Emerson, Lake & Palmer: Pictures At An Exhibition
Special Edition
Eagle Rock Entertainment

Réalisateur:
Année: 2010
Classification: NR
Durée: 144 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (PCM Stéréo)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 801213030194

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
20 août 2010

Emerson, Lake & Palmer est souvent cité en exemple comme le groupe représentant les pires abus du rock progressif des années 70. Il est vrai que beaucoup d'éléments qui irritent les bien pensants du rock moderne qui crachent littéralement sur cette époque et ce style sont en effet synthétisés chez ELP. On a d'abord trois musiciens virtuoses de leurs instruments respectifs qui ont une certaine propension à démontrer leur maîtrise par des solos sans fin, une nette influence de la musique classique résultant en de nombreuses "citations" musicales, des pièces interminables aux temps inusités (11:9, 9:8, etc.) changeants régulièrement, des albums concepts et une extravagance des costumes et des performances scéniques comme la batterie prenant feu ou l'orgue Hammond B3 d'Emerson se faisant poignarder, escalader ou renverser comme un vulgaire accessoire de théâtre.

Mais au-delà de ces critiques souvent condescendantes, on oublie premièrement de situer dans le temps cette vague musicale - c'est à dire à une époque d'expérimentations, de drogues planantes et de recherche artistique intellectuelle – et puis on oublie surtout de reconnaître l'importance qu'on joué ces groupes dans la découverte ou la redécouverte d'œuvres ou de compositeurs classiques peu connus ou passés à l'oubli. Ainsi, avec son troisième album, le groupe allait remettre à l'avant-scène une œuvre du compositeur russe du 19e siècle Modeste Mussorgsky qui n'avait pas été jouée depuis longtemps par les orchestres traditionnels. Le concert et la tournée "Pictures at an Exhibition" s'avérèrent un succès immense tant pour le groupe que pour l'œuvre qui obtint une seconde vie en retrouvant sa place dans le panthéon de la musique classique populaire.

Le concept de base du spectacle dont Eagle Vision met en vente le DVD ces jours-ci, était de prendre cette longue musicale relatant une visite dans un musée avec chaque "tableau" équivalent à un thème musical et non seulement de l'adapter à la sauce prog-rock , mais d'y insérer quelques pièces, ou "peintures" originales du groupe. On retrouve donc le thème récurrent de la "Promenade" des visiteurs entrecoupé des tableaux "The Gnome", "The Sage", "The Old Castle", "Blues Variation", "The Great Gates of Kiev" et de la suite Baba Yaga soit "The Hut" et "The Curse". Le concert filmé en 1970 se termine par trois pièces du répertoire habituel du groupe à l'époque, "Take a Pebble", "Knife Edge" et "Rondo" que le pianiste Emerson avait rendue populaire avec son groupe précédent "The Nice".

La captation de ce spectacle est très marquée par son époque puisqu'on y retrouve l'utilisation des gadgets technologiques typiques de l'époque comme l'incrustation en "chroma key", le "négatif" et la superposition d'images, les tout faisant appel aux plus belles couleurs et aux légendaires motifs psychédéliques typiques de la période. Les détracteurs du rock progressif et de l'époque psychédélique en feront une syncope (et bien fait pour eux!) mais les autres se régaleront de cette performance marquante symbolisant bien le groupe avec ses qualités et ses défauts.

Malgré la captation professionnelle pour l'époque (nombreuses caméras discrètes, son stéréo multipiste), la qualité audio-vidéo du document reste ordinaire. Certains connaîtront un léger désagrément causé par les couleurs un peu fades et le manque de définition de la pellicule de l'époque ou par le manque d'éclairage sur scène qui rend les détails approximatifs. La prise de son manque aussi d'un peu de profondeur, certains instruments étant moins bien définis que d'autres. Heureusement, on a fait un merveilleux travail de transfert et de modernisation, ce qui rehausse grandement la qualité du produit et nous permet de savourer le tout.

En suppléments on retrouve cinq pièces (Rondo, Nutrocker, Take a Pebble, Knife Edge et Blues Jam/ Nutrocker) ainsi qu'une entrevue des trois membres du groupe faisant partie d'une émission de télé belge de 1971 intitulée "Pop Shop". Les performances sont assez similaires à celles de 1970 figurant à la fin du concert de "Pictures at an Exhibition", avec toute fois des variantes plus courtes pour "Rondo" et "Take a Pebble". Intéressant tout de même.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments7
Vidéo8
Audio8