Kurt Cobain: About a Son
Shoot! Factory / Sidetrack Films

Réalisateur: AJ Schnack
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 135 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 4
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Sébastien Cassou
23 février 2008

Chaque génération de jeunes adolescents a ses héros tragiques et ses martyrs musicaux. Après les décès tragiques des icônes hippies Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison à la fin des années 60, de celle du guitariste et leader des Sex Pistols, Sid Vicious, à la fin des années 70, on dût attendre plus de dix ans avant que naisse un nouveau symbole de rébellion. Le suicide de Kurt Cobain, guitariste, chanteur, auteur-compositeur et leader du groupe éphémère Nirvana donna son nouveau martyr à la génération des années 90, la génération X.

Avec la sortie du DVD "Kurt Cobain : About a Son" le réalisateur AJ Schnack a fait un pari dangereux, mais courageux: raconter l'histoire de cette comète qui bouleversa le paysage musical plutôt conservateur du début de la décennie en utilisant seulement les bandes audio d'une série d'entrevues que Cobain accorda au journaliste Michael Azerrad lors de la recherche pour son livre "Come As You Are : The Story of Nirvana". Il n'y a donc aucune entrevue d'amis, de collègues musiciens, de famille ni de spécialistes. Pas non plus d'images d'archives du groupe, de photos de jeunesse, de performances en concert. Seulement la voix de Cobain enregistrée à l'aide d'une petite enregistreuse pour journalistes, et une mosaïque d' images contemporaines variées des villes où Cobain habita sa vie durant. Des rues de Seattle, des jeunes musiciens de square, des gens dans des cafés, des travailleurs forestiers d'Olympia, des restaurants, des commerces, des paysages au petit matin, etc. Ces images (généralement superbes) servent à illustrer la petite vie quotidienne moderne du coin des États-Unis d'où venait Cobain. Elles ont souvent un vague rapport avec le sujet du monologue de Cobain, mais servent surtout à meubler et à illustrer le côté ordinaire de l'existence humaine et le contraster avec la vie marginale du chanteur. On a même ajouté quelques moments d'animation en certains endroits, soit pour enjoliver une image ou pour servir de transition entre deux sujets disparates.

Encore une fois, avec "Kurt Cobain : About a Son" on est très loin de la musicographie genre Musimax. On est plutôt en présence d'un auto-portrait intime de cet être troublé et parfois excessif. Il parle sans gêne de sa maniaco-dépression, de sa dépendance à l'héroïne, de sa paranoïa face à l'humanité, de ses frustrations, de ses amours, de sa relation avec les deux autres membres de Nirvana. Mais aussi de sa jeunesse, ses rêves, sa paternité, sa célébrité, sa philosophie de la vie et sa vision des multinationales du disque.

Cette plongée privilégiée dans la tête d'une des figures les plus intéressantes de la musique rock de la fin du vingtième siècle est fascinante pour les amateurs de Nirvana ou les mélomanes curieux de comprendre un peu mieux ce créateur, mais sera un peu trop étrange pour les autres. L'absence totale d'images du groupe (sauf des photos en épilogue) et même de leur musique (la trame musicale est composée d'extraits de chansons de groupes favoris de Cobain, comme David Bowie, Queen, Iggy Pop et Butthole Surfers), en font un document un peu trop inaccessible pour un public profane.

Au niveau de la qualité vidéo, les très belles images modernes de Seattle et des environs furent bien traitées pour le transfert DVD. On retrouve une belle luminance, une excellente balance des couleurs, et des contours bien définis sans être trop crus. Pour l'audio, la qualité douteuse des bandes enregistrées par le journaliste Azarred (qui ne devaient être utilisées que comme référence pour l'écriture de son livre) en font un documentaire un peu étrange à écouter. Cette voix caverneuse qui sonne comme un enregistrement d'outre-tombe en énervera plus d'un. On a même quelques minutes de dialogue prises sur des enregistrements de conversations téléphoniques entre Azarred et Cobain, qui sonnent encore plus mal que les entrevues principales.

En suppléments on retrouve deux revuettes, une discutant de la genèse du projet avec des entrevues de Michael Azarred et du réalisateur, et une contenant des comparaisons entre des images filmées par le réalisateur lors du repérage pré-tournage et les images finales utilisées dans le film. De plus, on a aussi certaines séquences sélectionnées avec un commentaire du réalisateur.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio5