Les Miserables
Cinema Classics Collection
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Richard Boleslawski / Lewis Milestone
Année: 1935 / 1952
Classification: PG
Durée: 110 / 106 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono) / Anglais (DDST, Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20 / 24
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
29 avril 2007

Les misérables de Victor Hugo est à mon humble avis, la plus grande œuvre de la littérature française. Ces deux films font partie des nombreuses adaptations, tirées du roman.

L'histoire se situe en 1795 en France. Un humble paysan, du nom de Jean Valjean est condamné à 10 ans de galère pour le vol d'un pain. À la fin de sa sentence, Jean Valjean reçoit des autorités du pénitencier, une mince somme d'argent pour sa subsistance et un passeport avec la mention Jaune écrite en gros, indiquant clairement qu'il est un criminel dangereux et qu'il doit se rapporter périodiquement à la police.

Errant en quête d'un gîte, sous une pluie battante, alors que tous les aubergistes de la ville le chassent juste à voir son accoutrement d'indigent, l'ex-galérien Jean Valjean est finalement hébergé par un prêtre vivant bien simplement avec sa sœur et sa servante et qui se révèle être l'évêque de la ville de Digne. Monseigneur Myriel l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit. Ayant couché sur du bois pendant plus de 10 ans, dès qu'il s'étend sur le matelas, il s'endort profondément.

Malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, en dérobant les six couverts d'argent, les seules richesses du Monseigneur. Le lendemain, les gendarmes le ramènent chez l'évêque qui, à sa grande surprise, l'innocente, lui évitant d'être de nouveau incarcéré. Il lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait soi-disant oublié d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien prisonnier à redevenir un honnête homme. À partir de ce moment, le destin de Jean Valjean bascule, dès lors il va s'évertuer à ne faire que le bien autour de lui.

À Montreuil, la ville est devenue prospère grâce à un inconnu, arrivé deux ans plus tôt et qui a su relancer et développer l'industrie de la région. Cet homme, monsieur Madeleine, (nom d'emprunt de Jean Valjean) semble un véritable bienfaiteur et il devient si populaire qu'il est non seulement proposé, mais nommé par acclamation par les citoyens pour être le maire de la ville. Un jour d'hiver, Fantine, une prostituée mal en point qui n'a pas respecté le couvre-feu, a des ennuis avec un jeune bourgeois respectable de la ville. Vexée par ce parvenu, Fantine se jette sur l'individu et le frappe. L'inspecteur Javert intervient, l'arrête et lui inflige six mois de prison. Monsieur Madeleine, ému par les malheurs de la jeune femme intervient pour la faire libérer. Lorsqu'il apprend qu'il est indirectement la cause de la déchéance de la jeune femme, il fera tout son possible pour la soigner et lui permettre de retrouver son enfant, Cosette.

Plus tard, il apprend de la bouche de l'inspecteur Javert, qu'un homme, un simple d'esprit qui dit s'appeler Champmathieu, mais qui serait en fait l'ancien forçat Jean Valjean, va être jugé à Arras pour un vol de pommes. Monsieur Madeleine se rend au tribunal. Il prend la défense de Champmathieu en se dénonçant. Cet aveu lui vaudra d'être arrêté par Javert dans la chambre de Fantine, qui meurt avant d'avoir revu Cosette... C'était en bref, le début de ce triste et étrange destin de Jean Valjean.

Ce DVD, à double face, contenant deux versions de cette œuvre monumentale de Victor Hugo m'intriguait à première vue en me disant... est-ce que le cinéma américain respectera l'histoire sans trop la transformer? À ma grande surprise, autant dans la version de 1935 que celle de 1952, l'essentiel du travail de Victor Hugo a été conservé, tout en omettant ici et là certains passages du livre et parfois même en effaçant certains personnages du récit pour des raisons de temps et également par la censure de l'époque, tel le personnage de Gavroche par exemple, gamin de Paris, sans famille, sans amour, sans gîte, sans pain, mais libre comme l'air et heureux de l'être; il est totalement ignoré dans la première version et à peine effleuré dans la seconde transposition cinématographique, escamotant sa mort par balle lors de la révolte des idéalistes aux barricades contre les soldats. Dû à la censure de l'époque il aurait été mal vu que les représentants de l'ordre tuent délibérément un enfant désarmé.

