Flashdance
Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Adrian Lyne
Année: 1983
Classification: 14A
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20), Espagnol (Mono), Portugais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + 1 CD)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
19 septembre 2007

Bien avant l'époque de leur dernière collaboration (The Rock), les producteurs Jerry Bruckheimer (la trilogie Pirates of the Caribbean) et le regretté Don Simpson (Top Gun) se sont rencontrés lors d'une réunion au sujet de ce qui serait appelé à devenir le Rocky féminin, à savoir "Flashdance". Depuis, leur passion pour les rêves en devenir et les avenirs incertains sont devenus prioritaires dans leur agenda commun. Avec "Flashdance", leur première production en équipe, ils donnent ainsi la chance à Adrian Lyne de réaliser un film qui fera non seulement un carton, mais qui saura rester gravé dans la mémoire des cinéphiles et amateurs de trame sonore qui "déménage".

Flashback en 1982 alors que feu Dawn Steele (décédée en 1997) propose le projet aux producteurs qui décident d'aller de l'avant avec le projet. Plus rapidement que l'on peut crier "lapin, je ne boirai pas de ton eau" (du moins, c'est ce qui me reste en tête), ils dénichent Jennifer Beals, Michael Nouri (ressemblant plus que jamais à Chris Sarandon) et plusieurs autres acteurs pour filmer leur version post-moderne de Cinderella. Dans cette histoire, une jeune femme oeuvrant dans le monde de la soudure durant le jour à Pittsburgh, Alex, se donne en spectacle la nuit dans des tenues légères et des numéros dans lesquels la musique l'enlève complètement de la réalité pour la transporter dans un univers où elle peut vivre ses fantaisies les plus folles comme voir la musique et se laisser guider par le rythme. Cependant, les épreuves de la vie lui montrent que le chemin vers l'issue de nos rêves n'est peut-être pas aussi facile que l'on pourrait le penser.

Porté par une équipe d'acteurs et actrices offrant une interprétation caricaturée, mais attachante, le film donne quelques lettres de noblesse au souffle grandissant de l'indépendance de la femme dans les années 80. Non seulement réputé pour sa trame sonore, mais également par son aspect rétro, "Flashdance" comporte nombre de scènes à caractère sirupeux, laissant pour compte, le temps d'une mise en scène racoleuse, toute la possibilité et l'aboutissement d'une telle idée qui aurait mérité un développement davantage fouillé. Passé ces quelques faux pas, restent les personnages unidimensionnels qui, malgré un manque de travail évident, demeurent convaincus de leur avenir dans une Amérique pré 11 septembre. C'est d'ailleurs le seul message qui subsiste dans tout le métrage et dont toutes les scènes tournent autour : les rêves, et à quel prix sommes-nous prêt à sacrifier le quotidien pour obtenir leur accomplissement. Cette question, Alex (Jennifer Beals, très mignonne et convaincante dans un rôle innocent et troublé à la fois) se la pose maintes et maintes fois durant le film, jusqu'à presque abandonner, façon typique des années 80, pour reprendre son souffle et s'envoler dans une finale à l'image de la réalisation : tout est beau, tout réussi et qui l'attend à la fin? Son bel étalon et un bouquet de roses.

Paramount nous montre à quel point une édition spéciale se doit de respecter le matériel. En premier lieu, les suppléments sont très nombreux et adéquats. Portés par des entrevues, ils circulent autour des anecdotes dont certains se souviennent sans perdre de temps. Tout y passe au peigne fin : des acteurs découverts par ce film en passant par les ventes record de la trame sonore aux idées surgies directement sur le plateau à quelques minutes de tourner. Les bonus offrent une pléthore d'informations sur le déroulement du tournage, mais l'on se surprend davantage de l'absence totale de la principale intéressée, celle par qui le film ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui : Jennifer Beals dans le rôle d'Alex. En effet, comme ce fut le cas pour The Crow duquel Alex Proyas (le réalisateur) a été évincé de tout extra, l'actrice et danseuse semble s'abstenir de tout commentaire. Une autre absence du disque est ce qui aurait été la cerise sur le gâteau : une piste de commentaires du réalisateur Adrian Lyne. Néanmoins, le tout est nettement suffisant et devrait plaire à tout fan de ce film ou néophyte du genre.

Pour ce qui est de l'image et du son, c'est du très beau. Paramount nous offre, en effet, un transfert sans aucun défaut visible. Le son, disponible en trois langues, montre tous ses effets en anglais 5.1, avec basses à l'appui, ainsi qu'un beau travail réalisé en français qui, sans offrir un égal, se tire mieux d'affaire que l'espagnol Mono. La saturation de l'image est adéquate pour ce type de film. On ne perçoit aucun artefact de compression si ce n'est du grain provenant de la pellicule d'origine. Du très beau travail qu'on aimerait voir plus souvent. On jurerait que le film a été tourné hier. Seuls les coiffures, costumes et les voitures ont changé depuis.

En terminant, qu'il s'agisse de votre première incursion dans les années 80 ou d'un retour aux sources, sachez qu'il est impossible de passer à côté de ce petit bijou. Écrit en partie par celui qui nous a offert Basic Instinct (Joe Esztheras), "Flashdance" possède les atouts d'un film séduisant par son image étincelante, ses cadrages adéquats et son message sur l'indépendance des femmes. La restauration en fait une édition à se procurer au plus vite. En passant, le second disque regorge de musiques tirées de la bande sonore du film dont "What a feeling", gagnant de l'oscar 1983 de sa catégorie. Sans révolutionner le genre, "Flashdance" n'aura pas nuit non plus. Vive la nostalgie, vivent les années 80.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo9
Audio8