ami dans des histoires abracadabrantes est certainement sympathique. Par contre, celui de Voight est plutôt mal écrit, trop gros pour être vrai, et mal joué de surcroît par l'acteur qui en fait trop et prend trop de place. Ann-Margret quant à elle fait ce qu'elle fait de mieux, avoir l'air belle et plastique. Le reste du scénario est quelconque, avec de petits moments intéressants, mais le tout est en gros à éviter.
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, et la copie utilisée est de qualité correcte. Il va de soit que ce n'est pas la copie originale du film, mais bien une de travail qui n'avait jamais atteint le stade de diffusion. On assiste ainsi à quelques variations de couleurs brusques dans certains plans ou à quelques rayures embêtantes. Pour l'audio, le son est passablement bon. Bien qu'on ait travaillé à partie d'une bande originale mono, on s'en tire tout de même bien au final même si le tout manque de dimension et de profondeur. On a tout de même fait son possible au transfert pour améliorer le tout et le résultat est acceptable. En supplément, on retrouve une courte revuette contemporaine avec les acteurs principaux et le scénariste relatant l'histoire du tournage et leur amour pour le regretté Hal Ashby.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |