Au milieu des années 1950, le célèbre acteur de westerns, John Wayne, se lance dans la production. Il fonde alors Batjac, une maison de production qui sévira jusqu'en 1974. Aucune production intéressante n'est restée de cette aventure (si ce n'est The Alamo réalisée par le Duke lui-même!) Pour la plupart, les films produits par Batjac furent des westerns (évidemment!) et des films de guerre. On ne se cachera pas que John Wayne, malgré tout le bien qu'en pensent plusieurs, était reconnu pour être un réactionnaire de droite. The Green Berets, co-réalisé par lui-même, est demeuré célèbre comme étant un film au message patriotique extrêmement insidieux, voire raciste!
Lorsque "Man in the Vault" est réalisé en 1956, Batjac existe depuis cinq ans, mais aucun succès n'est venu pour l'aider à remplir ses coffres de manière substantielle. Wayne en est encore réduit à produire de petits films de série B sans réel budget. Pas beaucoup d'acteurs célèbres (à part les amis de Wayne) ne sont engagés pour ces productions. De plus, Wayne utilise souvent les mêmes acteurs. William Campbell (un pseudo Tony Curtis, sans le charme ni le talent) s'est d'ailleurs commis deux ans plus tôt dans The High and the Mighty. Il interprète ici Tony Dancer, un honnête serrurier tenté de participer à un vol de banque lorsqu'il se voit offrir un bon montant par un gangster minable, Willis Trent. Amoureux d'une femme aux goûts luxueux, Betty (Karen Sharpe), il finit par commettre le crime en question, mais pris de remords, il remettra l'argent à la police.
Comme vous pouvez le constater, il s'agit d'une histoire très banale et rien, ni dans la mise en scène ni dans le jeu des comédiens n'arrive à rendre l'ensemble intéressant. Certes, il y a bien quelques scènes de suspense assez réussies (par exemple, celle où Dancer se rend à la banque pour faire une copie des clés du coffre de sûreté), mais trop peu pour mousser véritablement notre intérêt. De plus, la plupart des situations sont cousues de fil blanc. La facilité avec laquelle Dancer, un amateur, parvient à voler la banque est à la limite d'être ridicule. De même, la scène finale est une fausse bonne idée. Le réalisateur a imaginé une scène de fusillade dans un bowling où les balles sont remplacées par des boules de quille. Sont-ce les moyens de pacotille mis à sa disposition ou carrément un manque de talent? Toujours est-il que cette scène finale est tout à fait risible.
Le réalisateur, Andrew V. McLaglen qui en était à son deuxième film (le premier réalisé l'année précédente, également pour Batjac) est le fils de Victor McLaglen, l'autre comédien fétiche de John Ford, après Wayne. Wayne a donc visiblement voulu lui faire une fleur en donnant l'occasion à son fils de devenir réalisateur. McLaglen devint par la suite réalisateur d'émissions télévisées, on comprend aisément pourquoi. Les acteurs sont tous ordinaires, sauf Anita Ekberg et Mike Mazurki (l'un des meilleurs interprètes d'hommes de main de tout le cinéma américain).
Aucun supplément n'est compris sur ce disque (et c'est tant mieux!). En visionnant ce film, je me suis demandé s'il valait véritablement la peine d'éditer en DVD tout ce qui a été fait. Et, de façon surprenante, la réponse est positive. "Man in the Vault" malgré tous ses défauts est un excellent exemple des séries B que l'on produisait alors à la chaîne. Malgré lui, il est un bon exemple de mauvais cinéma, et pour les amateurs de septième art, il vaut le détour. Par contre, si vous ne voulez que de bons films, je me vois contraint de vous conseiller de passer votre tour...
| Film | 4 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |