Indochine: Hanoi
Remstar

Réalisateur:
Année: 2007
Classification:
Durée: 110 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 septembre 2007

Indochine a réussi à renaître de ses cendres! Le groupe français phare des années 1980 qui est tombé bien bas la décennie suivante n'est pas mort et enterré. Bien au contraire. Depuis les succès (mérités) de l'album Paradize et ceux, beaucoup plus contestables, de l'ordinaire disques double Alice & June, un nouveau bassin d'adolescents découvrent la formation qui a déjà fait les premières parties de Taxi Girl et de Depeche Mode. Avec leur récent DVD "Hanoi", le chanteur Nicola Sirkis et sa troupe explorent deux facettes de leur musique en revisitant des pièces principalement issues de leur nouveau répertoire.

L'idée, sans être terriblement originale, ne manque pas de mordant. Des vingt chansons jouées, les douze premières seront en format classique (avec l'orchestre philharmonique d'Hanoi) et les huit dernières, en version rock. Une façon de rejoindre le maximum de gens sans nuire aux inconditionnels. Surtout que le concert, enregistré les 6 et 7 juin 2006 au Vietnam, permet à Indochine de faire un retour triomphal dans le pays d'où il a puisé son nom. Malheureusement, le résultat n'est pas toujours à la hauteur et le spectacle, qui ne lève jamais complètement, plaira davantage aux fanatiques qu'à monsieur et madame tout le monde qui ne connaissent que les gros tubes du groupe.

Dès les premières minutes, le malaise se crée. Un homme et une femme remercient longuement les commanditaires, présentant la formation, se perdant au passage dans les mots. Trop longue attente. Puis Indochine embarque sur scène. Pour la constance et l'énergie, il va falloir repasser, car il n'y en aura presque jamais. La première portion, plus douce, voit les instruments à cuivre et à cordes propulser des symphonies intrigantes, malheureusement désamorcées par des choix musicaux plus qu'ordinaires ("Sweet Dreams", "Pink Water", "Talulla"). Du lot, il y a eu peu de moments forts. Une "J'ai demandé à la lune" très cinématographique, une introduction réussie en "Le péril jaune" et une trop drôle "L'aventurier". Au passage, beaucoup d'oubli, dont une "Mao Boy" qui aurait été mémorable avec tous ces violons.

La deuxième section, plus guitare et batterie, arrive un peu trop tard. Les numéros choisis finissent par se ressembler un peu et s'ils débutent en puissance (langoureuse "Les portes du soir"), c'est pour mieux se terminer en queue de poisson. Le leader a beau adresser quelques phrases au public, son charisme se limite à imiter Robert Smith de The Cure dans ses mimiques et sa coupe de cheveux. Une autre particularité d'Indochine est leurs textes, plus que limités. Est-ce surprenant que la voix de Sirkis se fait souvent enterrer par le flot d'instruments? À ce chapitre, les pistes audio en Dolby Digital 5.1 et en 2.0 sont correctes, sans plus. Les applaudissements surviennent aisément des enceintes situées sur le côté, mais il y a également trop d'échos des basses qui font vibrer le salon, nuisant parfois aux chansons.

Le rendu vidéo laisse également à désirer. Malgré la présence d'images brouillées et de textures en noir et blanc qui amènent un peu de fraîcheur, les couleurs manquent souvent d'éclat. Les nombreuses caméras utilisées ne sont pas de qualité égale et lors des vues aériennes, le grain s'accapare de tous les instants noirs et ce, pendant un très long moment. De quoi faire oublier ces intéressants éclairages en rouge et en bleu. Ce combat entre le beau et le laid se répercute même au niveau de la présentation. Visuellement, la pochette est sublime. Une jolie fille qui ressemble à une poupée est couchée, regardant devant elle, comme un fantôme en quête d'âme. Les couleurs, foncées sans être trop gothiques, séduisent, rendant cependant un peu trop ardue la lecture des titres au verso. Étrangement, le menu principal du disque se retrouve aux antipodes. Sur un fond brun qui n'évoque strictement rien (hormis la mention "Hanoi"), il n'y a que deux icônes statiques : accéder au concert intégral ou changer le son. Pour un DVD de musique, il n'y a aucune mélodie pour accompagner la navigation. Et il n'est même pas permis d'accéder directement aux pièces de son choix...

"Indochine : Hanoi" est plus une curiosité qu'autre chose. Le spectacle est mou, la prestance de Nicola Sirkis laisse à désirer et plusieurs des numéros choisis finissent par se ressembler. Néanmoins, il y a d'excellentes chansons, des classiques qui ne peuvent que rappeler des souvenirs aux gens qui ont déjà vu le groupe culte sur scène. Une bonne idée (allier le classique au rock) utilisée de façon un peu paresseuse.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments-
Vidéo5
Audio6