Drumline
Special Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Charles Stone III
Année: 2002
Classification: PG
Durée: 122 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
27 février 2008

La fanfare, c'est du sérieux. Parlez-en à Devon Miles (Nick Cannon) pour vous en convaincre puisqu'à côté de cela, l'armée et la guerre semblent en plusieurs points similaires. La fraternité, la famille, les amis, les ennemis, l'amour, tout le carnet des charges est "respecté" à la rigueur. Cependant, respecter un carnet de charges est loin de vouloir dire chef-d'œuvre assuré : souffrant d'une mise en scène un peu distancée, de dialogues prétentieux et d'une morale de guimauve, le film se repose donc sur des numéros de chorégraphies enlevant, des interprétations justes, pour un résultat plutôt pas mal.

Devon Miles est peut-être un jeune homme ayant réussi à passer ses examens du collégial, mais il découvrira rapidement que sa place à l'université risque d'être provisoire. En effet, ce dernier aime son indépendance, il a en horreur l'autorité et met tout en œuvre pour arriver à ses fins, en dépit des règlements instaurés par l'institution. Doué pour la batterie, possédant un sens inégalé du rythme, il est rapidement remarqué, ce qui cause davantage de frictions entre le jeune homme et le reste du corps d'enseignants.

Regroupant des concepts éculés tel que vu dans Jerry Maguire et autre drame sportif (je ne suis habituellement pas friand de ce type de film), "Drumline" réunit tous les ingrédients pouvant en faire une œuvre originale... et les ingrédients risquant de faire sombrer le navire. Commençons par les négatifs : les clichés. En moins de cinq minutes, on assiste à la situation parentale (mère présente, père absent), la résolution foireuse de cette histoire étant dans l'envoi ridicule d'un colis du père à son fils, contenant des cassettes audio dont dépendra l'issue du film. Les dialogues, comme mentionné plus haut, ne volent pas très haut puisque les personnages parlent de ce que le spectateur peut se rendre compte sans ne rien entendre. Autrement dit, même sans volume, il est possible de comprendre toutes les situations (je l'ai essayé quelques fois et c'était bingo à tout coup). Le rythme du film n'étant pas tout à fait à la hauteur du sujet (on filme les scènes comme dans une production de Jerry Bruckheimer. Résultat? Le style Michael Bay devient très apparent).

Le plus gros défaut de ce film résulte en son obsession de nous faire croire qu'il s'agit presque d'un entraînement plus ardu que l'armée ainsi que sa morale à quatre sous, comme quoi tout le monde termine avec une fin heureuse, sauf les méchants. Pour les bons coups, maintenant : l'interprétation enjouée des personnages permet de passer outre ces quelques coups bas puisque Nick Cannon, Orlando Jones et Zoë Saldana offrent des prestations attachantes et crédibles de leurs personnages respectifs, quoiqu'un iota caricaturé. La chorégraphie des numéros se passe de commentaire puisqu'on développe rapidement l'envie d'assister à une de ces performances en direct. Le tout est bien filmé et de manière à bien englober le sujet sous de faux aspects d'entraînement à la guerre et le montage, même hésitant, parvient à convaincre, surtout lors des scènes de confrontation (ne craignez rien, amis non-violents, un seul coup de poing a été recensé sur la durée du film). Pas un grand film, mais pas un mauvais non plus, il s'agit d'un bon divertissement qui se prend un peu la tête.

Avec cette édition, Fox nous offre quatre (oui, oui, 4) minutes de plus que la version en salles, comprenant surtout des numéros plus longs et quelques moments entre personnages, mais je n'ai pas bien vu la différence puisque le tout n'ajoute strictement rien au film. Une piste de commentaires du réalisateur permet d'en apprendre plus sur les anecdotes du tournage ainsi que la débrouillardise quant à l'utilisation d'une même équipe de batteurs. Informatif et divertissant. Les nouvelles revuettes proposées sont, malheureusement, beaucoup plus centrées sur les chorégraphies plutôt que la justification du scénario. Un point de plus dans leur camp puisque cela nous apprend leur réelle intention : filmer des scènes de chorégraphie. Pour finir, les scènes coupées n'offrent que très peu à se mettre sous la dent, si ce n'est de quelques instants plus approfondis entre les personnages, qui auraient peut-être dû revenir dans le montage de l'édition prolongée.

L'image proposée (je n'ai pas vu la précédente édition) est correcte : grain de pellicule omniprésent faisant partie du concept, aspect respecté des contrastes et surexposition lors des matchs entre équipes adverses, couleurs saturées au possible. Côté son, tout est au beau fixe, mais lorsque vient le temps d'écouter les pistes autre qu'anglaises, on se retrouve avec un son plutôt moribond, faisant honte et prouvant ainsi que si la Fox appose un pauvre Dolby 2.0, c'est bien parce qu'ils le doivent plutôt que par réel respect du son (ou même des autres langues?). Les menus sont presque tous animés et musicaux. Seules les pages des langues et des sélections de scènes sont fixes. On nous plonge directement dans le cœur du stade avec des tambours géants offrant un montage rapide de moments du film dans leur centre. Très bonne idée et bien utilisée.

"Drumline" se regarde bien malgré ses multiples défauts : trop bavard, prévisible et pourvu d'un rythme inégal, le tout semble avoir été fait pour mettre la star en évidence, surtout son allure rebelle et sa morale de réactionnaire au changement. Pour le reste, tel que dit plus haut, tout est dans le ton voulu et c'est avec un réel enthousiasme que nous prenons part à ces numéros (je me suis surpris à être entraîné par le rythme, chose plutôt rare dans tout film confondu).


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments6
Vidéo7
Audio7