Margot at the Wedding
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Noah Baumbach
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
29 février 2008

Les relations familiales auront rarement paru aussi compliquées et malsaines que dans "Margot at the Wedding", le nouveau film de Noah Baumbach, un réalisateur qui s'est fait connaître par son précédent et meilleur The Squid and the Whale.

Pauline (Jennifer Jason Leigh) va bientôt se marier avec Malcolm (Jack Black), un homme qui préfère bien souvent chialer que travailler. Afin de préparer cet heureux évènement, elle invite sa sœur ennemie Margot (Nicole Kidman), une romancière célèbre qui voue un amour presque exclusif envers son fils Claude (Zane Pais). Entre les deux femmes, c'est souvent l'eau et le feu. Surtout lorsqu'elles décident de se faire mutuellement la morale. En l'espace de quelques journées, plusieurs destins risquent même d'être altérés à jamais.

"Margot at the Wedding" ressemble beaucoup à l'excellent The Ice Storm d'Ang Lee. Les adultes, traumatisés par leur jeunesse, n'arrêtent pas de s'engueuler, créant au passage d'incessants jeux de pouvoir. Face à l'amour et à la famille, les inlassables questionnements sont ramenés sur le pavé, pour le meilleur et pour le pire. Face à eux, les enfants sont des témoins impuissants qui cherchent à réagir, à un âge où les hormones prennent souvent le dessus.

Même si les dialogues sont souvent ciselés et que les situations finissent par faire sourire ou rendre mal à l'aise, la mise en scène fine du cinéaste s'appuie sur la performance de ses comédiens qui ne rendent jamais leurs personnages très sympathiques. Le spectateur reste donc en retrait, fasciné par ces gros mots qui arrivent... et lassé en moins d'une heure. Les hommes, qui sont souvent en retrait, n'ont pas à rougir de la performance (enfin!) sans mimique de Jack Black et de l'apparition sobre de John Turturro. C'est plutôt sur le plan féminin que cela se corse. La chimie entre Nicole Kidman et Jennifer Jason Leigh est palpable, mais cela ne rend pas l'ensemble plus réussi. La première se veut appuyée et peu charismatique du début à la fin, alors que la seconde n'arrive pas à prendre la place qui lui revient.

Le film est austère, jusque sur le plan de la technique. Les images y sont terriblement sombres, avec des couleurs peu vivantes et des contrastes beaucoup trop opaques. Ce choix esthétique se veut réaliste (la définition des contours et le niveau des détails sont intéressants), et ce, même si du blocage apparaît à quelques occasions. C'est tout le contraire au niveau sonore. La musique est peu présente et elle apparaît généralement à l'écran. Les différentes pistes audio s'avèrent peu éclatantes, avec ces leitmotivs de trains, de vagues et de cigales. Au moins, le long-métrage n'est que dialogues et ceux-ci s'entendent sans rechigner. Et il y a de très visibles sous-titres blancs afin de rejoindre un public francophone et espagnol.

La pochette, d'une blancheur immaculée, montre trois protagonistes qui se regardent sans réellement se voir. Le menu principal du DVD opte plutôt pour une superposition de photographies qui est alimentée par les sons hantant d'un train. Eh oui, comme dans le plus recommandable Little Children (qui a beaucoup plus en commun avec cette oeuvre). En guise de suppléments, il y a une série de publicités, deux bandes-annonces et une conversation de treize minutes mettant en vedette le réalisateur et scénariste Noah Baumbach et l'actrice Jennifer Jason Leigh. Ils discutent des personnages et de l'aura de Nicole Kidman, en disant quelques mots sur les thèmes abordés et la composition retenue de Jack Black. Un segment ultimement trop mince.

"Margot at the Wedding" ressemble à plusieurs récits du moment où la famille est passée au hachoir afin que ses membres puissent exorciser leurs démons. Dans le même genre, The Savages de Tamara Jenkins se voulait beaucoup plus intéressant et significatif. Ici, il n'y a que d'excellents comédiens qui défendent des personnages peu attrayants qui ont, paradoxalement, des choses importantes à dire. Pour les savoir, il faudra toutefois affronter une œuvre en demi-teinte qui ne captive pas pleinement.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments4
Vidéo5
Audio6