Bean est l'exemple parfait de l'expression "un enfant dans un corps d'homme"!
Mr. Bean est en fait un personnage joué depuis plus de deux décennies par Rowan Atkinson: il joue le gaffeur britannique le plus célèbre, tantôt naïf, tantôt stupide, à qui il arrive sans cesse des situations des plus cocasses. Face à des situations des plus basiques, cela lui prend bien souvent tout son change pour accomplir des tâches les plus faciles, comme nager, décorer son appartement, ou faire sa valise. Ayant d'abord fait l'objet d'une populaire série télévisée dans les années 90, il y eu plusieurs produits dérivés dont une série animée qui fut diffusée à la télévision, des livres, ainsi que deux films, le premier sorti en 1997 et le deuxième (dont fait l'objet de la présente critique) 10 ans plus tard.
D'ailleurs, dans ce deuxième film intitulé Mr. Bean's Holiday, ce dernier remporte un voyage en France, avec une caméra vidéo pour documenter son voyage et 200 livres en argent de poche. Durant son voyage en France, il sépare par négligence un père de son fils, et se retrouve pris avec l'enfant à essayer de réunir la famille. S'ensuivent toutes sortes de péripéties, certaines drôles, d'autres un peu moins, et Bean atterrira au Festival de Cannes où sera diffusé par erreur le journal vidéo de son voyage, qu'il a filmé avec sa caméra vidéo qu'il trainait partout pour son voyage. Dans les épisodes télévisés, Mr. Bean était habituellement le seul personnage humain et interagissait avec des objets, ou encore avec Teddy, son ourson tant adoré. Dans ce film, on le suit avec la présence du jeune garçon tout au long du film, bien que tous les deux n'arrivent pas à communiquer ensemble, il y a une sorte de complicité qui s'établit entre eux. Bean n'arrive pas à communiquer avec quiconque, car le seul mot qu'il connaît du français, est "Gracias", qu'il utilise à perfusion: ce manque de communication mène à de nombreuses situations avec les Français qui ont peine à le comprendre.
Par ailleurs, une anecdote bien particulière par rapport à notre festival Juste pour Rire qui a lieu à tous les étés: en 1987, Mr. Bean effectua un de ses premiers sketchs lors de ce festival de la comédie. Les coordonnateurs de l'événement voulurent le placer dans la programmation anglophone, mais Rowan Atkinson insista pour être placé du côté de la programmation francophone, bien que sa présentation ne contenait aucun dialogue francophone. En fait, Atkinson voulait tester pour la première fois le personnage silencieux de Mr. Bean, pour voir si ce dernier aurait du succès à l'international avec une audience parlant une autre langue que l'anglais. Il réussit haut la main, et le festival n'est pas resté dans l'oubli, puisque cette année, Atkinson était présent lors de la première Nord-Américaine du film faisant l'objet de la présente critique, qui eut lieu au Festival Juste pour Rire de Montréal le 17 juillet dernier, 20 ans après sa première apparition en sol montréalais.
Dans les suppléments, les fans plus aguerris seront extrêmement heureux de voir 23 minutes de scènes retranchées: celles-ci, pour la plupart, sont comiques à voir mais on comprend la raison derrière leur suppression: elles auraient quelque peu alourdi le film. C'est ensuite suivi d'un documentaire sur la production intitulé "French Beans", où plusieurs des membres de l'équipe de réalisation sont interviewés, en plus de Rowan Atkinson. C'est toujours étrange pour moi de voir l'acteur s'exprimer de façon cohérente, bien au contraire de son personnage. "Human Bean" aborde d'ailleurs ce fascinant personnage qu'interprète Atkinson, ce rôle qu'il tient depuis tant d'années et qui l'a rendu si populaire. "Beans in Cannes" raconte comment le film a réellement été tourné durant le Festival de Cannes: on voit un bref moment avec Willem Dafoe dans cette séquence. Pour une comédie du genre, surtout mettant en vedette un personnage aussi connu que Mr. Bean, les suppléments auraient pu être beaucoup plus nombreux, pistes de commentaires, revuettes, etc. Malheureusement, on ne nous en donne que peu pour notre argent, donc j'ai été déçue de ce côté: je crois qu'il y aurait pu avoir plus de chair autour de l'os (en quantité de suppléments!).
Le transfert est excellent, l'image étant rendue nette de toute impureté. Beaucoup de scènes se déroulent à l'extérieur, et à la fois les lieux de tournages et la palette de couleurs sont ravissants. Même chose du côté audio, où la piste Dolby Digital est très dynamique. Une chose importante du film, la trame sonore est très riche et très variée: on entend tantôt de la musique classique, tantôt du punk et à défaut d'avoir des dialogues, on a tenté de mettre une piste sonore appropriée pour accompagner les actions du film. Les menus sont sympathiques et très à propos: avec la chanson "La Mer" de Charles Trenet à l'arrière-plan, on voit différentes photos de Bean faisant des moues et mimiques qui le caractérisent si bien: la séquence est toutefois assez courte (15 secondes), donc si vous oubliez votre film sur le menu, la répétition se fait assez rapidement.
En somme, pas un flop total, mais pas une grande réussite non plus: les fans de Mr. Bean seront ravis de voir un autre film, mais il ne s'agit pas du meilleur qu'Atkinson peut donner! Rien n'est assez mémorable dans ce film pour justifier un deuxième visionnement, donc à priori, il s'agit plutôt d'un film à louer que d'un achat. La qualité technique est très élevée, mais les suppléments ne sont pas assez nombreux pour rendre cette édition DVD indispensable.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |