Le fait que le pianiste Art Tatum soit encore reconnu, plus de cinquante ans après sa mort, non seulement comme le meilleur pianiste de jazz de tous les temps, mais comme une influence marquante et durable sur ce genre musical en dit long sur ce musicien. Avec le documentaire "Art Tatum: The Art of Jazz Piano" on se penche sur la brève carrière de ce musicien prodige qui révolutionna non seulement la façon de jouer de son instrument, mais du jazz en général.
Grâce à des entrevues de jeunes musiciens émergents de l'époque ayant côtoyé Tatum comme le pianiste Hank Jones ou le guitariste Les Paul (qui avoue candidement avoir commencé sa carrière comme pianiste, mais qui décida de passer à la guitare le soir où il vit Tatum en concert pour la première fois!), de membres de la famille et d'amis (dont l'incroyable témoignage du fils de Fats Waller, un autre grand pianiste, qui se remémore le soir ou son père dit de Tatum qui était venu le voir, "Dieu est dans la salle"), d'intellectuels et de musicologues, mais aussi par l'entremise de nombreuses photos d'époque et de quelques secondes de rares extraits filmés du maître, le film d'Howard Johnson retrace la carrière de cette légende.
Bien qu'on passe assez rapidement sur sa vie - sa jeunesse de jeune prodige dans une école spécialisée pour aveugles (même s'il ne l'était pas complètement), ses débuts dans les clubs de jazz, son ascension rapide, due à son immense talent, dans le monde de la musique puis sa mort prématurée - le long-métrage nous permet de mieux comprendre l'héritage de Tatum en nous concentrant en grande partie sur son approche à la musique. Par des extraits de son jeu, des analyses et des comparaisons, on arrive à voir l'importance de Tatum pour les musiciens qui allaient le suivre, et ce tous instruments confondus. Que ce soit Charlie Parker ou Ben Webster au saxophone, Thelonius Monk ou Oscar Peterson au Piano, les jeunes qui suivirent Tatum dans les années cinquante et qui portèrent le jazz à un autre niveau de prodigalité, par l'invention du Be-Bop entre autres, sont tous des enfants de ce musicien exceptionnel.
Dommage cependant que ce film, le seul documentaire sur Art Tatum jamais tourné, ne soit pas à la hauteur de son sujet. Sa structure et confection classique en font un document informatif, mais il en manque beaucoup pour en faire un vrai documentaire passionnant.
La qualité des images du film est généralement assez bonne. On a utilisé un négatif propre et quasiment sans fautes résultant donc en une copie DVD nette et précise. Seulement quelques déchirures, égratignures et poussières usuelles nuisent un peu à sa présentation. Pour l'audio, même qualité variable. Certains documents sont en mauvais état alors que d'autres sont en meilleur état. On retrouve parfois un bruit de fond dérangeant sur certaines chansons ou un léger manque de profondeur sur certains autres enregistrements. L'importance du sujet laisse toutefois ces considérations loin derrière. Il n'y a pas de supplément sur ce DVD.
| Film | 7 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |