Les fanfares, ou "Marching Bands", sont beaucoup plus répandues aux États-Unis qu'au Canada et encore moins dans le reste du monde. J'ai malgré tout personnellement connu ce type d'activité ayant habité une des rares villes du Canada à posséder une telle fanfare avec une renommée internationale. Certes, elle n'était pas aussi imposante et puissante que celle du "Atlanta A&T" que nous voyons dans ce film, mais elle l'était assez pour susciter un certain plaisir à voir aller ces musiciens de talents qui savaient avec une certaine dextérité jouer de leur instrument et en même temps accomplir des mouvements de danse, parfois très acrobatiques, qui rendaient leurs prestations toujours pleine de vie et de rythme.
"Drumline" nous raconte surtout l'histoire d'un jeune noir américain, Devon Miles (Nick Cannon, vedette américaine du petit écran), originaire de Harlem et qui se voit l'opportunité de faire partie d'une fanfare, en l'occurrence le "Atlanta A&T Pounding Panthers" (fanfare fictive). Mais il devra, comme d'autres jeunes avec lui, passer des épreuves afin de déterminer son niveau de batteur de tambour, ou de "drummer" (pour retrouver plus tard le titre du film, "Drumline", la ligne des tambours qui détermine le vainqueur lors d'une confrontation). Rapidement, il subjuguera ses juges par son talent indéniable et deviendra le meilleur dans sa catégorie… mais aussi dans celle du plus indiscipliné. Et la convoitise de celui à qui il ravira le trône n'en sera que plus grande. Trouvant son talon d'Achille, Sean (Leonard Roberts) essaiera de destituer Devon de son piédestal. Mais la finale contre les indélogeables "Morris Brown Band" (fanfare réelle) ne peut se permettre d'avoir Devon absent.
Basé en grande partie sur l'histoire vraie du producteur et auteur compositeur Dallas Austin (producteur entre autres de Madonna et Michaël Jackson), ce film marie avec fraîcheur de très beaux passages musicaux et chorégraphiques typiques des exhibitions de ce genre de fanfare, à un niveau, je l'avoue, que je ne m'attendais pas. Il ne faut pas manquer ces prestations avec des dizaines de musiciens (parfois plus de cent) jouant des morceaux connus tout en tapissant le terrain de football de danses et de mouvements réglés au quart de tour. Vraiment impressionnant. Et même si on s'arrête de temps en temps sur les états d'âme de notre héros, les scènes de fanfares sont assez nombreuses et mettent du rythme dans le film. À ne pas manquer, bien entendu, les 25 dernières minutes avec des morceaux musicaux et surtout visuels comme on en voit rarement. Et on notera, pour les plus techniques, la vitesse d'obturation élevée (qui donne un petit effet stroboscopique) utilisée dans le duel final des "drumlines" qui nous donne l'occasion de mieux suivre les mouvements que les batteurs donnent à leurs baguettes. Stupéfiant.
Mais malgré une histoire d'amour des plus classique et un final réchauffé depuis un long moment, ce film ne manque pourtant pas d'intérêt surtout pour son sujet, très peu abordé au cinéma. D'ailleurs, il me fait penser à un autre film abordant un peu un sujet semblable et que je n'avais pas détesté : Bring it on, puisqu'il y était question cette fois-ci des meneuses de claques, danseuses intimement liées aux fanfares dans leur spectacle.
La production de ce DVD est de bonne facture. L'image est belle, surtout pour les scènes très colorées des prestations des fanfares. La bande sonore anglaise, en Dolby Digital 5.1, est bien entendu celle qui nous donne le meilleur rendu, notamment dans les moments de spectacles dans les stades, comme la séquence de la confrontation pour le titre avec plus de vingt minutes de bonheur sonore. Les bandes française et espagnole perdent bien entendu de l'éclat en n'offrant qu'un Dolby Stéréo, mais avec un effet ambiophonique qui peut à la limite sauver les meubles.
Comme suppléments, on a droit à une piste de commentaires pleine durée du réalisateur, Charles Stone III (surtout connu pour ses célèbres publicités pour la marque de bière Budweiser, les "Whasssup?!"). Il nous parle surtout du travail des acteurs qui ont malgré tout dû s'entraîner pour au moins donner une illusion crédible de leur soi-disant talent de batteur. On voit justement une partie de ce travail dans un documentaire sur le tournage d'une vingtaine de minutes produit par le canal de télévision américain B.E.T., organisateur d'ailleurs du championnat final, et présenté par Nick Cannon lui-même. Mais malheureusement, on n'en voit pas assez à mon goût. On reconnaît trop d'ailleurs le côté promotionnel avec les coupures pour la pub et la durée de 22 minutes. Malgré tout, les acteurs principaux y donnent leur appréciation du tournage et aussi leurs angoisses pour être à la hauteur.
On ne passera pas à côté des dix scènes retranchées, avec commentaire optionnel du réalisateur là aussi, qui sont pour la plupart liées à des prestations des fanfares, comme cette scène rallongée d'une confrontation ou encore des morceaux supplémentaires du championnat final. On ajoutera deux clips vidéo des chansons thèmes du film ("I Want a Girl Like You" et "Blowin' Me Up (With Her Love)") ainsi que la bande-annonce de Antwone Fisher.
Vous l'aurez compris, ce film m'a vraiment beaucoup plu, car il aborde quelque chose que je trouve extraordinaire, à savoir la performance de ces jeunes qui doivent associer deux matières en général dissociées pour n'en former qu'une : la musique et la danse. Pourtant, ils le font avec une aisance déconcertante. Et même si les acteurs principaux ont été doublés pour certaines scènes, leur doublure possède au moins ce grand talent. Et le réalisateur a su au moins nous permettre au moins une chose : pouvoir facilement oublier les niaiseries d'une histoire d'amour banale pour nous laisser apprécier les prouesses des meilleures fanfares.
| Film | 9 |
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| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |