The Gospel
Special Edition
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Rob Hardy
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 111 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
31 décembre 2005

La parabole du retour de l'enfant prodigue est fort probablement un des passages du Nouveau Testament les plus connus. On rappellera, pour le lecteur païen ou profane, qu'on y raconte l'histoire de deux fils. Le plus jeune demande à son père la part d'héritage qui lui revient, et quitte la maison. Après avoir dissipé toute sa fortune en plongeant dans le stupre et la fornication, il revient à la maison, conscient de la bêtise qu'il a faite, et demande pardon à son père. Celui-ci, fou de joie à la simple vue de son fils, fait tuer le veau gras et organise un festin. Mais le fils aîné, lui qui a toujours été fidèle à son père et a vécu d'une façon modèle, ne comprend pas pourquoi on fête son frère débauché alors que lui n'a jamais rien eu pour récompenser sa fidélité. Son père lui répond donc: "Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé".

Le film qui fait l'objet de la présente critique se veut donc, au dire des producteurs et du scénariste/réalisateur, une version moderne de cette parabole. L'action est transposée dans une église baptiste d'Atlanta, aux États-Unis. Deux meilleurs amis, David (Boris Kodjoe) et Frank (Idris Elba), sont prédestinés à une vie religieuse et sont tous les deux bien en vue dans la communauté. David, bénéficie par contre de deux avantages sur son ami: il est le chanteur soliste de l'église et son père (Clifton Powell) est l'évêque de la région. Mais, des suites du décès prématuré de sa mère, David accuse son père, arrivé trop tard à l'hôpital, de s'occuper davantage de l'Église que de sa propre famille. Il quitte donc sa famille, sa vocation et ses amis pour devenir un luxurieux chanteur R & B. Plusieurs années plus tard, apprenant la maladie de son père, il regagne sa paroisse et décide de reprendre les rennes de l'église. Mais David n'est pas le seul à vouloir diriger la petite communauté religieuse; Frank, son ami d'enfance, dont les priorités ne semblent pas louables, veut aussi obtenir le poste.

Le premier choc à l'écoute de ce film est que, malgré ce qu'on peut penser, les chants interprétés tout le long de l'histoire sont davantage du R & B que du Gospel; bien sûr, les paroles sont adoratrices et une chorale danse en arrière-plan en chantant à répétition la même phrase, mais, dans le style musical, on est loin du Gospel... Du moins, ce n'est certainement pas ce qu'est le Gospel traditionnel; celui-ci semble par contre avoir grandement évolué puisque le film nous présente des "grands" noms du Gospel: Yolanda Adams, Hezekiah Walker, Fred Hammond et Tamyra Gray. En plus de cette contrariété, il est toujours désagréable de se faire servir de la morale "à deux sous"; l'histoire du retour de l'enfant prodigue, aussi contestable soit-elle, reste beaucoup plus intéressante dans sa version originale biblique, et ce, malgré toutes convictions religieuses... D'en faire une adaptation si simpliste et si amputée, pour des raisons d'ailleurs inconnues, demeure encore plus critiquable. Je dois cependant avouer que, pour une raison qui m'échappe, je m'attendais à écouter un documentaire sur le Gospel, et non pas un film fictif à saveur évangélique (on rappellera, pour le lecteur à la fois païen, profane et unilingue, que "Gospel" se traduit par "Évangile"). Le moins qu'on puisse dire est que certains préjugés défavorables sont fort probablement présents dans cette analyse, tant du côté musical que cinématographique...

Le volet technique de ce DVD est tout à fait convenable. Bien que le film ne requiert pas les artifices que permet une piste Dolby Digtal 5.1, le volet sonore est adéquat. Le film aurait par contre bénéficié d'un mixage plus imaginatif, surtout lors de certaines scènes où l'aspect visuel est particulièrement original (la scène de l'hôpital, au tout début du film, par exemple). Les nombreuses prestations musicales du film sont par contre bien calibrées et le transfert sur DVD ne comporte pas de désagrément. Le volet visuel est d'une bonne qualité; on ne note pas de réels problèmes, mis à part un léger fourmillement dans les zones sombres. Le traitement des couleurs est juste, les tons adéquats et le niveau de détail amplement suffisant.

Comme supplément, le film nous propose tout d'abord une piste de commentaires faite par les principaux artisans du film, c'est-à-dire le réalisateur Rob Hardy et le producteur William Packer. Très technique, la piste est tout de même intéressante à écouter par endroits. On retrouve ensuite un documentaire sur la production intitulé "The Gospel: Behind the Scenes"; par le biais d'interviews, les acteurs et artisans nous entretiennent du contexte dans lequel le film a été conçu. Il est cependant étonnant que, dans ce documentaire, on nous parle beaucoup de la musique Gospel, alors que, malgré plusieurs prestations, c'est loin d'être le propos principal. Plusieurs scènes retranchées sont aussi incluses; malheureusement, toutes sont plutôt anodines. On nous propose ensuite d'écouter certaines performances musicales incluses dans le film, mais, cette fois, présentées en entier. Ce segment est d'intérêt, malgré le fait qu'il ne s'agisse pas, toujours selon moi, de musique Gospel, mais bien de R & B. Finalement, on nous présente un montage de photographies prises lors du tournage du film, sur une musique dite Gospel. Quelques bandes-annonces d'autres films sont aussi incluses (dont celle du très attendu Da Vinci Code de Ron Howard).

Bref, que ce soit du point de vue du scénario, du message ou de la musique, "The Gospel" est un bien étrange film...


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments7
Vidéo8
Audio7