Né en 1942 à Covington au Tennessee, Isaac Hayes a commencé à chanter dès l'âge de cinq ans et a appris par lui-même le maniement du piano et du saxophone. En 1964 il signe chez Stax Records comme auteur-compositeur-interprète et s'associa avec David Porter pour créer les chansons que "Hold On I'm Comin", "Soul Man" et "When Something Is Wrong With My Baby" pour le duo Sam and Dave ainsi "B-A-B-Y" pour Carla Thomas en plus des arrangements des pièces "I Had A Dream" et "I Gotta Love Somebody's Baby" de Johnnie Taylor. Il composa plusieurs musiques de film, dont sa plus populaire pièce, le thème de Shaft pour lequel il a remporté un Oscar en 1972. C'est bien beau tout cela, mais la majorité de plus jeunes le connaissent comme étant la voix anglaise du personnage "Chef" dans South Park.
On le surnomme la vraie légende du soul au derrière de la pochette du DVD "Live At Montreux 2005". Ce document musical capture cinq décennies de carrière, l'un de ses nombreux passages à ce festival très prisé. Il performe ses meilleures chansons, mais malheureusement, aucune d'entre elles ne m'inspire. Ce n'est vraiment pas le genre de musique qui me plaît et quelques membres du public suisse semblaient se demander aussi ce qu'ils faisaient là. Seules deux pièces me disaient quelque chose, dont "Ellie's Love Theme", et encore. Heureusement, l'ensemble se termine par la pièce de résistance, le thème de Shaft. Nous sentons que c'est ce moment que la foule attendait.
Hayes fausse un peu au piano et plus le spectacle avance, plus sa voix s'affaiblit. Un moment donné, je me demandais s'il n'était pas sous l'influence de l'alcool ou bien complètement envoûté par sa propre musique. Mais une chose est certaine, ses musiciens s'amusent beaucoup. Nous n'avons qu'à regarder le guitariste (Charles "Skip" Pitt) qui sourit sous chaque "wah-wah" que sa guitare produisait sous cette sonorité des années 70. Sur la septième piste, l'homme installé à la batterie (James Robertson) nous montre de ce qu'il est capable (entre le vraiment poche et l'intéressant). Malheureusement, Hayes est trop occupé avec ses paroles déprimantes pour nous présenter ses musiciens. Entre quelques pièces, il nous assomme avec un monologue qui ne mène pas très loin.
Comme la majorité des concerts filmés à Montreux, l'image est très belle, mais avec l'éclairage de scène, certains angles montrent de l'accentuation de contour assez prononcé. Côté audio, il y a très peu de différence entre la piste Dolby Digital 5.1 et la DTS 5.1, si ce n'est qu'un jeu de cymbale plus détaillé dû au plus grand débit numérique de cette dernière. Le menu est simple et contient des transitions animées. Il n'y a pas de supplément sur ce disque, mais nous pouvons compter sur un encart qui résume la carrière d'Hayes et le spectacle.
Ce DVD est proposé exclusivement aux amateurs de Hayes ou de musique soul (et je ne leur suggère même pas l'achat). Les autres vont s'y ennuyer en attendant la pièce finale qui n'est finalement pas mieux réussie que les autres numéros offerts par Isaac Hayes.
| Film | 3 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |