The Commitments: Collector's Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Alan Parker
Année: 1991
Classification: G
Durée: 117 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 40
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
20 mars 2004

La musique soul peut se résumer en un mot, "black". Otis Redding, Marvin Gaye, le "godfather of soul" James Brown, Aretha Franklin, Percy Sledge, Wilson Pickett, etc. ont marqué l'histoire de cette musique ancrée dans l'histoire de l'Amérique noire. Donc l'idée d'associer ce genre musical à une bande de jeunes non seulement blancs comme du lait, mais originaires non pas de Harlem, mais de Dublin en Irlande apparaît au premier abord plutôt saugrenue. Réjouissons-nous, le talentueux réalisateur Britannique Alan Parker a réussi le pari. "The Commitments" est un film merveilleux, qui dégage une énergie brute absolument contagieuse, un film authentique qui prend aux tripes, un film qui parvient à saisir l'essence de la musique noire dans un des endroits les plus blancs de la planète.

Habitant un quartier pauvre de la classe ouvrière au nord de Dublin, le jeune Jimmy Rabbitte (Robert Atkins), chômeur comme la plupart de ses amis, rêve de rassembler le "World's Hardest Working Band", "The Commitments", et d'apporter la musique soul au peuple, lui permettant ainsi d'échapper un peu à la morosité environnante. Il lui faut donc des musiciens et des chanteurs. Ses amis Derek et Outspan se chargeront de la basse et de la guitare. Bernie (Bronagh Gallagher), une copine, trouvera deux autres choristes, Natalie et Imelda. Il dénichera le pianiste Steven à l'église, le chanteur Deco (Andrew Strong) dans un mariage et, par l'entremise d'une petite annonce, Joey "The Lips" Fagan (Johnny Murphy), un trompettiste vieillissant qui a joué avec les plus grands et qui se dit envoyé par Dieu. Viendrons s'ajouter, Dean, le saxophoniste et Mickah, le batteur au tempérament bouillant qui ne fait pas que taper sur la grosse caisse. De répétition en répétition, d'engagement en engagement, "The Commitments" se feront peu à peu connaître et apporteront le soul à Dublin. Mais des tensions se créeront, le vieux Joey "The Lips" est un vrai Casanova, Deco joue les prima donna, les choristes se prennent aux cheveux et Jimmy commence à se demander s'il a réellement la vocation de manager. "The Commitments" tiendront-ils le coup?

Basé sur un court roman de Roddy Doyle (également co-scénariste), ce film était un défi de taille pour Alan Parker. Un défi de casting d'abord, puisqu'après avoir vu des centaines de groupes et auditionné près de 3,000 jeunes gens, Parker s'est retrouvé avec 10 musiciens n'ayant aucune expérience en tant qu'acteurs. Un problème qui s'est transformé en atout puisque tous sans exception sont excellents et apportent fraîcheur et honnêteté à des personnages qui deviennent criants de vérité. De plus, et les fans de DVD de musique pourront le confirmer, il est très difficile de faire passer l'énergie d'un show "live" à l'écran. Encore une fois, Parker, qui a filmé toutes les performances "live", réussit le pari, aidé par le chanteur Andrew Strong qui, à 16 ans seulement, possède non seulement une voix qui donne la chair de poule, mais aussi un charisme remarquable. Rajoutons l'aspect intimiste de la production, le réalisme austère des extérieurs, des dialogues savoureux (remplis de gros mots, mais comme le mentionne Johnny Murphy en entrevue, les Irlandais ne pourraient s'entendre sans langage ordurier) et cette musique qui vous va droit au coeur et vient s'intégrer parfaitement à la trame narrative et vous avez là "The Commitments", un bijou de film.

Finalement, après plusieurs années d'attente, le film est présenté dans son ratio original de 1.85:1 et le transfert vidéo est excellent. L'image est nette, les couleurs vibrantes, le contraste est à point ainsi que le rendu des noirs. Les teintes de peau apparaissent naturelles et tous les détails et les textures sont révélés même lors des scènes les plus sombres. Aucune trace de taches, débris, égratignures, accentuation des contours, artefacts de compression, ou de pixelisation. La trame sonore remixée en Dolby Digital 5.1 est tout aussi impressionnante. Les dialogues et les paroles chantées sont forts et clairs, sans distorsion et sans donner l'impression de noyer les effets sonores ambiants. Ceux-ci, bien servis par les arrières fréquemment mis à contribution, viennent supporter l'atmosphère. La séparation des canaux est nette, la spatialité est large et enveloppante et le caisson des graves s'active aux moments voulus. Ceci apporte l'élément de puissance nécessaire pour soutenir les performances musicales et leur donne la présence requise pour faire passer l'énergie et l'émotion. C'est presque comme si on y était.

Cette édition spéciale nous propose un joli boîtier "digipak" inséré dans une pochette cartonnée. Une fois retiré, il s'ouvre en trois sections comprenant les deux disques et un espace dans la couverture qui curieusement ne contenait... rien. Puisqu'il n'y a aucune information sur le contenu et les spécifications techniques sur le boîtier lui-même, j'en déduis que la pièce manquante doit être un encart ou un petit livret. Les disques, comme le boîtier et la pochette extérieure, sont agrémentés de photos de la production. Les menus principaux et les transitions sont animés et accompagnés de musique. Les menus secondaires sont statiques et la navigation est aisée.

Le premier disque comprend le film bien entendu et la piste de commentaires du réalisateur Alan Parker. Son affection pour le film est apparente et il n'est pas avare de détails et d'anecdotes concernant tous les aspects de la production. Par contre, son débit est plutôt monocorde et il y a des "trous" puisqu'il ne parle pas tout le temps. L'addition d'un ou deux autres participants aurait par conséquent été bénéfique.

Le second disque nous offre quant à lui une foule de suppléments. Premièrement, "The Making of Alan Parker's Film: The Commitments", un "making of" filmé durant le tournage et qui comporte des entrevues avec Parker, l'auteur Roddy Doyle, et plusieurs acteurs. Intéressant et informatif. Ensuite, "The Commitments: Looking Back" nous présente une sorte de rétrospective où, autant les artisans que les acteurs ayant participé au film partagent leurs souvenirs et discutent non seulement du film, mais de l'impact qu'il a eu sur leur vie. Il est également intéressant de voir ce qu'il est advenu aujourd'hui de ces jeunes musiciens apprentis-acteurs. Captivant et souvent amusant, mais ça traîne un peu en longueur. "Dublin Soul: The Working Class and Changing Face of Dublin" nous propose un fascinant regard sur le développement social, culturel et économique de Dublin dans les dernières décennies. Ça nous permet de mieux comprendre la hiérarchie des classes sociales et les difficultés auxquelles la classe ouvrière était confrontée. Enfin, le "Making-Of Featurette" paraît redondant puisqu'il s'agit d'une version écourtée du premier documentaire. Pour conclure nous retrouvons également, le clip de la chanson "Treat Her Right", deux "Original Songs by Cast Members" ("But We're Not Out" de Andrew Strong et "Taking On The World" de Robert Atkins), la bande-annonce originale, six bandes-annonces télé, quatre pubs radio et une galerie photo.

"The Commitments" est un film formidable qui a enfin reçu le traitement qu'il mérite. Achetez-le, louez-le, ou empruntez-le à un ami. Je vous mets au défi de le visionner sans taper du pied.


Cotes

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