MGM American Movie Musicals
Hair / De-Lovely / A Chorus Line
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Réalisateurs: Milos Forman / Irwin Winkler / Richard Attenborough
Année: 1979 / 2004 / 1985
Classification: PG / PG / 14A
Durée: 121 / 125 / 118 minutes
Ratio: 1.85:1 / 2.35:1 / 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (Mono) / Anglais (DD51), Français (DD20), Espagnol (DD20) / Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol (sauf "Hair")
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (1 DVD-10 + 2 DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 octobre 2007

Les comédies musicales ne meurent jamais. Comme les westerns, on les pense enterrées et elles ressuscitent sans cesse des morts. Ce coffret de MGM intitulé "American Movie Musicals" ne met pas en scène des classiques du genre, mais plutôt trois films contemporains qui ont tout d'abord commencé sur Broadway avant d'envahir le cinéma. L'excellence côtoie donc le plus ordinaire.

Le "Hair" du vénérable Milos Forman est facilement le meilleur récit du lot. Cette opus de grande classe, sorti quatre années après l'extraordinaire One Flew Over the Cuckoo's Nest du même réalisateur, est une apologie de la paix et un pamphlet léger et critique contre la guerre. Dans les années 1960, Claude (John Savage) arrive à New York, il rencontre une bande d'hippies menée par Berger (Treat Williams) et il tombe amoureux de la bourgeoise Sheila (Berverly D'Angelo). Son temps est toutefois de courte durée, car il doit bientôt s'engager dans l'armée pour partir vers le Vietnam. Cet essai, facilement un des meilleurs du genre à avoir été tourné dans les quarante dernières années, ne prend jamais le chemin de la futilité pour parler des maux de cette Amérique, explorant le racisme, la consommation de drogue, l'enrôlement obligatoire et la marginalité avec une bonne humeur constante. Tout cela avec des numéros époustouflants issus de décors naturels et des tubes mélodiques trop accrocheurs. Pour une rare fois, la transposition sur grand écran est supérieure que la pièce elle-même.

Pour sa part, le "De-Lovely" d'Irwin Winkler est la création la plus récente (2004) à avoir pris d'assaut le grand écran. Elle est également la moins convaincante. Il s'agit d'une biographie romancée de la carrière du compositeur Cole Porter (Kevin Kline) qui a conquis Broadway et Hollywood, sacrifiant au passage sa relation avec son épouse Linda (Ashley Judd). Ce très long-métrage assez conventionnel voit le présent et le passé se chambouler, faisant disparaître la moindre trace de suspense. Même si les numéros dansants soulèvent des sourires, que la performance de Kline est truculente et que la bande son propose des performances de Robbie Williams, Alanis Morissette, Sheryl Crow, Diana Krall et Elvis Costello, le récit ne captive jamais réellement, s'embourbant dans les lieux communs. C'est Beyond the Sea en plus ronflant.

Après le difficile tournage de Gandhi et tous les prix remportés, Richard Attenborough a décidé de prendre un congé de quelques années. Pour son retour derrière la caméra en 1985, il adapte la pièce "A Chorus Line" originellement créée par Michael Bennett. Pendant que Zach (Michael Douglas) doit choisir les huit danseurs et danseuses de son prochain corps de ballet, une personne qu'il connaît très bien (Alyson Reed) revient le relancer pour obtenir une audition. Dans ce film qui se déroule presque entièrement dans une même pièce, les gens se mettent à chanter et à faire des claquettes pour des riens. Si les airs utilisés font beaucoup de bien et que les chorégraphies finissent par faire sourire, la mise en scène s'avère limitée et le propos s'épuise assez rapidement. Les acteurs, relativement en forme, sont souvent enfermés dans des personnages unidimensionnels. Divertissant à défaut d'être très soutenant.

