Les remakes font habituellement peur à la population, et ce, pour plusieurs raisons: Psychose de Gus Van Sant, l'improbabilité de ne pouvoir innover sur son modèle d'origine, la répétition, l'essoufflement d'Hollywood, et j'en passe. Certains films sont réussis (King Kong de Peter Jackson), d'autres pas (Psychose de Gus Van Sant). "The Mummy", version Stephen Sommers pour le nouveau millénaire, sans casser de briques, n'est pas nécessairement raté non plus. Dieu sait que la suite aurait dû s'inspirer des récents travaux de Christopher Nolan (Batman Begins, The Dark Knight) pour insuffler ne serait-ce qu'un peu de nouveauté dans un genre déjà répétitif et sans rythme. Fait à noter, il s'agit pour le premier film de la franchise, de la quatrième édition sur le marché.
Rick O'Connell (Brendan Fraser, l'homme aux trois expressions) est un guide dont le dernier contrat l'a mené à la cité des morts. Un revirement de situation plus tard, Rick est mis aux arrêts et condamné à la pendaison, jusqu'à ce qu'une jeune archéologue, Evelyne (Rachel Weisz), le libère afin de retourner sur ses pas. Arrivés sur place, ils interrompent malencontreusement les songes d'une momie (les lecteurs attentifs feront immédiatement le lien avec le titre), cette dernière furieusement décidée à recouvrer son apparence d'antan (soit aucun poil sur le caillou ou de lambeaux de chair pendants) sème la terreur parmi l'expédition. Sa mission? Ressusciter celle qu'il aimait autrefois. Pour ce faire, il doit enlever une jeune femme (comptez le nombre de femmes dans l'expédition... rude défi), la sacrifier et ainsi être réuni avec son amante. Aidé du frère cleptomane d'Evelyne, Rick aura fort à faire s'il veut vaincre les dix plaies d'Égypte et rembourser sa dette de vie.
Stephen Sommers remet ça dans la suite intitulée "The Mummy Returns", dont les péripéties manquent cruellement d'inspiration. Dix ans après le premier volet, Rick et Evelyne ainsi que leur fils fouillent les sous-terrains à la recherche d'un objet ancien (c'est un peu ça l'archéologie, non?). Leur fils tombe sur le bracelet du Roi Scorpion et déclenche une réaction en chaîne qui pourrait tuer le jeune homme si la famille ne retrouve pas le repère du Roi Scorpion. Le hic, puisqu'il y en a toujours un, est que d'autres personnes aux desseins plus sombres s'intéressent également à ce bracelet et kidnappent ainsi le fils de Rick et Evelyne. Ces mêmes personnes, de plus, ressuscitent la momie (les lecteurs attentifs feront immédiatement le lien avec le titre), qui connaît la façon de tuer le Roi Scorpion. Seulement, la momie a ses propres plans.
Le premier film, pas raté sans être une réussite totale, offre une bonne dose de sensations modérément fortes. L'équipe d'acteurs s'en tient au carnet de charges à respecter et les effets spéciaux (puisqu'il s'agit davantage d'un spectacle d'effets qu'un film profondément psychologique) sont très corrects (datant déjà de près de dix ans). Les dialogues creux, associés aux personnages sans dimension, en plus du manque de rythme et des longueurs à prévoir, entament le déroulement du film qui, à près de deux heures, constitue une lourdeur certaine. Seulement, l'ensemble est réalisé avec bon cœur, de manière énergique, la compétence technique est indéniable, ce qui a pour effet d'améliorer de beaucoup le résultat. D'ailleurs, la géniale musique de Jerry Goldsmith offre un des piliers les plus forts du film. On l'aurait soi-disant écarté de la suite puisque le monsieur aurait émis des commentaires peu favorables envers ledit film. Cliché et honnête, la suite n'aura cependant pas le même constat. En effet, réalisé seulement deux années plus tard (succès = suite... SS!!!), cette nouvelle incursion en territoire maudit montre qu'une lame à double-tranchant peut s'avérer dangereuse. On renouvelle les péripéties, on allonge le budget, l'humour potasse ne prend pas, bref, c'est une entreprise qui aurait dû prendre une année de développement de plus. Les acteurs sont toujours aussi sympathiques sans dépasser le canevas, les effets spéciaux se ressemblent (excepté l'apparition finale du Roi Scorpion... d'une rare laideur). Il ne reste qu'à souhaiter un meilleur sort au troisième volet, dont le personnage-titre n'est pas réellement présent (une momie en Chine, vous y croyez?).
Côté suppléments, la plupart des extras présents dans les éditions antérieures ne sont ici que répétés avec, cette fois l'ajout de quelques revuettes dont une très courte et mini incursion dans le nouveau volet de la franchise, une copie numérique du film (copies qui doivent être téléchargées avant le 8 juillet 2009... sinon quoi? Elles se changent en momies meurtrières?) et d'autres qui, après coup, ne donnent aucune information supplémentaire fascinante. Les commentaires sur les deux films sont les mêmes, donc encore une fois rien de nouveau: Stephen Sommers est enjoué, Brendan Fraser est d'un monocorde ennuyant. C'est la piste de commentaires menée par les acteurs de seconds rôles qui s'avère la plus intéressante avec Oded "Ardeth Bay" Fehr, Kevin "Benny" J. O'Connor et Arnold "la momie" Vosloo.
L'image est un peu mieux retravaillée que la précédente version, offrant des couleurs un tant soit peu plus éclatantes, des teintes de noirs plus variées, et une définition nettement meilleure tant des actions que lors des zooms axés sur les personnages. Le son a perdu un peu de son attrait puisque la bande-son anglaise en DTS disponible sur la Ultimate Edition est ici absente. C'est donc une ambiance sonore agréable projetant le spectateur dans l'univers d'Imhotep et de l'Égypte ancienne. Si le scénario avait suivi cette approche, on se retrouverait probablement devant un petit chef-d'œuvre. Les menus, comme le veut la tradition, sont différents des autres éditions. On nous offre donc une fanfare musicale pour le menu principal, des images animées au minimum (probablement pour sauver de l'espace?) et le reste des pages muettes et immobiles. À l'image de la franchise, ça ne casse pas de briques.
Si vous aimez les films dans lesquels les héros sont portés par des envolées héroïques sans grande prétention psychologique, que vous aimez vos méchants hollywoodiens avec une absence immorale de logique et une avalanche d'effets spéciaux excellents (pour l'époque, sauf pour le Roi Scorpion), cette franchise est recommandée pour vous. Si vous possédez déjà les versions précédentes, faire le saut pour cette mise à jour ne vaut peut-être pas la peine étant donné qu'on ne se contente que de réitérer dans un emballage différent.
| Film | 7/6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |