Alors que l'époque de la Prohibition tire à sa fin en Amérique, le crime organisé devient de plus en plus... organisé. Dans les années 1930, Charles "Lucky" Luciano créait un Syndicat National du Crime, basé à New York, dans le but d'unifier les gangs juifs et italiens à travers le pays. Pour éviter les guerres sanglantes entre bandes rivales pour le contrôle d'activités illicites lucratives comme les paris, la prostitution et différents rackets, Luciano décida d'établir un système de territoires, divisés entre les différentes familles du crime, où les activités permises étaient clairement définies. Cela signifiait que les familles pouvaient se concentrer sur les affaires, au lieu de passer leur temps à s'entretuer. Lorsque des indésirables devaient être éliminés, la tâche incombait à Murder Inc., la branche du Syndicat spécialisée dans le meurtre à forfait. La plupart de ses membres étaient recrutés à partir de gangs de Brooklyn, Ocean Hill et Brownsville dans l'État de New York. Murder Inc. acceptait des contrats des chefs de la pègre provenant d'un peu partout aux États-Unis et a sévi jusque dans les années 1950. Basé sur le livre du procureur Burton B. Turkus et réalisé par Burt Balaban et Stuart Rosenberg, "Murder, Inc." retrace la montée et la chute de cette organisation qui a terrorisé New York pendant des décennies.
Lepke (David J. Stewart), le chef d'un puissant syndicat du crime de New York, engage Abe Reles (Peter Falk), le leader de l'infâme gang de Brownsville, pour commettre des assassinats sur contrat exclusivement pour lui et pour la pègre. Quand un chanteur de boîte de nuit nommé Joey (Stuart Whitman) ne peut rembourser les $300 qu'il doit à Reles, il se voit obligé d'aider ce dernier à éliminer un de ses amis comédien. Joey et sa copine Eadie (May Brit) seront manipulés par Reles et contraints d'héberger Lepke et son bras droit, recherchés par la police, dans un appartement fourni par Reles. Alors que le lieutenant de police Tobin (Simon Oakland) et le procureur Burton Turkus (Henry Morgan) accumulent les preuves contre Lepke et que le gang de Brownsville est peu à peu démantelé, Reles, devenu une cible de Lepke, devra collaborer avec les autorités s'il veut sauver sa peau.
"Murder, Inc." est un mélange de faits, de fiction et de mélodrame qui n'arrive pas à convaincre malgré la prestation allumée de Peter Falk dans son premier rôle au grand écran. Après un début qui fait saliver, le film s'attarde à la relation amoureuse (entièrement fictive) peu crédible entre Joey et Eadie, au lieu de se concentrer sur les rouages du monde interlope. Le rythme est constamment brisé par des scènes hyper mélo qui frisent le ridicule et par des segments narratifs qui, bien qu'ils apportent certains éléments historiques intéressants et servent à propulser l'intrigue dans le temps, ne font que souligner le manque de continuité. De plus, le film se termine de façon abrupte et moralisatrice, alors que le narrateur nous indique que la société ne peut tolérer ce genre d'individus, que la police veille sur vous et que les vilains sont toujours punis. On semble oublier que cette époque était marquée par la corruption à tous les niveaux et que politiciens et policiers étaient souvent de mèche avec les gangsters. Reste donc Peter Falk, excellent et charismatique dans le rôle du meurtrier psychopathe "qui prend ce qu'il veut quand il veut" et ça inclut les femmes!
"Murder, Inc." jouit d'un très bon transfert en noir et blanc. L'image est claire et propre malgré les quelques taches et égratignures qui apparaissent à l'occasion. Le niveau des contrastes et l'étalement des noirs sont justes, mais on peut noter une légère perte de détails lors des scènes tournées dans des environnements sombres. La piste audio en stéréo jouit d'une bonne séparation, même si l'activité est concentrée dans les enceintes avant. Les dialogues et la musique sont clairs et exempts de distorsion. La présentation est standard. Le boîtier simple ne contient pas d'encart et les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme seul supplément, on retrouve quelques bandes-annonces, dont celle du film.
À voir, mais seulement pour la prestation de Peter Falk et quelques scènes empreintes de l'atmosphère typique du film noir au début et à la fin du film.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |