Holiday Inn
Special Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Mark Sandrich
Année: 1942
Classification: PG
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 19
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
30 décembre 2006

Un classique de Noël se visionnant 365 jours par année cherche à faire danser et chanter un nouveau public qui n'hésite pas à se replonger dans les vieilles comédies musicales américaines. Malgré sa prémisse extrêmement mince, "Holiday Inn" séduit aisément grâce au brio de son duo masculin.

Les films passent et les chansons restent. Comme en fait foi ce classique qu'est le tube "White Christmas", déjà à l'honneur dans un mièvre long-métrage du même nom paru en 1954. Cette vue immensément courue n'étant en fait qu'une vulgaire reprise de "Holiday Inn", une comédie sentimentale nettement plus réussie qui a vu le jour en 1942. Eh oui, l'année même où l'hymne phare écrit par Irving Berlin et fredonné par Bing Crosby a remporté l'Oscar de la meilleure chanson.

Cette version réalisée pendant la Seconde Guerre mondiale par le cinéaste Mark Sand suit les péripéties d'un duo de la scène. Jim (Bing Crosby) est timide et il a une voix géniale. Ted (Fred Astaire) est plus extraverti et il danse admirablement bien les claquettes. Lorsque ce dernier vole le cœur de Lila (Virginia Dale), la copine de son ami, Jim choisit de s'isoler en construisant une auberge. De fil en aiguille, il décide d'ouvrir ce lieu quinze jours par années pour offrir des spectacles. Avec l'aide de la jolie Linda (Marjorie Reynolds) qui cherche à percer à Hollywood, le succès est presque instantané. Mais Ted viendra à nouveau brouiller les cartes lorsqu'il s'entichera de la nouvelle flamme de son ancien coéquipier.

Il ne faut vraiment pas s'attendre à une œuvre majeure ou songée en regardant "Holiday Inn". Les situations sont tirées par les cheveux, les bons sentiments apparaissent aux endroits espérés, les morales s'embourbent rapidement dans une naïveté permanente et des évènements se veulent souvent répétitifs. De ce côté, aucune surprise. Mais en tant que divertissement haut de gamme, l'effet est immédiat. Les dialogues sont souvent drôles, l'humour émane d'imbroglios savoureux et la complicité des acteurs est indéniable. Fred Astaire est hilarant en homme imbu de lui-même pendant que Bing Crosby joue davantage la carte de l'honnêteté.

Cet opus est marqué au fer blanc du sceau de Mark Sandrich, un réalisateur qui a tourné 22 films en seulement 17 ans de carrière! Sans atteindre les brios de Top Hat, il faut avouer que l'homme derrière The Gay Divorcee sait utiliser les moyens qui sont en sa possession pour créer l'évènement. Visuellement, son film est un ravissement. Les décors sont superbes, les robes brillent énormément et les numéros de danse sont remplis d'éléments extérieurs qui rajoutent de la féerie. Le noir et blanc est toujours aussi élégant et le niveau des contrastes est excellent. Le plein écran n'est sans doute pas parfait. Quelques égratignures peuvent apparaître et du blocage est présent à des endroits inusités, mais ce n'est rien pour gâcher le plaisir.

Monsieur Love Thy Neighbor utilise également la musique pour créer des séquences inoubliables. Avec l'aide d'Irving Berlin qui a composé un nombre incroyable de succès et de Bing Crosby qui interprète magnifiquement les morceaux, difficile de se tromper. Les mélodies sont associées à des fêtes populaires américaines et le sommet demeure ce "White Christmas" qui apparaît à deux occasions. La piste sonore anglophone est toujours en mono, mais cela n'empêche pas les classiques de sortir avec beaucoup d'intensité. Les bruits sont souvent utilisés à des fins comiques et les voix demeurent presque toujours audibles. Afin de rejoindre un public encore plus large, des sous-titres francophones et espagnols ont été inclus. Malheureusement, l'écriture est un peu trop petite et la couleur blanche se perd aisément.

Comme cette édition est estampillée "Special Edition", l'enrobage est plutôt délicat. Il y a une belle jaquette en carton où de la neige entoure Crosby, Astaire et Reynolds. C'est kitch et efficace. Le menu principal du DVD est en forme de fenêtre avec un montage de gens qui dansent et de la grosse musique ambiante. Les suppléments représentent un quatuor. Les éléments les plus faibles est cette bande-annonce trop longue et le segment de sept minutes "All Singing, All Dancing" qui montre l'envers du décor en demeurant beaucoup trop superficiel. Déjà, la conversation entre l'historien Ken Barnes et Ava Astaire-MacKenzie (la fille de Daddy Long Legs) s'avère nettement plus pertinente. Pendant 44 minutes, ces deux personnes parlent des carrières respectives de Fred Astaire et de Bing Crosby en abordant longuement la période de la Deuxième Guerre mondiale. Les photographies et les vidéos d'archives sont nombreuses et s'il y a plusieurs longueurs, n'importe qui pourra y apprendre des informations intéressantes. Il y a également une piste de commentaires de Barnes qui discute de l'œuvre dans le détail, en expliquant le contexte historique, les enjeux et le travail des acteurs. Sa voix est posée et ses propos, indéniablement documentés. À un tel point que les archives audio ponctuées par Crosby et Astaire sont totalement superflues.

Plus de cinquante années après sa sortie, "Holiday Inn" n'a pas perdu une once de son charme. C'est toujours un plaisir coupable de regarder ces flamboyantes prestations de danse et de chants. Le charisme des protagonistes est évident, les décors font rêver et la trame sonore s'avère une réussite sur toute la ligne. Même les bonus, sans être incroyables, demeurent tout à fait acceptables. L'évasion vers les vacances peut finalement commencer.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio7