Quoi, Zac Efron peut être convaincant, et en plus dans un bon film? Eh oui, le titre en question s'appelle "Me and Orson Welles", une rigolote comédie romantique à tendance historique qui aborde l'art de la scène et la quête de l'amour dans un univers où le vrai et le faux ne font guère de différence.
Avant qu'il ne révolutionne le septième art, Orson Welles (Christian McKay) en faisant autant avec le théâtre. C'est au sein de sa compagnie qu'un jeune acteur (Zac Efron) cherche à travailler. Il y découvrira un homme paradoxal, une jolie femme qui ne mérite que d'être aimée (Claire Danes) et une multitude de personnages originaux qui feront tout pour percer dans le métier. Bienvenue à New York en 1937!
Ces histoires simples de jeunes premiers qui vont découvrir les beautés et les difficultés de l'existence ne sont pas nouvelles. Cela n'a pas découragé le réalisateur Richard Linklater d'adapter le roman de Robert Kaplow en offrant une œuvre drôle et mignonne, sans doute un peu trop prévisible et superficielle, mais néanmoins toujours enjouée. Entre les arts de la scène et celles de la vie, il y a un rythme qui laisse peu de place aux temps morts, des dialogues de belles tenues, de jolies mises en abyme et des interprètes qui prennent un malin plaisir à se lancer la balle.
Toujours éclatante de beauté et de talent, Claire Danes côtoie des comédiens aussi disparates que Ben Chaplin, Eddie Marsan et Kelly Reilly. Trouvant probablement son plus beau rôle en carrière, Zac Efron incarne sans faux pas une figure angélique qui évoluera au contact de cette faune d'artistes. Il ne fait pourtant jamais de l'ombre à Christian McKay, LA révélation de l'ouvrage. N'importe qui aurait eu tendance à singer le grand Orson Welles. Au contraire, il le personnifie presque à la perfection sans jamais trop en faire, une performance qui aurait dû au moins mériter une nomination lors de la dernière cérémonie des Oscars.
Le faste de l'époque peut revivre grâce à une belle partition musicale. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 se révèlent efficaces dans leurs façons de retransmettre des bruits de cris, de sirènes, d'automobiles ou de téléphones. Les voix audibles, mais un peu faibles peuvent compter sur de très visibles sous-titres jaunes en anglais et en français, ce qui est toujours mieux que la pénible traduction dans la langue de Molière. Pour sa part l'image est étrangement terne et vieillotte, avec ses contrastes inégaux et son blocage. La palette de couleurs finit heureusement par s'améliorer, ce qui est toujours un pas dans la bonne direction.
La pochette plus ou moins inspirante montre les protagonistes qui se font surplomber par un ego du tonnerre. Le menu principal du DVD regroupe un harmonieux montage de séquences et une chanson jazzée. Il y a beaucoup de suppléments, mais rien pour remplacer une piste de commentaires. Quelques scènes supprimées rappellent la pertinence d'exercer un montage serré, il y a un documentaire superficiel sur la production, un autre un peu plus intéressant sur Orson Welles, un troisième qui ressasse des extraits d'une pièce sur Jules César qui figurent à l'écran, une série d'intéressantes questions/réponses en compagnie du cinéaste et de la distribution, ainsi qu'une multitude de bandes-annonces.
Moins prenant que "The Cradle Will Rock" de Tim Robbins qui se déroulait pratiquement au même moment, "Me and Orson Welles" prouve que Richard Linklater n'a aucune difficulté à changer de genre, même s'il garde constamment l'humour et l'amour dans son rétroviseur. Son travail, sympathique de A à Z, fait surtout découvrir Christian McKay, inoubliable dans la peau du créateur de Citizen Kane. L'antidote parfait au cafard.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |