Mommie Dearest
Hollywood Royalty Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Frank Perry
Année: 1981
Classification: PG
Durée: 128 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ostiguy
11 juin 2006

Pour célébrer le 25e anniversaire de la sortie de "Mommie Dearest", Paramount nous offre ici une édition spéciale baptisée "Hollywood Royalty Edition". L'expression est empruntée au film lui-même. Louis B. Mayer rencontre Joan Crawford dans son bureau (dans le but de lui signifier son congé de la MGM) et essaie de l'attendrir en lui disant qu'elle est et restera toujours la reine du grand écran. Il continuera toutefois en ajoutant que depuis qu'elle vieillit et que ses fans semblent l'abandonner, elle est devenue un "Box-Office Poison". Bouleversée, Crawford parvient à garder son calme et quitte stoïquement le bureau de son patron. Arrivée chez elle, elle passera sa rage (une fois de plus) sur sa fille adoptive, Christina.

"Mommie Dearest" est basé sur l'autobiographie éponyme de Christina Crawford. Joan Crawford adopte la petite fille en 1939. Elle adoptera aussi un petit garçon, Christopher, quelques années plus tard. Le film débute au moment où Joan est au sommet de sa gloire. Elle a tout ce qu'elle a toujours voulu, sauf un enfant. Elle décide alors de se tourner vers l'adoption. Cette volonté d'être mère ne semble toutefois pas être ancrée très profondément en elle. L'idée lui vient en voyant une petite fille blonde avec sa mère, un jour où elle rencontre une foule d'admirateurs. Son envie d'avoir une enfant devient alors une idée fixe, amplifiée par le fait que les centres d'adoption semblent vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. Joan, qui ne supporte pas qu'on lui dise non, convoite alors un enfant, comme on convoite un bien qui semble inaccessible, comme pour l'ajouter à une collection.

Lorsqu'elle parvient enfin à avoir sa fille, elle est d'abord comblée. Elle élève la fillette comme une princesse. Puis, lorsque Christina atteint l'âge de dix ans, Joan se met soudain à la considérer comme une rivale. Un jour qu'elle surprend la petite devant son miroir à jouer les actrices, elle empoigne un ciseau et massacre la jolie chevelure de Christina. De même, elle ne supporte pas l'affection que son amant (Steve Forrest) démontre envers la petite fille.

Joan Crawford est montrée dans ce film comme un monstre d'égoïsme et de méchanceté, ce qu'elle était peut-être, mais il me semble qu'un peu de nuance aurait eu sa place dans le film. En choisissant de se baser exclusivement sur le livre de Christina Crawford, le scénariste et producteur du film, Frank Yablans, épouse complètement le point de vue de la jeune fille. Le film avait été critiqué à son époque par des gens qui avaient bien connu Joan Crawford et qui prétendaient que la réalité avait été beaucoup moins terrible que celle décrite par la jeune fille. Christina avait choisi le métier d'actrice. On sait qu'il est presque impossible pour les enfants de monstres sacrés de parvenir à faire leur propre marque. On a alors prétendu que la jeune fille avait un peu agi par vengeance.

Il est impossible aujourd'hui de pouvoir séparer le vrai du faux. Je propose donc que l'on écoute le film comme s'il racontait simplement une histoire. Laissons-nous surtout subjuguer par la performance époustouflante de Faye Dunaway. Elle est Joan Crawford, tant physiquement que dans sa façon d'être. Moi qui suis un grand fan de la véritable Joan, je ne peux qu'admirer le magnifique travail de Faye Dunaway. J'ai appris en écoutant les suppléments que Anne Bancroft avait d'abord été pressentie pour le rôle. C'est bien heureux que les producteurs aient changé d'idée, car Dunaway était faite pour jouer ce personnage. On raconte qu'elle, si facile habituellement sur un plateau de tournage, s'est volontairement rendue insupportable pour mieux pouvoir s'imprégner du personnage.

Le reste de la distribution laisse un peu à désirer selon moi. Steve Forrest est un peu mièvre dans le rôle de l'amant en titre de Joan, Greg Savitt. Rutanya Alda joue sans grande originalité le rôle de Carol-Ann, la gouvernante des enfants Crawford. Mara Hobel et Diana Scarwid jouent de façon caricaturale la pauvre Christina.

Cette édition spéciale de "Mommie Dearest" regorge de suppléments. Un commentaire audio par le réalisateur John Waters est inclus. On retrouve également un long documentaire (séparé en trois parties, je ne sais trop pour quoi) dans lequel on raconte l'histoire du film, depuis la conception jusqu'à la sortie en salles. Le scénariste et plusieurs membres de la distribution sont interviewés, mais la présence de Faye Dunaway fait cruellement défaut! Par contre, on rencontre Lypsinca, un imitateur de Joan Crawford. J'ai trouvé ce dernier segment très drôle et intéressant. La présentation du boîtier, de même que la conception des menus sont très soignés, ce qui ajoute à la qualité du produit.

Je conseille fortement l'achat de ce DVD. Bien sûr, dans "Mommie Dearest", tout est démesuré. De l'interprétation de Dunaway, aux décors kitchs à souhait, en passant par la musique de Henry Mancini. Mais qu'à cela ne tienne! Joan Crawford n'était-elle pas elle-même plus grande que nature?


Cotes

Film8
Présentation9
Suppléments9
Vidéo9
Audio9