Le film de 1935 réalisé par Richard Boleslawski met en vedette Fredric March dans le rôle du bagnard Jean Valjean et Charles Laughton dans celui de l'inspecteur Javert qui incarne l'intransigeance républicaine où la loi doit être appliquée à la lettre. Un film captivant malgré une mise en scène un peu faible par moment. J'avais l'impression de regarder un film muet sonore! Il faut dire qu'en 1935, le cinéma parlant était encore à ses premiers balbutiements et nous voyons certaines scènes d'action, tournées en extérieur, captées sans enregistrement sonore. Comme par exemple, une poursuite à cheval où au montage final, nous entendons uniquement une musique tonitruante qui accompagne la séquence.

La version de Lewis Milestone sorti sur les grands écrans en 1952 est un peu plus réussie cinématographiquement parlant. Que ce soit au niveau sonore, des plans de caméra ou des décors. Sauf qu'au niveau des décors des barricades et les longs tunnels des égouts, je préfère de loin, le réalisme du long-métrage de Richard Boleslawski où l'atmosphère et l'ambiance sont beaucoup plus angoissantes et lugubres. C'est les acteurs Michael Rennie et Robert Newton qui personnifient respectivement les rôles de Jean Valjean et de Javert.

Les acteurs dans les deux productions "Les misérables" font leur travail correctement, mais leurs prestations ne m'ont pas marqué outre mesure. Si les comédiens jouent de façon beaucoup trop théâtrale dans l'adaptation de 1935, les interprètes de l'autre version jouent plus naturellement, mais n'ont aucun charisme à l'écran. En ce qui concerne la réalisation, celle de Richard Boleslawski m'a beaucoup plus impressionné puisqu'il ne possédait pas à l'époque, tous les outils que disposait Lewis Milestone pour entreprendre le tournage de son film.

Ce sont malgré tout, deux excellents films qui sont assez respectueux de l'œuvre de Victor Hugo. L'image en noir et blanc a été restaurée à la perfection, elle est d'une richesse remarquable. Les noirs sont extrêmement profonds et solides, tandis que les blancs sont éclatants à souhait. Les dégradés de gris rendent bien toutes les nuances. Bref, les spécialistes en restauration ont procédé à un admirable nettoyage qui a su redonner une excellente définition de l'image. Les textures sont réalistes, les moindres détails sont visibles et la netteté est presque irréprochable. Quant au contraste, il est bien régi et permet d'avoir une agréable répartition des hautes lumières.

L'aspect sonore des deux films est proposé en format audio monophonique et stéréophonique. On note une harmonie sonore très convenable et sans aucune distorsion restituant des dialogues toujours parfaitement nets et intelligibles. Les suppléments sont nombreux, vous découvrirez dans le boîtier, un petit dépliant explicatif des deux productions où vous apprendrez les secrets sur le plateau de tournage, les anecdotes, etc. Vous avez également quatre magnifiques photographies cartonnées en noir et blanc. Il y a aussi une galerie de photographies prise lors du tournage des deux films, deux documents qui montrent le travail de restauration avec une image coupée en deux, dévoilant le film avec et sans amélioration. Une bande-annonce et une revuette intitulée "The Fugitive and the Pursuer: Vidoq " où nous y découvrons Eugène François Vidocq, un célèbre détective français au début du 19e siècle.

En somme, "Les misérables" versions 1935 et 1952 de la 20th Century Fox Cinema Classics Collections sont de véritables valeurs sûres. L'idée d'offrir les deux versions est excellente. Les suppléments sont nombreux et intéressants. Une édition de qualité qui mérite une place de choix dans votre vidéothèque.


Cotes

Film6/6
Présentation5
Suppléments5
Vidéo9/8
Audio6/7