Master and Commander: The Far Side of the World
Widescreen
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Peter Weir
Année: 2003
Classification: 14A
Durée: 138 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
3 avril 2004

Peter Weir est un cinéaste d'exception. Il a su, du fin fond de son Australie natale, faire des films qui lui ont bâti une réputation mondiale et permettre à la communauté artistique australienne d'être visible et exportable. C'est un peu grâce à ce pionnier si des réalisateurs tels Baz Luhrmann, Jane Campion et Scott Hicks ont pu projeter leurs rêves et génie sur le grand écran et permettre à des millions de cinéphiles de les admirer. Peter Weir est un véritable chirurgien de l'émotion humaine. Il nous la dissèque et nous la présente tel un grand pédagogue. On n'a qu'a penser à Picnic at Hanging Rock (1975) où l'on assiste à la disparition d'un professeur et de trois élèves, à Gallipoli (1981) où l'on assiste à la bêtise humaine pendant WWI, à Fearless (1993) où l'on partage la vie d'un survivant de écrasement d'avion ou à Truman Show (1998) où l'on se trouve spectateur du premier "reality-show" jamais imaginé.

Le banc d'essai de cette nouvelle expérience de Peter Weir est tiré de l'œuvre de Patrick O'Brien, la série de vingt livres intitulée Aubrey-Maturin et se déroule pendant les guerres napoléoniennes. Elle a pour nom "Master and Commander - The Far Side of the World". C'est à bord du navire "Surprise", galion de l'empire britannique que l'on assiste au quotidien d'un équipage sillonnant les mers à la poursuite de l'ennemi, navire français baptisé "Acheron".

L'Australien "Russell Crowe" campe le rôle du capitaine Jack Aubrey et le britannique Paul Bettany, celui du médecin de bord et naturaliste. La chimie entre les deux acteurs est parfaite et peine de dire que tous deux sont plus que crédibles dans leur rôle respectif. Le film débute sur un combat naval entre les deux navires, au large des côtes du Brésil. Cette scène est une des plus réalistes qu'il m'ait été donné de voir. S'engage une poursuite et un jeu du chat et de la souris où l'on passe par Cap Horn pour finalement remonter le pacifique jusqu'aux îles Galapagos. Pour la première fois, ce sanctuaire a octroyé un permis à une équipe de tournage. Nul besoin d'ajouter que ce panorama offre une touche d'exotisme et de pure merveille à ce récit. C'est finalement au large de l'équateur que le film connaîtra son dénouement lors d'une seconde confrontation entre les deux belligérants.

La direction artistique est parfaite, que dire de plus. Encore une fois, Peter Weir réussit à dépeindre la vie d'un équipage d'un navire de guerre au 18e siècle avec un doigté chirurgical. Tous les comédiens campent leur personnage avec retenue et justesse. On est loin de la vie de croisière, croyez-moi! Le rendu visuel de ce film est criant de beauté et hallucinant de pureté. Russell Boyd, complice de première heure de Peter Weir, a même décroché l'Oscar comme meilleure cinématographie à la dernière remise des Oscar. Le transfert anamorphique proposé respecte le cadrage d'origine et est un pur délice. Les noirs sont très prononcés et le contraste entre les couleurs est profond. La texture de l'image est claire et nette. Aucun artéfact de compression à signaler. Fox a fait un remarquable travail de transfert.

Le volet audio est d'anthologie. En plus des trames anglaise, française et espagnole, une trame DTS est présente et laissez-moi vous dire qu'elle a du coffre. Elle nous plonge littéralement en plein milieu de l'action et des péripéties du "Surprise". La texture sonore des scènes de combat est si juste et dynamique qu'on a l'impression que les boulets de canon viennent déchiqueter les enceintes. Les basses sont particulièrement creuses et l'ambiophonie reproduite est minutieusement balancée à tous les canaux. Les voix et les dialogues sont parfaitement intelligibles et la trame musicale, véritable élixir pour l'ouïe, vient ici se marier parfaitement aux voix. Une pure merveille cette trame, une des meilleures qu'il m'ait été donné d'entendre.

Le menu est à l'image du film, riche, somptueux et un pur régal pour l'œil. On nous présente le "Surprise" dormant au son d'une brise par une nuit de pleine lune. Quant aux suppléments de cette édition, ils sont à toute fin inexistants. Quelques bandes-annonces de titres à paraître au cours de l'année The Day After Tomorrow et Man on Fire ainsi qu'un bref reportage du film I, Robot. Pour les mordus, une Collector's Edition sera disponible au même moment que cette édition et vous permettra de contempler les documentaires "Jack Aubrey On His High-Seas Adventures" et "The Hundred Days" ainsi que les revues "In the Wake of O'Brien", "Cinematic Phasmids" et "Sound Design" en plus de six scènes inédites, des séquences multi-angles et j'en passe. Le tout accompagné d'une carte du chemin du capitaine et un livret exclusif de collection.

"Master and Commander - The Far Side of the World" est un film d'exception réalisé par un être d'exception. Comme pour tous les films de ce génie, le film ne se termine pas avec les crédits de fin. En suit toujours une période d'admiration et de réflexion quant à l'œuvre, les personnages, le récit et l'émotion qui s'en dégage. Et croyez-moi, cette incubation dépasse largement la durée du film.

20th Century Fox nous offre ici un produit d'une très grande qualité. Si la version normale risque de satisfaire la majorité d'entre vous, je suggère aux passionnés et cinéphiles de se procurer rien de moins que la Collector's Edition.


Cotes

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