Mauvaises intentions (False Pretenses)
Christal Films Distribution

Réalisateur: Jason Hreno
Année: 2004
Classification: 13+ (QC)
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
9 septembre 2007

Il y a toujours des appréhensions envers les téléfilms américains tournés en anglais avec de l'argent québécois. Il y en a eu près d'une dizaine qui sont sortis dernièrement et la qualité était plutôt basse. Moins pire que la grande majorité de cette vague de fond, "False Pretenses" ("Mauvaises intentions" en français, les titres sont vraiment ridicules), se laisse regarder sans grande difficulté. À condition de ne pas soulever ces nombreuses incohérences et ces faux pas qui parsèment trop souvent le récit.

Cette fois, l'ancienne vedette déchue à l'honneur est Peta Wilson, plus connue comme était l'héroïne de la série télévisée La Femme Nikita. Elle incarne Diane, une bourgeoise qui assiste, impuissante, au suicide de son mari Rand. Ce dernier s'est enlevé la vie, incapable de retrouver l'argent enlevé par un dénommé Mitch. La jeune veuve, éplorée, décide de refaire sa vie au Texas. Après s'être trouvé du boulot comme serveuse, elle retombe sur le bourreau de son époux. Afin de le coincer, elle décide de devenir sa nouvelle associée. Mais Diane est mieux de faire attention à sa charmante personne. Une épée de Damoclès plane au-dessus de sa tête et elle risque de s'abattre à chaque instant.

Enfin un suspense qui fonctionne le moindrement! Ce n'est certainement pas Usual Suspects ou Oldboy, mais il ne faudrait pas en demander trop à Jason Hreno qui doit adapter son intrigue au plus grand dénominateur commun. Cela ne l'empêche pas de diriger judicieusement ses acteurs qui campent malheureusement des figures un peu trop stéréotypées. Le rythme, ampoulé par des détours moins pertinents (les amourettes de la protagoniste, ses amitiés redondantes, etc.), atteint son paroxysme dans les relations ambiguës entre Diane et Mich. L'éternelle soif de vengeance rôde et cette fois, elle ne sera pas bestiale ou gratuite. Dommage que le dénouement ne soit pas à la hauteur. Le réalisateur s'est senti obligé de tout expliquer (il ne faudrait surtout pas perdre le spectateur...) et il a enrobé sa conclusion dans des morales douteuses qui sont beaucoup trop gentilles. Déjà qu'il y avait plusieurs invraisemblances, ces derniers instants s'avèrent totalement ridicules.

Sur les plans techniques, c'est toujours la même rengaine. Les images sont jolies, nettement supérieures à la moyenne des téléfilms qui prennent la direction des DVD. Les couleurs sont représentatives des univers parcourus et la définition des contours est loin d'être mauvaise. Seul un léger blocage peut s'afficher sur certains véhicules... ou encore ces ruptures drastiques entre deux scènes, annonçant une publicité prochaine. Les aspects sonores ne s'éloignent guère des conventions. La musique est accessoire et formatée, comme si elle était créée par un logiciel électronique. Les voix s'entendent sans problème et il n'y a toujours pas de sous-titres pour aider les gens qui en auraient eu besoin. Les pistes sonores francophones et anglophones sont timides, n'offrant que des parcelles de bruits aux haut-parleurs situés sur le côté. La traduction dans la langue Molière laisse ici un peu à désirer. Les airs garçonnets de Peta Wilson ne tardent pas à irriter les tympans.

La pochette continue à dérouler sur le long tapis de la médiocrité. Elle montre seulement Peta Wilson qui se fait observer par le méchant arnaqueur. L'effet n'est pas très joli. Bien au contraire. Tout autant que le menu principal du DVD qui reproduit cette image en demeurant le plus statique et muet possible. Encore une fois, le sentiment de se faire harceler émane rapidement avec toutes ces publicités envahissantes qui apparaissent une fois l'insertion du disque. Il y en a trop, elles sont difficiles à passer par-dessus et il faudra attendre près de dix minutes pour arriver au film! Et bien entendu, tous ces efforts ne seront jamais récompensés, car il n'y a aucun bonus de disponible!

En visionnant "Mauvaises intentions", il y a plusieurs comparaisons qui peuvent se tenir avec les récents téléfilms mettant en vedette Laura Leighton, Tiffani Amber Thiessen, Shannen Doherty et compagnie. La justice américaine doute de tout et elle arrive seulement à la fin. Les femmes doivent donc apprendre à se débrouiller seules et elles finissent bien entendu à vaincre l'homme diabolique à la fin. Pour le discours féministe réaliste, il faudra repasser. Néanmoins, ce "False Pretenses" se veut beaucoup plus supportable que ces ersatz déjà oubliés. Ce n'est tout de même pas la mer à boire et le public le moindrement exigeant décidera de passer son tour. Il ne faudra pas lui en vouloir.


Cotes

Film5
Présentation1
Suppléments-
Vidéo7
Audio7