Lors de sa sortie en 1936, "Pigskin Parade" multipliait les évènements. C'était une des premières productions d'un nouveau studio intitulé 20th Century Fox, une façon innovatrice de faire de la comédie musicale et un rôle d'introduction pour Judy Garland, une jeune fille de 14 ans qui allait marquer son époque.
Afin de trouver un adversaire à l'Université Yale au traditionnel match de football, des organisateurs décident d'envoyer la minuscule Université du Texas dans la mêlée. Sauf que cet endroit est loin d'avoir une équipe très professionnelle. Qu'à cela ne tienne, un nouvel entraîneur (Jack Haley) et son épouse (Betty Grable) qui porte les culottes vont trouver et motiver des joueurs à un style de jeu inédit. Lorsque la vedette du club se blesse malencontreusement, la pression est mise sur l'agriculteur Amos (Stuart Erwin) pour qu'il joigne les rangs. Cet homme simple hésite, mais sa jeune sœur (Judy Garland) le convainc de rester...
Cette joyeuse comédie musicale conçue pour les adolescents risque d'amuser plusieurs adultes. L'histoire, d'une simplicité déconcertante, n'est qu'un prétexte à une accumulation de rire et de moments cocasses. À ce niveau, le duo choisi est d'une efficacité à toute épreuve. Le lunatique Jack Haley et la rouspéteuse Betty Grable incarnent parfaitement l'eau et le feu. Ce noyau n'arrête pas de s'engueuler et leurs prises de bec s'avèrent souvent jubilatoires. Autour d'eux, il y a plusieurs personnages stéréotypés à usage unique, dont le plus drôle s'avère être un communiste enragé qui cherche à détruire toutes les traces du capitalisme.
Le scénario est peut-être aussi mince qu'une feuille, mais c'est pour mettre en valeur les fabuleux numéros musicaux. Les chansons entamées ici et là ne comportent pas de paroles très recherchées et c'est justement ce qui fait leur charme. Les voix, toujours très audibles, vont de la chorale au solo, dont le plus mémorable est sans aucun doute le "It's Love I'm After" de l'énergique et lumineuse Judy Garland. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 est pratiquement imperceptible. Cela n'empêche pas différents bruits de ressortir convenablement. Même si la majorité de la trame narrative se déroule au Texas, l'accent ne cause aucun souci. Dans le pire des cas, il y a de très beaux sous-titres jaunes en français, en anglais et en espagnol.
Ce film réalisé par David Butler au milieu des années 1930 ne peut que souffrir du poids des années. Le grain et les égratignures se mélangent souvent, ce qui donne des débuts de scènes un peu archaïques. Cependant, le plein écran laisse suffisamment de place aux détails, alors qu'il est aisé d'oublier les quelques imperfections qui handicapent les images en noir et blanc. La restauration a nécessité 81 heures et le résultat est perceptible à l'écran, à condition de laisser la chance au coureur et de ne pas juger trop rapidement.
La pochette, très colorée, est dans des tons de jaunes et d'orangés et elle montre quatre visages de comédiens. À l'intérieur du boîtier, il y a un petit livret expliquant le contexte historique où le film a pris l'affiche. Il y a également quatre très belles cartes postales en sépia à l'effigie... de On The Riviera, le remake quelconque d'un autre remake. Curieuse idée de vanter à ce point un autre produit lorsque celui en main est si supérieur. [Peut-être qu'il y a eu erreur sur l'insertion du paquet de cartes.] Le menu principal du DVD est beaucoup plus ordinaire avec son absence totale de son et de mouvement.
Même s'ils ne durent pas très longtemps, les suppléments s'avèrent assez instructifs. Il y a tout d'abord un documentaire qui traite des acteurs, des carrières qui ont été lancées et de la façon de tourner du réalisateur. Ensuite, la fille de Judy Garland parle de sa mère, de son insécurité face aux rivales qu'elle trouvait plus glamour et des liens entre le studio MGM et celui de Fox. En parlant de ce major, il y a un segment qui porte sur Darryl F. Zanuck, le créateur de la Twentieth Century Pictures. Cette petite séquence des plus révélatrices relate qu'il gagnait pas moins de 500 dollars par semaine en 1925! Finalement, il y a quatre galeries statiques et sans musique d'affiches et de photographie et des séances de comparaison entre des plans restaurés et d'autres qui ne le sont pas.
Malgré son synopsis extrêmement maigre, "Pigskin Parade" remplit allègrement ses objectifs. Le divertissement est conséquent, la distribution réunie laisse un sourire sur la bouche et la découverte d'une jeune Judy Garland qui possédait déjà une voix enchanteresse est un immense bonheur. Ça ne va pas très loin, sauf qu'il y a plusieurs séquences drôlement fignolées. Comme cet homme qui joue de l'harmonica en faisant des bruits de chien ou cette façon de toujours ridiculiser le Texas dans une dichotomie entre le Nord et le Sud des États-Unis.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |