The Five Heartbeats
15th Anniversary Edition
20th Century Fox

Réalisateur: Robert Townsend
Année: 1991
Classification: 14A
Durée: 121 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD40), Français (DDST), Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
21 janvier 2006

Je ne sais pas si je suis né avec un petit Stevie Wonder sommeillant au fond de moi, mais j'ai toujours aimé la musique "noire", c'est-à-dire, le blues, le gospel, le jazz et le R&B. Dans les années 1960, le "son Motown" était bien implanté chez nos voisins du sud et la scène musicale noire était dominée par des artistes tels Marvin Gaye, The Temptations, The Supremes, The Four Tops et Martha & The Vandellas. Après s'être endetté pour réaliser un premier film, l'excellent Hollywood Shuffle, une satire mordante sur l'expérience afro-américaine à Hollywood, l'humoriste et acteur Robert Townsend eut plus de marge de manoeuvre pour choisir son prochain projet. Utilisant la carrière tumultueuse du légendaire groupe de R&B "The Dells" comme modèle, il s'associe avec son collègue et ami Keenan Ivory Wayans pour l'écriture du scénario de "The Five Heartbeats", un film qui nous fait suivre la longue route parsemée d'embûches vers le succès d'un groupe de chanteurs noirs.

Au début des années 1960, un quintette de jeunes afro-américains passionnés de musique forme un groupe nommé "The Five Heartbeats". Après des débuts difficiles où ils doivent se produire dans des concours amateurs où les résultats sont souvent arrangés d'avance, ils parviennent à se faire connaître et gagnent en popularité. Ils réussissent à se rendre au sommet des palmarès malgré le racisme et l'avidité de l'industrie musicale, mais les problèmes personnels de certains membres créent des tensions au sein du groupe et menacent de le faire éclater.

Malgré quelques maladresses au niveau du montage et quelques excès de mélodrame, "The Five heartbeats" aborde avec honnêteté et justesse les thèmes de l'amitié, de l'intolérance raciale, de la cupidité et de l'attrait envers le sexe et la drogue qui accompagne l'accession à la célébrité. Le film est un peu trop long et le scénario s'enfarge dans certaines sous-intrigues, mais l'énergie et l'exubérance que le réalisateur et les acteurs insufflent aux numéros musicaux compensent largement. Les performances sont réglées au quart de tour, appuyées par une remarquable bande sonore supervisée par l'éminent jazzman Stanley Clarke. Au lieu de se distancier du sujet et de placer la caméra dans la salle, Townsend choisit de nous faire partager la scène avec le groupe et ça fonctionne de façon admirable. On tape du pied et on a presque envie de participer à ces chorégraphies typiques des groupes R&B de l'époque. La distribution d'ensemble est convaincante, en particulier Michael Wright dans le rôle d'Eddie, le talentueux chanteur principal aux prises avec les démons de l'alcool et des drogues, ainsi que Hawthorne James qui personnifie "Big Red", le dirigeant corrompu de "Big Red Records", qui prouve que les noirs ne se faisaient pas baiser que par les blancs. "The Five Heartbeats" est un film musical et le cinéaste Robert Townsend a su, entre les moments dramatiques, mettre l'emphase sur l'aspect le plus important: la musique. Par exemple, la scène ou "Duck" (Robert Townsend) tente d'écrire une chanson et reçoit l'aide de sa jeune soeur (Tressa Thomas) se transforme en un moment musical qui constitue un pur délice.

La présentation vidéo et sonore est identique à celle de l'édition précédente. Le transfert anamorphosé nous offre une image claire et propre avec un minimum de taches et d'égratignures. Les couleurs sont vives et naturelles, mais le look parfois un peu flou du film occasionne une perte de détails. Le niveau des contrastes et le rendu des noirs sont adéquats, mais plusieurs scènes souffrent d'un problème apparent d'accentuation des contours. Tout de même un bon transfert. Côté sonore, la piste remasterisée en Dolby Digital 4.0 offre une bonne séparation des dialogues, de la musique et des effets ambiants. Les dialogues sont clairs, la musique est riche et offre une expérience auditive très immersive. Les enceintes arrière demeurent muettes, mais ceci n'est pas un problème a priori puisque cette concentration de l'activité sonore dans les enceintes avant aide à nous plonger dans l'ambiance de l'époque. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus au look rétro sont animés d'extraits du film et accompagnés de musique.

Plusieurs suppléments sont offerts sur cette édition 15e anniversaire. "Original Publicity Campaign" nous offre le même contenu que l'édition originale, c'est-à-dire une courte revuette sur la production, un profil du réalisateur Robert Townsend, la bande-annonce originale du film et trois "TV Spots". En plus, on retrouve tout d'abord quatre scènes retranchées que l'on peut visionner séparément ou pendant le film avec l'option de branchement lorsqu'une icône apparaît à l'écran. Par la suite, quatre revuettes abordent différents aspects de la production. Dans "Meet the Five Heartbeats", les acteurs principaux nous parlent brièvement de leurs personnages et de leur expérience pendant le tournage, alors que "In the Studio" s'attarde au processus de création des numéros musicaux. Évidemment, dans ce genre de film, les acteurs font du "lipsync". On rencontre donc les véritables chanteurs en studio, ainsi que l'ingénieur du son responsable de la reconstitution du son de l'époque. Ensuite, "The Look" se concentre sur le maquillage, les costumes et le processus de vieillissement des personnages puisque le film se déroule sur une période de 25 ans. Puis, dans "The Director's Process", Robert Townsend nous parle de l'écriture du scénario, des principaux thèmes du film, de l'importance de la musique, de sa façon de travailler avec les acteurs et des difficultés d'être à la fois scénariste, acteur et réalisateur sur un même film. Les revuettes sont trop brèves pour aborder en profondeur les différents aspects de la production, mais nous offrent tout de même une vue d'ensemble intéressante.

"The Five Heartbeats" est un film intelligent, attachant et débordant d'énergie que les amateurs de la musique R&B des années 1960 et 1970 apprécieront certainement. Même les autres devraient y jeter un coup d'oeil et je les défie d'essayer de s'empêcher de taper du pied!


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments6
Vidéo7
Audio7