Un des trois films de la récente Collection Michael Caine de 20th Century Fox (les deux autres étant Peeper de Peter Hyams et Deadfall de Bryan Forbes), "The Magus" de Guy Green en est possiblement le plus intéressant. Basé sur un roman de l'auteur britannique John Fowles et tourné dans les décors naturels splendides des îles grecques, ce thriller psychologique met en vedette, en plus de Michael Caine, Anthony Quinn, une toute jeune Candice Bergen ainsi que l'actrice fétiche de Godard (à l'époque du moins) Anna Karina.
L'histoire se déroule en totalité sur une petite île grecque où Nicholas Urfe (Caine) a accepté un poste de professeur d'anglais dans une école primaire d'un petit village de l'endroit. Dès son arrivée, plusieurs événements et rencontres étranges le poussent vers une maison qui semblait abandonnée, mais qui est en fait la demeure de Maurice Conchis (Quinn), un être caméléon, le Magicien du titre. S'ensuit alors entre les deux protagonistes un jeu complexe de vérités et mensonges, truffé d'illusions d'optiques, de revirements de situation, de flashbacks réels de la Deuxième Guerre mondiale, de canulars et de bizarreries mêlant l'ex-copine de Caine (Karina) et une jeune actrice américaine captive de Conchis. Tout se complique pour Caine lorsqu'il apprend que son prédécesseur s'est suicidé suite à sa rencontre avec Conchis...
Tiré du roman le plus populaire de John Fowles, et scénarisé par l'auteur lui-même, "The Magus" est un film captivant, quoiqu'extrêmement tordu. Inspiré de la vie de Fowles sur une île grecque où il enseignait l'anglais, on y retrouve une ambiance mystérieuse bien rendue par Quinn et Bergen et une curiosité dangereuse et une candeur chez Caine qui nous tiennent en haleine jusqu'à la fin. Quelques coins ronds (sûrement plus développés dans le livre) nous agacent un peu parfois, mais sans toutefois nous faire décrocher du suspense. Quelques maladresses un peu vieillottes, surtout au niveau des scènes d'amour, nous indiquent bien qu'il s'agit ici d'un film des années soixante. Heureusement si on peut en sourire et continuer à se laisser porter par l'étrangeté de l'histoire, notre plaisir n'en sera que plus complet.
Au niveau visuel, on est bien sûr en présence d'une qualité d'image "datée". À cause des limites techniques aux pellicules de l'époque, tout semble légèrement délavé ce qui est un peu triste vu la richesse des paysages des îles Éoliennes. Par contre, comme tout le film se déroule dans peu de lieux, une fois qu'on a accepté ces couleurs ternes, on peut très bien les oublier aussitôt! Pour le son, une seule piste avec les petits défauts de l'époque, c'est à dire des voix parfois trop sourdes et une piste de bruitages parfois trop différente du son réel pour bien s'intégrer. Heureusement seulement quelques moments un peu maladroits, ce qui ne nous empêche pas d'apprécier le tout.
En supplément on retrouve, en plus des bandes-annonces des films de la trilogie The Michael Caine Collection mentionnés ci-haut, un court documentaire sur la vie de l'écrivain John Fowles, avec des entrevues de ses proches collaborateurs et de sa famille. Le thème principal du document étant bien entendu le livre "The Magus" et le tournage du film. Intéressant pour en découvrir plus sur cet auteur à l'univers étrange.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |