Avec la sortie des épisodes 9 à 16 de la superbe série documentaire "All You Need Is Love" on complète ainsi la collection des épisodes individuels. Pour cette fois le réalisateur Tony Palmer se penche sur six genres de musiques populaires - Rythm & Blues, Country, Protest Songs, Rock'n'Roll, Sour Rock et Glitter Rock - en plus de consacrer un épisode aux Beatles (John Lennon était consultant musical sur l'émission après tout!) et le dernier à l'avenir de la musique avec entre autres la musique électronique de Mike Oldfield.
Comme pour les huit premiers épisodes, la série continue à se pencher avec une précision extrême sur le genre décrit dans l'épisode. Grâce à des témoignages des principaux acteurs - musiciens, auteurs compositeurs, producteurs, critiques et historiens - de chaque époque ou style représenté, Palmer réussit une fois de plus à aller chercher l'essence de chaque rythme et à décortiquer de façon quasi anthropologique la musique dont il est question. De plus, en ajoutant de longs extraits de performances musicales de grands noms du genre, mais aussi de musiciens moins connus, le réalisateur réussit à créer un véritable portrait intime et détaillé du milieu et de l'impact sociologique de ce style musical.
Par exemple, pour le folk et les chansons engagées (#11), on retrouve tous les grands du genre comme Bob Dylan, Pete Seeger, Woody Guthrie, Joan Baez, Peter Paul & Mary et Country Joe McDonald, en entrevue ou en spectacle. L'épisode Glitter Rock (#15) contient quant à lui des images de David Bowie, Roxy Music, Elton John, Jethro Tull, Alice Cooper ou Gary Glitter. Le plus intéressant à mon point de vue, ou du moins celui le plus près de mes penchants musicaux reste l'épisode # 14 intitulé "All Along the Watchtower". Il y est question du rock plus intellectuel et dur et d'artistes comme The Who, Frank Zappa, Pink Floyd, The Rolling Stones, The Doors, Janis Joplin, Jimi Hendrix et des Animals. Les amateurs de rock'n'roll se réjouiront de la participation de Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Elvis Presley, Bill Haley, Carl Perkins et Gene Vincent à l'épisode # 12, "Hail Hail Rock'n"Roll".
Le seul épisode un peu plus faible au niveau du propos, est celui qui conclut la série. En effet, comme son nom l'indique, "New Directions" essaie de prédire un peu l'avenir de la musique populaire en jetant un regard sur les formes musicales qui étaient avant-gardistes en 1977-78, l'année du tournage de la série, mais qui s'avérèrent bien vite dépassées par la suite. C'est ainsi qu'on parle beaucoup de la musique électronique de Mike Oldfield, Tangerine Dream et autres magiciens des séquenceurs et claviers sans savoir que cette voie menait à un cul-de-sac et qu'elle ne fut que passagère dans l'histoire du rock. Heureusement, on parle aussi du visionnaire Richard Branson, fondateur de Virgin Records, et de l'importance du marketing et du corporatisme dans l'avenir de la musique populaire. Ce qui est certainement plus près de la réalité des 30 années suivant la réalisation de "All You Need Is Love"! Il reste que cette série, par sa qualité et son propos, est un impératif pour tout mélomane curieux de découvrir les tenants et les aboutissants de la musique populaire du vingtième siècle.
À noter que le coffret de l'intégrale de la série existe aussi chez Music Video Distribution. Le prix pour l'ensemble est largement plus avantageux que l'achat des épisodes individuels. Par contre, si on aime un seul genre de musique populaire, on pourra se contenter d'un ou deux épisodes.
La qualité audiovisuelle est globalement correcte, même si la série porte le poids de ses ans. Tournée en 16mm avec de l'équipement de qualité à l'époque, on remarque un peu le vieillissement du matériel plus de trente ans plus tard. Décoloration légère de certaines sections, grain omniprésent dans les séquences plus sombres et manque de piqué seraient les plus graves défauts. Heureusement, le nettoyage et la préparation pour le transfert ont été bien faits, ce qui relève la qualité visuelle globale. La piste audio a elle aussi profité d'un beau travail de transfert donnant plus de corps à une bande son visiblement vieillissante. En supplément, chaque DVD contient un disque comportant une longue introduction à la série avec de nombreux extraits d'entrevues et de performances et une narration nous présentant cette épopée de quinze heures. Il ne s'agit pas en revanche d'images exclusives, mais plutôt d'une longue bande-annonce pour nous convaincre d'acheter le reste des épisodes ou le coffret.
| Film | 9 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |