Quarante ans après la sortie du disque, le réalisateur Martin R. Smith nous fait cadeau de "Mr. Mojo Risin': The Story of L.A. Woman", un documentaire révélateur sur le mythique groupe The Doors qui nous transporte dans les coulisses de leur dernier album pour un puissant voyage musical et historique. À l'aide d'images tirées d'archives personnelles, de témoignages d'anciens producteurs et gérants, de journalistes musicaux et d'amis, le film s'attarde à raconter les inspirations et les anecdotes derrière chaque chanson qu'on retrouve sur le disque. Des entrevues récentes avec les trois membres encore vivants de la formation, soit le claviériste Ray Manzarek, le guitariste Robbie Krieger et le batteur John Densmore, constituent le cœur du long-métrage. Par leur grande générosité, les trois ex-complices de Jim Morrison nous font pénétrer dans l'intimité du groupe comme jamais auparavant.
La plupart des amateurs savent que le nom de la formation musicale vient d'un livre d'Aldous Huxley intitulé The Doors of Perceptions, mais saviez-vous que le Mr. Mojo Risin' (chanté dans "L.A. Woman") n'est pas qu'une référence sexuelle, mais aussi l'anagramme du chanteur Jim Morrison? Que la magistrale pièce "Riders on the Storm" est issue d'une improvisation du groupe sur le classique western Ghost Riders in the Sky? Que les Doors ont engagé le bassiste d'Elvis pour les sessions d'enregistrement de ce dernier disque? Que Jim Morrisson est parti pour Paris avant même que le mixage de l'album ne soit terminé? Le documentaire est très instructif, et vous n'écouterez plus jamais l'album de la même manière après le visionnement.
Comme il s'agit d'un film axé sur une production musicale, la qualité sonore est vitale à l'appréciation générale, mais elle comble toutes les attentes. Non seulement l'audio est disponible en format Dolby Digital, Dolby 5.1 et DTS Surround Sound, mais les mélomanes apprécieront l'attention portée au son en général. On a par exemple mixé des scènes récentes où les musiciens reprennent leur "riffs" avec les enregistrements originaux de façon complètement transparente. On a surtout utilisé les bandes maîtresses, et le mixeur isole à tout bout de champ des lignes de guitare, de clavier ou de voix sur la console pour mieux illustrer la démarche sonore de chaque pièce. Cet accès aux bandes originales est tout simplement jouissif.
La qualité de l'image sur l'édition DVD varie, puisque le documentaire combine des captations modernes avec des scènes en noir et blanc, ou d'autres en couleurs qui contiennent beaucoup de grain étant donné leur âge. Comme il s'agit de bandes d'époque, on ne tient pas rigueur à cette disparité de texture et de qualité. Le graphisme du boîtier et du menu reprend le même lettrage et les mêmes couleurs rouge-vin et jaune que la pochette originale du disque. On compte aussi plusieurs suppléments intéressants, principalement les entrevues intégrales dont certains extraits ont servis au montage, mais aussi une tournée vidéo intitulée "The Doors Guide to L.A.", qui nous présente plusieurs endroits de la ville où leur influence se fait encore sentir, une revuette sur l'énergie et les improvisations parfois chaotiques du groupe en spectacle, ainsi que la captation vidéo intégrale de la pièce "Crawling King Snake" lors de l'enregistrement en studio.
Il faut évidemment apprécier les Doors pour savourer pleinement ce documentaire, mais si vous avez un quelconque intérêt pour ce groupe légendaire, le film "Mr Mojo Risin': The Story of L.A. Woman" réussit à remettre en contexte la genèse de leur dernier album, tout en nous donnant un accès privilégié à leur processus créatif. On ne peut que remercier Martin R. Smith pour ce document inestimable.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 10 |