Durant sa carrière avec le groupe, le Beatle George Harrison, qu'on surnommait "The Quiet One" (Le silencieux), aura toujours un peu vécu dans l'ombre de ses deux compagnons John Lennon et Paul McCartney. Le plus jeune des quatre, s'étant joint au groupe après sa fondation par John et Paul et n'ayant commencé à écrire des chansons que plus tard, il semble que George ait toujours été traité en petit frère par les deux principaux compositeurs des Beatles et qu'il n'ait pu prendre son envol qu'après la séparation du quatuor. C'est du moins l'impression qui ressort du documentaire "George Harrison - In Performance" sorti récemment chez Koch.
Grâce à un lot impressionnant d'archives filmiques, photographiques et audio et à l'aide de nombreuses entrevues de proches du musicien, ce documentaire critique sur le rôle du guitariste dans le groupe le plus connu au monde réussit assez bien à mettre en valeur les hauts et les bas de la vie de la superstar. Ayant choisi de se consacrer sur l'aspect musical de la carrière d'Harrison plutôt que sur son histoire personnelle, le film jette un bref regard (le temps d'antenne étant limité à 52 minutes alors qu'on aurait pu discuter de cet homme intéressant aux multiples facettes pendant des heures!) sur le rôle d'auteur-compositeur et décortique quelques une de ses meilleures chansons.
Bien qu'on aurait préféré un film plus complet avec des entrevues des membres survivants du groupe ou de ses amis et collaborateurs célèbres comme Eric Clapton, Bob Dylan ou George Martin, on doit se contenter d'une version plus épurée, le projet n'ayant pas reçu l'aval de la succession du Beatle décédé il y a quelques années. On retrouve tout de même quelques points de vue intéressants de journalistes et historiens de la musique, d'amis d'enfance ou de gens l'ayant côtoyé tout au long de sa carrière. On retrouve entre autres Neil Innes et "Legs" Larry Smith du groupe mythique "The Bonzo Dog Doo Dah Band" (qu'on peut apercevoir dans le film Magical Mystery Tour), Tony Barrow, l'agent de presse du groupe de 1962 à 1968, Tony Bramwell, ami et "roadie" du groupe pendant un temps ainsi que des journalistes de publications musicales comme MOJO ou New Music Express.
Il reste cependant que le plus intéressant de tout ceci est, bien entendu, les archives des performances d'Harrison lui-même, que ce soit avec les Beatles ou en solo au 30e anniversaire de la carrière de Dylan ou au concert pour le Bangladesh en 1971. En résumé, un petit document intéressant pour les fans du guitariste qui nous permet de percevoir sa position précaire dans le groupe et l'importance de sa personnalité dans la chimie qui leur permit d'avoir ce succès phénoménal. Malheureusement, c'est trop peu trop vite et le documentaire nous laisse sur notre faim.
Visuellement, le tout est assez beau. Avec, bien entendu, quelques problèmes techniques du côté des images d'archives. Rien de dramatique par contre. La partie contemporaine est par contre bien définie, avec des couleurs bien reproduites et des tons assez prononcés, et ce, malgré une direction photo parfois horrible! La partie audio aurait eu besoin d'un petit peu de travail supplémentaire au niveau des fréquences des voix d'entrevue. Les archives sont aussi quelque peu problématiques, mais comme toujours, l'importance du contenu l'emporte de loin sur l'apparence du contenant! En suppléments, une galerie photo de George Harrison aux diverses étapes de sa vie. Bien que ça n'apporte rien de plus au film, il est tout de même intéressant de voir ces photos peu connues de l'artiste.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |