En 1971, Ginger Baker, l'incomparable batteur du groupe rock Cream (qui comprenait aussi Eric Clapton) décida d'aller ouvrir un studio d'enregistrement à Lagos au Nigeria. Heureusement pour nous, pour compliquer les choses, il décida d'y aller en jeep plutôt qu'en avion. Il partit donc avec Tony Palmer un ami musicien (et réalisateur du film), un caméraman et un chauffeur et ils traversèrent le désert du Sahara, de l'Algérie au Nigeria en passant par le Niger.
Dans ce film on suit Baker et sa bande durant leur périple pour se rendre à Lagos. On les suit ensuite pendant qu'ils font un petit tour musical du Nigéria. Quelques rencontres musicales extraordinaires, des mésaventures avec les gendarmes algériens (que le réalisateur n'a pu filmer mais dont il recrée l'essentiel en petites vignettes animées assez efficaces), ennuis mécaniques puis quelques paysages magiques, des animaux incroyables et autres moments anecdotiques d'une traversée éprouvante. Toutes ces images liées par une narration de Ginger Baker, parfois poétique, parfois rythmée et même occasionnellement chantée!
Il s'agit donc ici d'un road-movie, entrecoupé de performances musicales d'artistes africains traditionnels et modernes (dont une longue prestation de la superstar africaine Fela Kuti et son groupe Africa 70, alors relativement peu connus à l'extérieur du Nigeria) et d'un jam de Baker avec quelques musiciens nigérians. On a aussi droit à une séquence où Ginger Baker nous explique et nous démontre avec plus ou moins de succès le tambour parlant nigérian, sorte d'instrument de percussion sur lequel on peut changer dramatiquement les notes avec des cordes latérales qu'on manipule. C'est malheureusement la seule séquence non-musicale en son direct de tout le film. On aurait aimé entendre plus souvent la voix de Baker interagissant avec les autochtones. Aussi plus de sons du désert et des villes, plus de sons ambiants, pour nous aider à rentrer dans le sujet, pour avoir l'impression d'accompagner Baker dans son voyage.
Au niveau de la qualité visuelle, il faut composer encore une fois avec des images tournées en 16mm, en éclairage naturel, dans des conditions sûrement difficiles. Donc, qualité limitée. Beaucoup de zones sombres (pas de latitude dans les pellicules de l'époque), beaucoup de grain dans les séquences de soir et quelques problèmes techniques, en particulier lors d'une séquence musicale alors qu'on sent le moteur de la caméra ralentir ou le ressort faiblir, dépendamment du modèle utilisé à l'époque, ce qui nous donne toute une séquence à l'accéléré. Le reste du film est cependant techniquement très acceptable.
Pour ce qui est de l'audio, la qualité est très passable. Toute la narration sonne comme si elle avait été enregistrée dans une boîte de conserve, ce qui la rend parfois difficile à comprendre (d'autant plus que Ginger Baker n'articule pas beaucoup). Les séquences musicales ne sont d'ailleurs guère mieux captées. Limitations techniques, manque de moyens ou incompétence? Qui sait? Heureusement que la technologie du studio de Lagos s'avérera supérieure et que ce studio fonctionnera bien pendant plusieurs années, y enregistrant autant des vedettes africaines qu'internationales comme Wings qui y gravèrent l'album Band on the Run. Pour les suppléments, rien à dire puisqu'il n'y en aucun.
En résumé, "Ginger Baker in Africa" est un document historique et musical intéressant bien qu'un film assez ordinaire.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 5 |