Baby Shambles: Up the Shambles : Live in Manchester
Eagle Rock Entertainment

Réalisateur: David Kay
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DTS51, DD51, DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 19
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca
CD de "Baby Shambles" disponibles chez Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er décembre 2007

L'histoire du rock est injuste. Il y a des groupes qui travaillent fort pendant de nombreuses années en accumulant des disques solides et imparables. Par manque d'appuis de la presse et ce, parce qu'ils explorent souvent des zones loin des sentiers battus, ils ne peuvent que disparaître à court et à moyen terme. Récemment, les Grandaddy, The Delgados, Gorky's Zygotic Mynci et compagnie devaient rendre les armes malgré des succès enviables. Pourtant, l'appel de la "hype" encense souvent des formations qui se ressemblent et qui n'apportent absolument rien de nouveau à la musique. Combien de Artic Monkey déjà datés pour un excellent Interpol?

C'est dans cette mouvance que s'inscrit The Libertines. Les radios et l'Internet ont crié la rumeur, les gens ont accouru et après seulement deux essais, le "band" est déjà sur la glace. Ce n'est toutefois pas surprenant avec les frasques de son chanteur Pete Doherty qui mélange drogue, alcool, mauvais coups et Kate Moss, se retrouvant même derrière les barreaux. La star du rock'n'roll moderne, sans toutefois la carrière marquante et les tubes qui les accompagnent. Pour se sortir de sa torpeur, le favori des tabloïds cherche à obtenir une nouvelle vie avec un nouveau groupe, Baby Shambles, qui vient justement de lancer son DVD "Up the Shambles : Live in Manchester".

Manchester, ville britannique de la musique par excellence, longtemps associée à la cold wave de Joy Division et aux rythmes dansants de sa succession New Order, est la plate-forme idéale pour marquer les esprits. C'est dans cette foulée que s'inscrivent les 17 charges courtes et directes de Doherty, mélangeant pièces des Baby Shambles, pseudo classiques des Libertines, compositions inédites et duo avec la voix enchanteresse de Dot Allison. Au total, environ 60 minutes bien foulées, qui mettent en vedette les morceaux suivants :

The Man Who Came To Stay / Do You Know Me / In Love With a Feeling / Babyshambles / Gang of Gin / Fuck Forever / I Mean You No Harm / Sheepskin Tearaway / Don't Look Back Into the Sun / Time For Heroes / Albion / I Wanna Break Your Heart / What Katie Did / Killamangiro / My Darling Clementine / Blackboy Lane / Wolfman

Les airs maniérés sont ici à l'honneur. Doherty s'adresse peu à la foule, il multiplie cigarette après cigarette, avec son attitude hautaine et supérieure, d'une voix parfois frêle ou chevrotante, buvant sur scène, bien confortable dans sa bulle. Un jeu du méchant garçon qui ne s'avère pas toujours très convaincant. Surtout pour une musique qui allie claquements de guitares un peu primaires et ballades qui se cherchent. Les bons moments succèdent aux plus oubliables, au sein d'airs qui rappellent tout et rien, de Placebo aux Vines en passant par les Strokes et autres The Coral.

Le noir et blanc en introduction laisse rapidement la place à des éclairages séduisants et des couleurs assez éclatantes. La multiplication des caméras amène cependant un peu de grain et les contrastes manquent parfois de profondeurs. Les trois pistes sonores ne lésinent pas sur les rugissements d'instruments et sur les cris de la foule. Au sein de cette mer de bruits, la voix se perd un peu. Une légère déception, car il n'y a aucun sous-titre de disponible. La pochette et le menu principal du DVD sont dans des tons de noir et de blanc. La première représente une grosse tache d'encre difforme, alors que la seconde offre un montage de scènes sur une chanson planante. En guise de suppléments, il y a 24 minutes de répétitions en coulisse, de fous rires et des discussions impossibles à saisir. Au menu se retrouvent les mélodies "Time for Heroes", "Babyshambles", "The Boy Looked at Jonny" et "Can't Stand Me Now". Ce n'est pas beaucoup, mais c'est mieux que rien.

"Baby Shambles : Up the Shambles : Live in Manchester" s'adresse d'abord et avant tout aux admirateurs de Pete Doherty. Il n'y a aucun documentaire sur sa vie ou sur ses influences, c'est plutôt un amalgame de pièces enregistrées au sein de deux groupes qui se ressemblent finalement beaucoup. Cela s'apparente à tout ce qui est issu de la scène britannique des dix dernières années, la prestation de la formation sur scène est pratiquement nulle, mais quelques airs entraînants ressortent ici et là.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments3
Vidéo7
Audio7