Robert Plant & The Strange Sensation
Sound Stage
DEP Distribution / Universal Music Canada / HD Ready LLC

Réalisateur: Joe Thomas
Année: 2005
Classification: G (QC)
Durée: 66 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, PCM Stéréo)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
10 décembre 2006

Il est parfois inquiétant de voir les vieux dinosaures du rock des années soixante-dix s'accrocher à leur popularité de l'époque pour continuer à s'engraisser la panse en faisant des concerts et des albums ressassant leurs vieux succès. C'est même inquiétant de voir à quel point la nostalgie est devenue si lucrative. L'avènement du DVD y a bien entendu contribué grandement. On ressort maintenant plein de vieux enregistrements de groupes fétiches des années 50 à 80, souvent de qualité douteuse, et ce, autant au niveau audio que vidéo, et on en fait un DVD vite fait au succès garanti. Heureusement, de temps à autre, on prend vraiment la peine de rechercher les meilleures performances du groupe, avec la meilleure captation faite à l'époque, on retravaille le tout pour nettoyer la pellicule et le son et on se ramasse avec un morceau d'histoire de la musique rock qui est autant fascinant pour les fans ayant connu le groupe que pour les néophytes. Ce fût le cas récemment avec le coffret DVD de Led Zeppelin ou avec le CD/DVD anniversaire de London Calling des Clash.

On avait bien peur qu'avec ce nouveau DVD d'un concert récent de Robert Plant, ex-chanteur du méga-groupe Led Zeppelin, on se soit contenté d'une simple affaire de routine pour remplir les coffres du producteur (car je ne crois pas que ce bon vieux Robert fasse ça pour l'argent!). Heureusement pour nous, ce vieux rocker a cru bon de remanier ses vieux succès et de nous les faire redécouvrir au lieu de simplement les réchauffer et nous les resservir platement, et ce même si non seulement ça aurait plu de toute façon, mais puisque ça aurait été la chose la plus facile à faire.

Il s'agit ici d'un concert filmé pour la télévision, pour une émission appelée "Soundstage", où Plant et son groupe "The Strange Sensation" s'appliquent pendant plus d'une heure à nous divertir avec une douzaine de chansons. On a bien sûr droit à quelques classiques de Led Zep, mais aussi à de vieux morceaux comme "Hey Joe" de Jimi Hendrix et "Girl From the North Country" de Dylan. Aussi quelques pièces plus récentes du répertoire de Plant, tirées de ses albums solo.

Le concert débute avec une performance assez dépouillée, quasi-acoustique de "No Quarter" avec percussions et rythme lent. Intéressant. Puis une version presque funk de "Black Dog" et quelques chansons récentes dont la surprenante "Freedom Fries", un texte engagé critiquant la guerre et la stupidité de l'impérialisme capitaliste. Une version épurée de "Four Sticks" dédiée à la mémoire de John Bonham, batteur de Led Zep décédé il y a vingt-cinq ans. Puis quelques autres morceaux honnêtes comme "Gallows Pole", une "Whole Lotta Love" musclée et plusieurs pièces récentes.

Il fait plaisir de voir enfin un Robert Plant plus posé et plus mature, moins extraverti, tant vocalement que physiquement. Loin derrière lui sa jeunesse frivole à jouer les sex-symbols sur la scène et à s'époumoner avec une voix aiguë en criant des "push, push" et en se tordant du bassin (voir ou revoir The Song Remains the Same.) Sa voix a mûri, même si elle a bien entendu perdu un peu de puissance avec l'âge. Ce qui n'est pas plus déplaisant en ce qui me concerne. C'est tout de même intéressant de voir le vieux routier jouer avec un groupe de jeunots et avoir autant de plaisir, et ce, même s'il y a un petit fond blasé à ses airs de vieux freak.

Au niveau audio, un excellent son Surround nous permet de se défoncer les tympans adéquatement même si la piste stéréo est elle aussi de qualité amplement suffisante pour traumatiser les voisins! Le seul petit défaut serait peut-être la balance entre le micro de Plant au moment des présentations entre les chansons et le son lorsque les musiciens jouent. Il semble soit que ce bon monsieur ne parle pas assez fort ou que les musiciens jouent trop fort, mais on a parfois de la misère à entendre les monologues du chanteur si on veut écouter la musique à un volume normal. Au niveau vidéo, si on exclut le style vidéoclip habituel aux captations modernes - c'est-à-dire une multitude de caméras, des plans qui durent un maximum de quatre secondes, des mouvements de grue au dessus de la foule à nous en donner la nausée et des angles extrêmes - on a tout de même une image de bonne qualité. Pas de zones sombres ni d'extrême brillance qui peuvent confondre les caméras. Le tout parfaitement contrôlé. En fait, on voit bien que c'est un concert tourné dans le cadre d'une émission de télé, ce qui donne une liberté au réalisateur et au directeur photo puisque tout est pensé en fonction du tournage au lieu de l'être en fonction de la performance. Comme en témoigne entre autres la rangée de belles filles bien habillées qu'on a mises au premier rang de la foule pour pouvoir faire une multitude de plans de réaction agréables à l'œil pour des téléspectateurs en majorité masculins. Dans la foule, pas de gros rockers barbus avec des t-shirts troués de Led Zep ou de Black Sabbath... Il n'y a aucun supplément, malheureusement.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments-
Vidéo7
Audio7