New York, New York
30th Anniversary 2-Disc Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Martin Scorsese
Année: 1977
Classification: PG
Durée: 163 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
1er décembre 2008

Si 2007 a son "Grindhouse", qui honore le cinéma d'horreur des années 70, 1977 possède une équivalence en hommage aux vieux films des années 50 avec "New York New York". Véritable feu roulant de numéros de Jazz, Blues, parsemé d'une intrigue à faire pâlir Moulin Rouge, Martin Scorsese signe ici l'un de ses cinq chefs-d'œuvre. Et que dire des interprétations pleines d'entrain de Lizza Minnelli et Robert DeNiro qui sont tout simplement renversantes. Un film qui vaut le détour et une édition rendant hommage aux talents impliqués.

Jimmy Doyle (DeNiro) est un joueur de saxophone, peinant à trouver un milieu stable où il peut exercer sa passion. Le jour de la Victoire, en 1945, ce dernier rencontre une jeune femme nommée Francine Evans (Minnelli). Tous deux appartiennent à des univers diamétralement opposés, ce qui provoque parfois des étincelles. Seulement, l'amour, comme Jimmy l'espère, ne naît pas toujours du premier regard ou de la première approche. Lors d'une audition pour jouer dans un club, Jimmy découvre les véritables talents de Francine, qui est en réalité une chanteuse douée doublée d'une danseuse hors pair. Leur aventure en duo les propulsera dans les hautes sphères des clubs les plus prisés, les plus achalandés, faisant salle comble presque partout. L'amour naît bel et bien entre Jimmy et Francine, seulement, leurs origines se mettent de la partie et ce qui a débuté par un sentimental conte de fées se transforme bientôt en réalité mordante : les fins heureuses ne sont que pour les stars.

Drôle, imprévisible, touchant, marquant, simple, minimaliste, expressionniste, le film de Martin Scorsese implante le réalisateur ainsi que toute son équipe pour hisser le résultat au sommet des plus grands films des dernières 30 années. Les décors, fabriqués à la vieille manière des années 50 et la caméra se la jouant au minimum de mouvement, achèvent de compléter l'illusion d'un faux film des années de l'après-guerre. Le rythme du film, lent et introspectif, nous permet de nous investir pleinement dans les personnages, découvrant leurs défauts et leurs qualités dans les non-dits judicieusement positionnés. Nous avons affaire à un grand film et la photographie du regretté Laszlo Kovacs (décédé tard en 2007, il est notamment responsable de la cinématographie de Ghostbusters) s'adapte parfaitement aux propos se déroulant. DeNiro nous prouve encore une fois qu'il est l'homme de la situation dans le rôle du saxophoniste égocentrique, jouant avec sensibilité, tension et finesse dans un rôle presque de composition, si ce n'était de l'éternel fantôme de Godfather planant sur lui. Cependant, volant la vedette pour s'arracher le premier nom en tête d'affiche est Lizza Minelli, troublante, fragile, forte, sensuelle, belle et naturelle, presque hantée par la perfection, interprétant Francine Evans avec une justesse honorant son personnage, le rendant humain et tridimensionnel. Les numéros de danse et de chorégraphie sont très adéquats, performants, énergiques et dissimulent sous leurs paroles les véritables propos du film, affirmant que ces deux êtres amoureux ne peuvent s'acoquiner très longtemps. Rien n'est à refaire dans ce film qui est tout simplement une merveille, un diamant du cinéma suffisamment poli pour être exposé et admiré par tous (Hé les autres sites de critiques, voici ce qu'un illettré peut faire avec un BAC en littérature).

En terme de suppléments, nous avons droit, pour le premier disque, à la même édition que celle de 2004, la preuve étant l'image sur le DVD qui est similaire. Nous avons donc une galerie d'images, des scènes alternatives et coupées, une introduction de Scorsese ainsi qu'une piste très illuminante du réalisateur accompagné d'un critique, Carrie Rickey. Le second disque propose une entrevue commémorative en deux parties dans laquelle les principaux entretenus discutent des aspects qui les ont le plus marqués, un segment laisse la place à Lizza Minnelli pour exprimer ses sentiments et souvenirs face à son expérience sur un tel film et un montage de scènes commentées par le directeur de la photographie termine le second disque. Que dire de plus sinon qu'il s'agit d'une addition parfaite à un film qui ne l'est pas moins?

Le premier disque offre un menu principal animé de scènes du film se déroulant au bas de l'écran et musical. Les autres pages demeurent fixes et muettes. Le second disque du coffret n'a qu'une page montrant Lizza Minnelli dans sa robe rouge, ce qui suffit à pallier au mutisme et l'immobilité des menus. L'image resplendit de ses plus beaux atouts excepté vers la finale lorsque les scènes de nuit font ressortir un grain un peu trop omniprésent ainsi qu'une certaine déflagration dans la colorimétrie. Malgré cela, tout le reste du métrage est fluide. Les actions sont précises et la définition de chaque scène est excellente. Un beau travail qui n'a d'égal que sa piste sonore. Ici, les airs de musique s'envolent, font littéralement croire à cette époque d'un New York fictif et imaginaire. On note toutefois et avec un certain regret l'absence d'une piste sonore en français, qui n'aurait pas due être omise pour commémorer cette édition 30ème anniversaire.

"New York, New York" n'est rien de moins que le témoignage poignant d'un réalisateur envers une époque révolue du cinéma, cette période qui lui a fait apprécier les films pour ce qu'ils étaient malgré leurs défauts. En réinventant le genre, Scorsese est également parvenu à revigorer sa direction d'acteurs, offrant des moments d'introspection auparavant jamais atteints par lui, permettant une crédibilité de tous les instants chez les acteurs incarnant les personnages aussi mémorables que le film. Plus qu'un diamant du cinéma, et si l'anglais ne vous fait pas défaut, une édition à se procurer de toute urgence.


Cotes

Film10
Présentation7
Suppléments10
Vidéo8
Audio8