Bowie In The 70's
Deluxe 2 DVD Edition
MVD - Music Video Distributors / Pride Production

Réalisateur:
Année: 2008
Classification: NR
Durée: 150 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
29 octobre 2008

Qu'on l'aime ou qu'on l'haïsse, personne ne peut dire que David Bowie n'aura pas marqué l'histoire de la musique rock des années soixante-dix. Tant par son style vocal, ses personnages excentriques, ses albums concepts ou sa bisexualité affichée et provocatrice, le Britannique David Jones est certainement un des artistes les plus importants de cette décennie. Bien que son succès populaire et planétaire soit venu plus tard dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix - sa période artistique la plus vide selon ses dires! - Bowie a su rester éveillé et toujours à la recherche de sons nouveaux. Le double DVD "Bowie in the 70s" récemment sorti chez MVD contient deux documentaires qui cherchent à faire la lumière sur cette période créatrice durant laquelle l'artiste produisit ses œuvres les plus importantes.

Le premier traite de la genèse de Ziggy Stardust, c'est-à-dire la période allant de la jeunesse de David Jones, ses débuts comme chanteur folk (les années "Space Oddity"), sa rencontre marquante avec le guitariste Mick Ronson et l'évolution de Bowie en mégastar et inventeur du glam-rock avec l'album de 1972 "Ziggy Stardust and the Spiders from Mars". Bien que cette période soit marquante pour l'artiste et le monde du rock en général, le documentaire n'est malheureusement pas autorisé par Bowie et sa compagnie de disques et on ne retrouve donc aucun extrait musical de l'artiste. Ce qui, vous serez sûrement d'accord avec moi, est plutôt déprimant pour ce genre de film. Malgré les nombreuses entrevues - ex-membres des Spiders, historiens de la musique, journalistes, amis et famille et archives de Bowie - les photos et autres artifices, on ne parvient tout de même pas à maintenir l'intérêt du spectateur puisque toutes les discussions pointent vers telle ou telle chanson qu'on ne peut entendre. Seuls les mordus de Bowie qui connaissent sa discographie par cœur seront peut-être intéressés.

Heureusement le deuxième documentaire nous fait rapidement oublier le premier. Il concerne la période de Bowie dite "la trilogie berlinoise", celle comprenant les trois albums enregistrés en Allemagne de 1977 à 1979, soit "Low", "Heroes" et "Lodger". Pour une raison que j'ignore, ce deuxième film produit par la même compagnie détient les droits de diffusion des chansons et on peut donc finalement entendre ce de quoi le film parle. Ouf!

Après un bref survol du parcours de la star précédent son déménagement vers Berlin en 1976 (après l'album "Station to Station"), ses abus de drogue à Hollywood et sa renommée européenne et américaine, le film plonge dans le fort du sujet, c'est à dire la musique étrange crée en Allemagne pendant trois ans. On y étudie en détail les courants musicaux de l'époque et l'intérêt de Bowie pour les sonorités électroniques locales (voir à ce sujet l'excellent documentaire sur cette période Kraftwerk and the Electronic Revolution), son amitié avec Brian Eno qui lui même s'était établi en Allemagne à la même période, son état de santé précaire suite à sa dépendance à la cocaïne, le tout ayant mené l'artiste à sa réclusion. Réclusion qui lui permit d'accoucher d'un album marquant qui devait révolutionner le son de la fin de la décennie soixante-dix et qui, une fois de plus, permettrait à Bowie de se réinventer musicalement et spirituellement. Les différents analystes (journalistes, musiciens, historiens, biographes, etc.) décortiquent donc l'album "Low" et ses successeurs et arrivent à nous faire redécouvrir (ou découvrir, c'est selon) cette période moins glamour de la star, mais nettement plus importante musicalement, vue avec le recul.

Au niveau de la qualité vidéo, bien que beaucoup du matériel soit vieux et dans un état douteux, le matériel moderne est d'excellente qualité. Un peu de problème avec la définition des contours dans certaines entrevues, et les couleurs un peu fades, mais rien de bien marqué. Au niveau sonore, encore là le matériel d'époque est parfois erratique et manque de punch mais on se rapproche d'une qualité excellente avec les entrevues modernes. Seulement quelques bruits de fond nous rappellent que rien n'est parfait si on n'est pas dans un studio de son... Beaucoup de chaleur et de couleur enveloppent bien cette musique plus "froide". En suppléments on retrouve, sur les deux disques, des biographies des différents collaborateurs, des quiz sur Bowie et quelques séquences inédites.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio7