David Bowie: The Plastic Soul Review
Eclectic DVD Distribution / MDV / Sexy Intellectual Production

Réalisateur: Christian Davis
Année: 2007
Classification:
Durée: 61 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 6
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 octobre 2007

Les amateurs de David Bowie pourraient être curieux de jeter un regard sur un nouveau DVD qui porte le nom de "The Plastic Soul Review", mais ils devraient toutefois passer leur chemin tant ce produit ne leur apprendra absolument rien de nouveau sur le chanteur le plus innovateur de sa génération. David Bowie adore changer de style musical. C'est ce qui fait sa marque de commerce. Pendant les années 1970, entre le brit pop, le glam et avant le fameux détour vers Berlin pour des sons plus électroniques, il s'est retrouvé aux États-Unis. Cette courte période, qui s'échelonne de 1974 à 1976, lui a permis d'explorer de nouvelles tangentes, dont la musique noire américaine.

C'est à cette période que s'intéresse The Plastic Soul Review". De Diamond Dogs à Station to Station, des critiques musicaux cherchent à décortiquer ses influences et ses inspirations en revenant sur ses collaborations, ses choix vestimentaires et ses prestations scéniques. Dans la liste des sources utilisées, il y a entre autres l'ancien pianiste de Bowie Mike Garson, le batteur Andy Newmark et le journaliste Robert Elms.

Ce document d'à peine 69 minutes n'a pas été autorisé par le Thin White Duke et cela parait. Les informations amenées ont déjà été répertoriées dans de nombreux autres ouvrages et les gens qui discutent de l'époque ne font que rester en surface. Le mythe n'est donc jamais réellement exploré. Au contraire, les commentaires glorifient ces courtes deux années (sans doute normal, le chanteur était aux États-Unis) et les anecdotes racontées (duo avec John Lennon, omniprésence mélodique des Marvin Gaye et autres Stevie Wonder) ne surprendront personne.

Le matériel vidéo utilisé laisse également à désirer. Il y a de nombreuses archives, sauf que le résultat multiplie parfois le grain et les égratignures. Il est toutefois amusant de redécouvrir comment les modes peuvent passer, pour le pire et surtout pour le meilleur. Les plans d'aujourd'hui ne sont pas tellement mieux avec ces fonds douteux et ces couleurs qui ressortent mal. Lorsque la couleur de la peau n'est pas toujours évidente à identifier, il y a un sérieux problème. Au sein de ce plein écran, les détails ressortent difficilement, tout le contraire du blocage.

Les aspects audio s'avèrent à peine supérieurs. Les différents haut-parleurs ne sont presque jamais utilisés, ce qui est dommage pour un documentaire sur la musique. L'unique piste sonore anglophone est souvent narrée par des voix aux accents britanniques ardus à saisir. Manque de bol, il n'y a aucun sous-titre pour faciliter la compréhension. Les mélodies qui parsèment le récit sont très courtes, tous comme les extraits de spectacles qui auraient mérité davantage de place.

C'est toutefois sur le plan de la présentation que ce titre fait le plus pitié. La pochette est tout simplement horrible. Elle montre Bowie sur une scène avec un musicien en arrière-plan, sauf que la photo semble avoir modifiée de façon peu avantageuse dans un logiciel de Photoshop. Le menu principal du DVD, statique et sans musique, montre seulement le visage de l'auteur-compositeur-interprète.

Quelques suppléments sont heureusement présents. Pourtant, ils s'avèrent peu intéressants. Il y a tout d'abord un jeu de questions avec des choix de réponses. Les énoncés, trop faciles ou trop compliqués, tombent souvent dans les petits détails peu significatifs. Il y a ensuite un court segment de cinq minutes où le promoteur Steve Strange fait des liens entre cette période significative de la carrière de Bowie et l'ère du nouveau romanticisme. C'est un peu gros et pour l'objectivité, il faudra repasser. Il y a finalement une série de publicités de divers produits et une liste de toutes les sources utilisées avec une mini biographie. Mais pourquoi la police de caractère choisie est si petite? Car à part se briser les yeux, c'est plutôt difficile d'obtenir la moindre information.

"David Bowie : The Plastic Soul Review" est une grande déception pour les fans de Ziggy Stardust. La faible durée du DVD oblige les intervenants à passer rapidement sur les étapes marquantes de ces années d'or. Sauf que les propos n'apprennent finalement rien et leur superficialité finissent par peser. Un vrai cercle vicieux qu'il faudrait toutefois éviter. Pourquoi ne pas se replonger dans les disques et de réécouter ce qui est vraiment important : la musique?


Cotes

Film3
Présentation1
Suppléments2
Vidéo3
Audio4