Comme, dans le monde de la musique rock, la mode semble au retour des dinosaures - Black Sabbath, The Police, Genesis, Led Zeppelin et j'en passe -, il n'est pas surprenant de voir les vieux rockers de Deep Purple traîner leurs savates encore et encore après tant d'années. En fait, leur mérite étant qu'ils avaient pris un peu d'avance sur les autres en faisant leur retour en 1984 avec l'album Perfect Strangers. Depuis, bon an mal an, c'est la même routine avec la sortie d'un album solo et une tournée mondiale s'ensuivant avec, soir après soir les vieux succès ressassés et augmentés des dernières nouveautés.
Le vieux monstre fatigué Purple continue donc sa route même si les membres marquants de la grande époque du début des années soixante-dix ("In Rock", "Fireball", "Machine Head", "Made in Japan") Richie Blackmore à la guitare et Jon Lord aux claviers (qui était même un membre fondateur) ont depuis fait leurs valises. Un peu comme si les Rolling Stones continuaient sans Mick Jagger et Keith Richards...
Sur ce DVD double "Deep Purple Live at Montreux 2006" nous retrouvons donc un concert de la dernière mouture du groupe avec Ian Gillan à la voix, Roger Glover à la basse, Ian Paice à la batterie, ainsi que les nouveaux venus Steve Morse à la guitare et Don Airey aux claviers. Ce spectacle était en fait celui de clôture du festival de Montreux 2006. Comme vous le savez peut-être, c'est aussi dans cette ville que le groupe composa son hymne classique "Smoke on the Water" en 1972. En effet, suite à l'incendie du casino de Montreux provoqué par un spectateur ayant tiré une fusée de détresse à l'intérieur de l'auditorium lors d'un concert de Frank Zappa et ses Mothers of Invention, Deep Purple, qui était venu enregistrer un album (Machine Head) au casino, fut obligé de relocaliser ses pénates. Ils se tirèrent assez bien de l'aventure avec un album légendaire et une chanson parmi les plus marquantes de toute l'histoire du rock: "We all came down to Montreux, on the lake Geneva shoreline ... Smoke on the water, fire in the sky".
En plus des vieux hits comme "Highway Star", "Space Truckin'", "Hush", "Lazy" (une version plus lente et funky qu'à l'habitude), "Strange Kind of Woman" et la sempiternelle "Smoke on the Water", on a droit à une dizaine de chansons du répertoire plus récent du groupe. En finale, il y a même une chanson écrite spécialement pour le quarantième anniversaire du festival de jazz de Montreux, dont ce concert clos le jubilée, avec une participation exceptionnelle, à l'harmonica, de Claude Nobs l'instigateur et organisateur du festival depuis sa création. Assez sympathique.
Pour ceux qui n'auraient pas eu assez d'un concert de Purple, on a inclus sur un deuxième DVD un autre concert, filmé en 2005 à Londres à la réouverture du Hard Rock Café qui avait lui aussi été détruit par les flammes. Décidément! Ici, on retrouve à peu près le même choix de chansons qu'à Montreux, avec quelques omissions et quelques ajouts, dont "Fireball" et "Perfect Strangers", parmi les plus connues. L'ambiance est plus intimiste puisque la salle est plus petite et que cette prestation était sur invitation spéciale seulement.
Au niveau vidéo, le concert de Montreux est de loin supérieur en qualité. Filmé professionnellement, quoique sans originalité, on retrouve le découpage habituel utilisé pour ce genre de captations, avec de nombreux plans de chaque musicien, et aussi du groupe et de la foule. Pour le concert au Hard Rock Cafe, on est plutôt en présence d'une qualité de vidéo amateure. Les caméras utilisées, les angles choisis, le montage trop rapide et trop chargé en font un document quelque peu difficile à regarder sauf peut-être pour les fans extrêmes du groupe. La mauvaise balance des couleurs entre les différentes caméras utilisées et la piètre qualité de l'image finit par énerver. L'absence totale de plans d'ensemble du groupe valides ou de plans de foule n'aide en rien non plus.
Au niveau audio, même différence entre les deux captations. Le concert de Montreux est très net avec chaque instrument distinct et les différents registres (voix, B-3, guitare, etc.) bien définis. Une bande maîtresse de qualité sur laquelle un bon travail de mixage a été réalisé. Le concert de Londres est plus déficient en matière d'audio. On parvient à peine à distinguer chaque instrument lorsqu'ils jouent en même temps, comme si on avait pris une seule sortie de console mal mixée pour faire le montage sonore final au lieu du son de chaque instrument individuellement.
En suppléments, on retrouve des entrevues individuelles de tous les membres du groupe parlant de sujets comme les départs respectifs de Blackmore et Lord, le festival de Montreux, la vie en tournée, etc. Environ quarante-cinq minutes passées avec les membres actuels du groupe.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |