A Night at the Family Dog: A Ralph J. Gleason Rock Classic
Eagle Rock Entertainment

Réalisateur:
Année: 1970
Classification: NR
Durée: 58 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, DDST, Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
10 août 2007

Le comédien Robin Williams disait à propos des années soixante: "si vous vous en rappelez, c'est que vous n'y étiez pas vraiment!". Il faisait bien sûr référence aux abus de drogue qui ont fait que beaucoup de participants actifs de cette période n'ont qu'un souvenir vague de ce qui s'est vraiment passé. La Californie, et plus particulièrement San Francisco, était au cœur de ce mouvement d'éveil et d'expérimentation de toutes sortes. Le "Summer of love" est parti de Haight Ashbury, un croisement de rues où beaucoup de jeunes se réunissaient pour fumer des joints et prendre de l'acide en écoutant les gourous hippies (comme Ken Kesey) prêcher l'amour et la paix et les groupes locaux jouer pendant des heures les mêmes notes! C'est ainsi qu'est né le rock psychédélique dont les maîtres furent sans contredit Jefferson Airplane et The Grateful Dead. Un autre groupe de la région qui connût un succès monstre dans un registre légèrement différent, plus rock latino, fut Santana mené par Carlos un Mexicain émigré dans la région.

Le DVD "A Night at the Family Dog" réunit en concert, en février 1970, ces trois groupes de Frisco pour une captation télévisuelle locale. Chacun y joue deux chansons (mais c'était l'époque ou une chanson pouvait durer douze minutes sans que personne s'offusque!) sauf The Dead qui en font trois. Santana ouvrent le bal avec "Incident at Neshabur" puis enchaîne avec l'intemporel "Soul Sacrifice", morceau qui fit leur renommée à Woodstock. Le groupe est à son meilleur, entre son premier album éponyme et la venue imminente de "Abraxas" leur plus grand vendeur de tous les temps. La section rythmique composée du batteur de dix-sept ans Mike Shrieve (qui en avait seize à Woodstock!), de Dave Brown à la basse et des percussionnistes Mike Carabello et Jose "Chepito" Areas fait littéralement décoller la foule par son énergie incroyable. Carlos y va de quelques solos planants et Greg Rollie ponctue le tout à l'orgue B3. L'acide coule à flot et les spectateurs dansent avec le sourire béat et les yeux vitreux...

The Grateful Dead suivent avec "Hard to Handle", "China Cat Sunflower" et "I Know You Rider". On retrouve le groupe dans sa formation légendaire avec Jerry Garcia, Mickey Hart, Phil Lesh Bob Weir et le regretté Ron "Pigpen" McKernan (qui décéda trois ans plus tard de problèmes de foie dus à son alcoolisme). Les pièces sont tirées de leurs récents albums Anthem of the Sun et Aoxomoxoa. C'est ensuite le Jefferson Airplane avec "The Ballad of You and Me and Pooneil" et "Eskimo Blue Day". Ici aussi le personnel est la version la plus connue du groupe avec Grace Slick, Marty Balin, Paul Kantner, Jorma Kaukonen, Jack Casady et Spencer Dryden. Tout le monde semble bien gelé comme à l'habitude et la performance ne semble pas affectée. On pourrait même parier que l'Airplane connut ses pires concerts dû à un manque de drogue!

Le concert se termine sur un long jam (autre marque de commerce de l'époque qui disparut en même temps que le LSD et qui laissa sa place au format radio où les chansons ne peuvent dépasser quatre minutes et se doivent d'être mélodieuses) avec entre autres Carlos Santana, Jerry Garcia, et Jorma Kaukonen, Jack Casady et Paul Kantner de Jefferson. On y trouve quelques moments intéressants, mais il y a trop de monde sur la scène (trop de guitaristes entre autres) et le tout est un peu confus et manque de direction.

Au niveau audiovisuel, c'est le désastre quasi total! La portion vidéo est horrible, avec du déchirement, des couleurs qui bavent, des flous, des stries lors des mouvements brusques de caméra, etc. De plus, les caméramans (et l'aiguilleur) étaient sûrement aussi gelés que les participants, car on se retrouve avec des plans pourris, où le sujet est souvent obstrué par un autre musicien de dos. On a même inséré quelques ralentis pour faire trippant (c'est kétaine en fait), mais on a raté notre coup en insérant ces moments n'importe où. Par exemple, on voit Carlos Santana en plein solo alors qu'il n'y a pas de guitare dans l'extrait musical! On a même un plan d'un spectateur rattachant ses culottes et trois ou quatre minutes de ralenti d'une belle hippie dansant pendant la performance de The Grateful Dead. Pour l'audio, le son complet est beaucoup trop assourdi et un peu cacophonique parfois. On arrive tout de même à distinguer assez bien l'ensemble des instruments (sauf lors du jam), mais les voix sont quelque peu étouffées par la musique. Il n'y a pas de suppléments sir ce DVD.

"A Night at the Family Dog" reste un document d'archive intéressant pour les fans de la musique de l'époque, mais le DVD de Woodstock est de loin plus complet et de meilleure qualité audiovisuelle.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments-
Vidéo4
Audio6