Les différents longs-métrages offrent de belles images qui n'ont pratiquement jamais vieillies. Les couleurs, qui ressortent facilement, demeurent tout de même foncées, et elles ne brillent pas nécessairement pour leur éclat. Le noir et blanc de "De-Lovely" est toutefois très élégant. Du blocage peut s'évader de quelques gilets et les égratignures de certaines séquences, mais ces inconvénients s'avèrent minimes. La définition des contours est très acceptable et les contrastes demeurent justes et parfaits, ni trop blanc ni trop noir.

Malgré les qualités cinématographiques de certains titres, la musique vole la vedette et c'est ce qui est primordial pour des comédies musicales. Si tous les goûts sont dans la nature, il est aisé d'embarquer dans les différents numéraux qui sont généralement allumés et efficaces. Les trois productions comportent toutes une piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 qui utilise efficacement les différentes enceintes en les envahissant de bruits de toute sorte. Les autres pistes en français et en espagnol sont correctes, si ce ne sont ces traductions qui laissent parfois à désirer. Les voix se font pourtant souvent enterrer par le flot de notes. Pour remédier à la situation, il ne faut surtout pas hésiter à insérer de très visibles sous-titres blancs.

Le coffret est à l'effigie des trois pochettes originales. Un groupe de hippies pour "Hair", un numéro de danse du côté de "De-Lovely" et une fille dorée chez "A Chorus Line". Gentil à défaut d'être transcendant. Les différents menus principaux des DVD offrent des montages rapides de quelques scènes sur fond de musique rythmée. Les suppléments varient selon les titres. Pour l'œuvre de Milos Forman, il n'y a presque rien. Qu'une gentille bande-annonce et une multitude de posters décoiffant.

Tout le contraire de celle de celle de Irwin Winkler qui offre une pléiade de bonus. Il y a tout d'abord deux pistes de commentaires. La première, celle du réalisateur Irwin Winkler et de Kevin Kline, est pertinente à défaut d'être très vivante. Les tons de voix des deux intervenants gâchent beaucoup le retour sur certains détails, que ce soit le style glamour ou l'apport des maquillages. La seconde met toujours en vedette le timbre vocal du cinéaste qui est cette fois accompagné du scénariste Jay Cocks. Celle-ci est la bonne avec des discussions plus pointues mais également plus animées sur les nécessités de rester collé à l'époque. Il y a ensuite quatre documentaires. Celui sur le tournage s'attarde entre autre à l'influence du personnage et au contexte historique. Révélateur. Un autre revient sur les choix musicaux et l'apport des différentes vedettes. Plus utile que ces deux anatomies de scènes ("Be a Clown" et "Love For Sale") où l'exploration derrière la caméra se veut très timide. Neufs scènes retranchées permettent de constater que le tout aurait pu être encore plus long. Ces séquences, sans être inutiles, sont largement résumées dans la version finale. Le tout se termine avec différentes bandes-annonces et quelques publicités.

La sélection de Richard Attenborough propose seulement une entrevue - plutôt intéressante - de vingt minutes avec Marvin Hamlisch, le concepteur de la musique. L'homme parle de son parcours, de ses succès et de son processus de création, ne lésinant pas les détails sur les transpositions de Broadway à Hollywood.

Comme la majorité des coffrets qui offrent des choix de cinéastes différents, "American Movie Musicals : Hair / De-Lovely / A Chorus Line " est plutôt inégal. Le talent certain de Milos Forman transforme "Hair" en un feu roulant de joie qui n'a rien à envier au récent et copieur Across the Universe. La déception est plus grande pour "De-Lovely" qui n'arrive pas à utiliser sa magnifique distribution de façon équivoque. Entre les deux, il y a "A Chorus Line", une œuvre aussi facile à aimer qu'à oublier. Trois titres qui s'imposent tout d'abord pour leur trame sonore et ensuite, peut-être, pour leurs qualités artistiques.


Cotes

Film8/4/6
Présentation5
Suppléments1/6/2
Vidéo6
Audio7