Dreamgirls
2-Disc Showstopper Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Bill Condon
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 130 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 25
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Amélie Gravel
6 mai 2007

Le 20 décembre 1981, un jeune réalisateur du nom de Bill Condon assistait à la première du spectacle "Dreamgirls" sur Broadway. Bien que cette pièce l'ait littéralement ébloui et ait connu un succès immédiat, remportant six Tony Awards et deux Grammy Awards en seulement quatre ans de représentations, il ne se doutait pas à ce moment-là que, vingt ans plus tard, il serait approché pour réaliser l'adaptation cinématographique de cette pièce musicale. L'équipe réussit à mettre sur pied la distribution idéale: l'oscarisé Jamie Foxx, le vétéran Eddie Murphy, une des chanteuses internationales les plus populaires, Beyoncé Knowles, en plus d'obtenir la participation du grand Danny Glover pour faire quelques apparitions dans le film.

Alors qu'on s'attendait tous à une autre performance époustouflante de Foxx, à un premier rôle dramatique d'importance pour Murphy et à une possible nomination aux Academy Awards pour Beyoncé, qui considère le rôle de Deena comme le rôle de sa vie, c'est plutôt une nouvelle venue dans le show-business qui a récolté tous les honneurs: Jennifer Hudson. Cette jeune chanteuse de 26 ans s'est fait connaître lorsqu'elle a été éliminée de la troisième édition du concours télévisé "American Idol" en se faisant dire par le juge Simon Cowell qu'elle devrait changer de plan de carrière puisqu'on ne voudrait jamais d'elle dans la chanson. Heureusement, les artisans de "Dreamgirls" n'ont pas tenu compte de ces commentaires et ont pris la merveilleuse décision de l'engager pour interpréter le rôle d'Effie. Et ce fut une décision très payante, autant pour la production qui a trouvé une interprète émouvante à souhait qui a réussi à toucher la sympathie du public, que pour la jeune femme, qui a récolté non seulement une expérience en tant qu'actrice et un tremplin pour sa carrière de chanteuse, mais également un Oscar pour son interprétation tout simplement parfaite.

"Dreamgirls" est en fait l'histoire du groupe popularisé au cours des années 60 et 70, The Supremes, d'une manière à peine cachée. Les noms ont été changés, et quelques détails ont été enlevés, mais on ne peut s'y méprendre. Trois jeunes femmes, formant un trio de chanteuses appelé "The Dreamettes", participent à un concours d'amateurs. Elles n'emportent pas le premier prix, mais se font tout de même remarquer par un homme, qui s'avère être le gérant du chanteur de l'heure James "Thunder" Early. Ce dernier ne fait ni une ni deux et leur propose d'accompagner ce dernier en tournée. Cette tournée les amènera sur le chemin de la gloire, qui s'avère plus cahoteux que brillant. En effet, les drames et trahisons se succèdent dans l'ascension des Dreams vers le succès, qui leur permettra d'éclipser totalement Early: d'abord, le départ précipité de Effie, la soliste et LA voix du trio, que Curtis remplace par la plus réservée Deena, qui a une voix moins impressionnante, mais qui est plus belle; ensuite, les magouilles pas toujours très nettes de Curtis pour mousser le succès du groupe et en plus, le contrôle que Curtis exerce sur Deena rendent cette route plutôt obscure, même si au bout, les chanteuses connaissent un succès sans précédent qui dure pendant un peu plus de dix ans.

Deux éditions DVD de "Dreamgirls" ont été mises sur le marché: une édition composée d'un disque et une autre, l'édition étincelante de deux disques. C'est cette dernière qui fait l'objet de la présente critique, quoique sur les deux versions, vous trouvez les suppléments suivants: d'abord, douze scènes musicales allongées, totalisant environ 36 minutes de musique, non seulement des trois Dreams, mais également de différents groupes fictifs que nous voyons performer, tels que les Stepp Sisters, Tru Tone, Tiny Joe Dixon et, bien sûr, James Early. Pour rester dans la veine musicale, un vidéoclip de Beyoncé est disponible, celui de l'émouvante chanson "Listen" que la chanteuse interprète dans le film sous les traits d'une Deena Jones qui essaie de se déprendre de l'autorité étouffante de son mari. Les bandes-annonces de la trame sonore de "Dreamgirls", du film Shrek the Third et du film Norbit clôturent ce premier disque et, du même coup, l'édition contenant un seul disque.

Pour ceux qui se sont procuré l'édition étincelante, on poursuit dans les suppléments en insérant le deuxième disque. Sur celui-ci, on retrouve d'abord un long documentaire sur la production du film. Dans ce documentaire très complet, nous passons par toutes les étapes de la production, de la transposition de la comédie musicale en scénario de film, du choix des acteurs, de l'apprentissage des chorégraphies et du tournage jusqu'à la première du film sur Broadway, exactement 25 ans après la première de la pièce originale. Alors que ce documentaire couvre chaque élément du film, les extras qui suivent sont davantage concentrés sur un aspect en particulier. Il y a d'abord un documentaire sur le montage du film, un autre sur les splendides costumes qui habillent les Dreams lors des spectacles, et un autre un peu plus long sur les éclairages utilisés pour donner aux spectacles leur aspect éblouissant. Après cela, nous pouvons voir les auditions de Beyoncé Knowles (Deena), de Anika Noni Rose (Lorell) ainsi que les tests des danseurs que nous voyons dans le numéro "Steppin' to the Bad Side". Ensuite, nous pouvons voir sept scènes au stade de leur prévisualisation, c'est-à-dire les scénarimages et les danseurs qui montent chaque scène en vue de la rendre synchronisée avec le son. On y voit alors les danseurs que les chorégraphes utilisent pour mettre en scène le numéro avant de l'apprendre aux actrices. Finalement, un album photos nous fait voir les images de différentes étapes de la production. Petite note: tous les documentaires contenus sur ce disque ont la possibilité d'être sous-titrés.

"Dreamgirls" est un film composé à plus de 80% de musique. Il était donc important que la trame sonore sache rendre à pleine capacité les chansons interprétées par les acteurs. La piste Dolby Digital 5.1 remplit son mandat à la perfection. Les haut-parleurs font ressortir chaque instrument composant la musique, mettant en avant-plan les voix des chanteurs et par le fait même, les émotions des personnages que transposent les paroles des chansons. Du côté vidéo, c'est un peu moins brillant, mais tout de même plus haut que le standard. Le problème vient surtout des scènes du début, alors que les éclairages sur scène dans les clubs où les Dreamettes chantent sont très lumineux contrastant avec l'obscurité régnant dans la salle. La luminosité trop intense cause une certaine perte de détails ainsi qu'un manque de définition des couleurs. Ce problème est toutefois passager, et très tôt, nous pouvons apprécier les scènes de spectacle à leur juste valeur, avec des couleurs éblouissantes et une définition extrêmement claire.

Avec plus de 101 millions de dollars de recettes au box-office, nous pouvons dire que le succès du film "Dreamgirls" est similaire à celui qu'a remporté la pièce musicale au début des années 80. Bénéficiant d'une distribution hors pair, il n'y a aucun temps mort dans la production et nous ne pouvons nous désintéresser de l'histoire, aussi obscure qu'étincelante, qui est inspirée de groupes réels ayant fait carrière au cours des années 60 et 70. Il faut cependant aimer les productions musicales, puisque nous ne passons pas beaucoup de temps sans entendre l'interprétation d'une chanson, et lorsqu'il y a des dialogues, ils se transforment très rapidement en dialogues chantés. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un film d'une très grande qualité.


Cotes

Film9
Présentation7
Suppléments10
Vidéo9
Audio10