"Martian Chronicles" est l'un des premiers films de science-fiction que j'ai vus. Diffusé à une heure à laquelle j'étais supposé être au lit, j'ouvrais la télévision au sous-sol à bas volume sans que mes parents puissent m'entendre. Pendant trois soirs, j'ai expérimenté la colonisation martienne ainsi que d'effrayants Martiens (ok... je n'avais même pas dix ans – ils faisaient peur!). Bien des années plus tard alors que le DVD et la recherche de ces films de ma jeunesse sont devenus mes passions, je découvre enfin le titre de la série et espère que MGM va sortir cela sur DVD. Mon rêve martien est maintenant réalisé.
Cette minisérie de trois épisodes, basée sur les écrits de Ray Bradbury, raconte les déboires de la colonisation de Mars, mais surtout l'histoire de la peur. Les humains ont peur de Martiens et vice-versa. Les deux premières expéditions vers la planète rouge sont des catastrophes alors que les humains sont tués par les Martiens, la première fois par un arme martienne et la seconde fois par poison et télépathie. Ils ont peur de ces humains. La troisième expédition, menée directement par le colonel John Wilder (un Rock Hudson très dépeigné), ne rencontre aucun obstacle martien. De toute évidence, ils auraient été décimés par un virus humain... la varicelle! Quelques Martiens ont survécu, mais ils choisissent le moment de se laisser voir.
Les humains ont quant à eux bien plus de problèmes qu'avec les Martiens. Les milliers de colonisateurs ont apporté avec eux leur mode de vie destructeur terrien sans penser à protéger leur nouvel environnement. Sur Terre, la guerre éclate et pouf, plus rien. La radioactivité a tout rayé de la carte... du globe. Les nouveaux Martiens, ex-terriens, condamnés à rester sur Mars devront changer leur façon de vivre s'ils ne veulent pas aussi finir sous un champignon. Qui peut les aider?
La première chose qui nous frappe de cette série c'est la mauvaise qualité des effets visuels. Pourtant, Star Wars et The Black Hole avaient donné des leçons de bien-faire visuel au monde entier bien avant le début de cette production. Tout est fait de façon optique, les ordinateurs n'étant pas ce qu'ils sont maintenant dans le cinéma, mais la façon de s'y prendre laisse vraiment à désirer. Nous avons le look et la science des années 50, ce qui enlève une grosse dose de réalité dans plusieurs situations. Cependant, les costumes (surtout les masques) et l'allure des martiens ont bien été exécutés. Les Martiens ne sont ni effrayants, ni rassurants, vous trouverez même les Martiennes un peu sexy! Une autre faille du film est la musique qui sonne comme un mauvais film japonais, mi-rock, mi-électronique. Aucun acteur n'est mémorable alors que tout le focus du film est mis sur l'histoire et ses messages qui ont su facilement imprégner mes souvenirs d'enfant et intéresser encore plus l'adulte qui recherchait les scènes mémorisées. Cependant, plus le film avance, plus l'excitation se dégrade.
C'est un film qui fait réfléchir beaucoup et probablement plus à l'époque de la guerre froide où l'idée que l'URSS et les États-Unis puissent se détruire l'un et l'autre et tout ce qui les entoure était plus réelle que Saddam et ses "armes de destruction massive". Le thème de la peur est présent tout le long du film. Plusieurs pourraient réagir comme Sam Parkhill (Darren McGavin) qui tuait les Martiens qui voulaient lui parler parce qu'il était effrayé. Plusieurs histoires secondaires, contenant aussi leurs messages (impérialisme, racisme, pollution, solitude), se greffent à l'histoire principale, mais sont sans réel intérêt, quoique nous voulons savoir leur conclusion. Il faut dire que le livre de Bradbury n'était qu'un ensemble de courtes histoires n'ayant comme thème commun que la planète rouge et pouvaient aussi bien se lire individuellement.
Côté de l'audiovisuel, ce n'est pas un DVD de référence, mais constatons aussi que ce film n'est pas non plus un classique. L'image est de différente qualité de scène en scène. Quelques fois c'est clair, d'autres fois nous y voyons énormément de grain, spécialement dans les crédits du début. Certaines séquences sont hors focus, mais dans ce cas je crois que c'était originalement dans cet état lors de la diffusion originale. Et ça c'est sans compter la forte compression du matériel source (dont la résolution n'est pas très élevée pour commencer) qui ajoute beaucoup d'artefacts numériques que nous pouvons remarquer facilement. La piste sonore monophonique a quelques fois de la difficulté avec sa trame musicale qui semble vouloir atteindre des fréquences qui ont été vraisemblablement coupées durant l'enregistrement original. Le menu est très simpliste et affiche un montage statique de scènes du DVD courant. Il n'y a aucun supplément sur ce disque.
Avec ce DVD j'ai obtenu ce que je désirais avant tout, soit de revoir cette série. Maintenant que c'est fait, j'en voudrais plus, comme des suppléments et une qualité d'image meilleure provenant d'un transfert d'une plus haute résolution. Malgré ces défauts, ce DVD m'a contenté et trouvera facilement sa place parmi les autres DVD de son genre dans ma collection.
| Film | 6 |
| Menu | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 4 |