Tourné en majeure partie à Montréal, on pouvait s'attendre à une chose de la part du réalisateur de Fast and the Furious, c'est-à-dire peu de divertissement intellectuel. Et c'est exactement ce que l'on obtient dans ce nanar pourri dans lequel les personnages sont forcés de faire les actions les plus inappropriées et prendre les décisions manquant d'une maturité confondante. Il n'y a pas de momie, il n'y a pas de désert et encore moins d'intérêt à regarder ce navet épluché au possible devant nous. Décernons la palme du film le plus stupide de 2008 à "The Mummy: Tomb of the Dragon Emperor".
La famille O'Connell est aux prises avec une autre momie, qui n'est pas une momie puisqu'elle est chinoise. Vous voulez que j'élabore? Ah, là, là... d'accord, mais c'est à vos risques. Alors, on reprend simplement les mêmes éléments du premier et second film, on retire toute saveur aussi minimale soit-elle, on efface tout effet dramatique, on insère des improbabilités encore plus invraisemblables, on secoue allègrement d'effets spéciaux en vogue avec des créatures dotées d'un crétinisme appuyé. Ce n'est pas compliqué: c'est le foutoir sans nom que personne ne méritait. Les producteurs du coup se retrouvent fauchés et les scénaristes ont intérêt à se rappeler leur précédent succès (ils sont, après tout, les créateurs de la série Smallville).
Ne cherchons rien, voulez-vous? Il s'agit probablement du film le plus décérébré depuis des années. À côté, The Mummy Returns a des allures de Lord of the Rings, c'est dire. Les personnages ne sont même pas esquissés et les incohérences narratives ne sont que prétextes à montrer un déferlement d'effets spéciaux, pour la plupart ratés. Les acteurs ne livrent qu'une mixture aberrante de jeu convenu et sans âme, dirigés par un "réalisateur" indigne du poste. Remplaçant la belle et talentueuse Rachel Weisz, Maria Bello ne fait tout simplement pas le poids. Il aurait mieux valu rogner le personnage complètement et changer le nom, mais rien n'y fait. Les scènes d'actions ressemblent à tout ce que vous avez pu voir auparavant, ne créant rien de nouveau. Pire encore, les cascades impossibles ne parviennent même pas à émerveiller. On préférera largement un The Dark Knight (LE film de 2008) réaliste à ce "Mummy..." de triste mémoire. Même Brendan Fraser, pourtant à l'aise dans les deux premiers volets, ne semble définitivement pas à la hauteur, perdu dans un script foireux reprenant les plus mauvais clichés éculés du cinéma.
Inutile de chercher les suppléments: tout est relégué au second disque d'une édition double hormis quelques scènes coupées et une piste de commentaire audio. Le peu fourni ici est sans saveur ou intérêt tant l'entreprise manque d'inspiration. Afin de remercier le Canada de leur hospitalité, histoire de refaire la nuit des longs couteaux version Hollywood, on nous envoie donc l'édition simple, presque nue. Très décevant résultat.
L'image est très belle et conserve un joli grain qui offre le peu de style de cette production. Les couleurs sont bien balancées, quoique le choix de palette du film impose une certaine sursaturation de couleurs vives (on se croirait dans Batman & Robin à nouveau). Pour le premier doublage de la série réalisé au Québec, le film recèle d'un parallèle au film: la rapidité. Seulement, on sent du doublage une plus grande crédibilité d'interprétation que des acteurs originaux (une première!). Le tout sonne de belle facture, malgré plusieurs effets sonores pigés dans une librairie de sons entendus mille fois auparavant. Le menu principal est animé et musical, tandis que le reste demeure au beau fixe et muet. On ne semble pas vouloir admettre que cette série aurait dû s'arrêter il y a deux épisodes.
Les seuls points forts de ce film sont les quelques passages qui parviennent à créer un semblant d'émotion forte (et il y en a peu) et lorsque le générique survient. Sinon, passez votre chemin, les films de Stephen Sommers sont définitivement meilleurs. Ce "Mummy..." est véritablement le film le plus stupide qu'il m'ait été donné de voir. Et dire que les producteurs y ont cru dur comme fer et ont allongé l'oseille sans hésiter! Et la Seconde Crise économique mondiale, alors?
| Film | 2 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |