Après visionnement du documentaire sur le groupe rock britannique Roxy Music, on s'aperçoit, à quel point leur influence dans leur pays d'origine et à l'étranger ont été totalement différentes. Groupe-phare du mouvement glam-rock du début des années 70, les premiers albums de la formation révolutionnèrent le son du rock anglais de l'époque et influencèrent la mode vestimentaire de toute la jeunesse du pays. Des artistes aussi variés que les Sex Pistols, U2, Chic. Siouxie and the Banshees, Duran Duran ou Human League avouent avoir été marqués par le son nouveau de ce groupe d'étudiants en art du nord de l'Angleterre. Par contre, il fallut attendre la fin de la carrière du groupe, début des années 80, avec des albums pop-disco insipides comme "Flesh & Blood" ou "Avalon", alors qu'ils n'étaient qu'une pâle copie d'eux-mêmes pour que l'Amérique embarque dans le train de la Roxymania.
C'est du moins les conclusions auxquelles semblent arriver les différents interviewés du documentaire résumant la carrière du groupe "Roxy Music - More Than This". Faite de façon classique, mais avec beaucoup de respect, cette musicographie retrace les différentes étapes qui déterminèrent la trajectoire de cette formation intéressante. Des deux premiers albums quasi-expérimentaux avec Brian Eno aux synthétiseurs où le groupe essayait des ambiances musicales variées (aussi différentes que Velvet Underground, Kraftwerk, Hawkwind, Talking Heads, Van der Graaf Generator, etc.), en passant par les succès radio variés des albums subséquents et l'importance de l'image du groupe, à la gloire européenne avec des albums comme "Sirens" et son succès hypnotique "Love is the Drug", ce documentaire jette un regard sur une carrière d'une dizaine d'années parsemée de hauts et de bas.
On a retrouvé et interviewé tous les membres actifs du groupe des époques variées (Bryan Ferry, Eno, Phil Manzanera, Paul Anderson, Andy McCay et Eddie Jobson), les ingénieurs de son ou producteurs des albums, mais aussi des journalistes rock et des historiens de la culture qui se penchent sur le phénomène Roxy. On a aussi demandé l'avis d'amateurs comme Bono, John Taylor, Nile Rodgers, Mick Jones ou Siouxie Sioux qui parlent avec grand respect de l'influence du groupe sur leurs propres directions musicales. Ça donne un chouette documentaire, un peu trop bref, qui nous présente une facette importante et méconnue de la formation, nous qui ici en Amérique ne connaissons que leurs albums de fin de carrière. Le titre du film est ironique et bien choisi: "More Than This..."
Visuellement on a un document très propre, à l'image du groupe. Des couleurs claires et pleines, des contrastes bien nuancés et des détails assez nets. L'image est globalement riche et agréable à regarder. Seuls quelques extraits de vidéoclips ou d'émissions de télé d'archives sont un peu moins reluisants. Pour l'audio, une qualité excellente est au rendez-vous. Les entrevues sont bien chaudes et pleines, avec une balance agréable des différentes fréquences. La musique est aussi bien mixée et se mélange agréablement aux dialogues. Même les extraits en spectacle qu'on retrouve sur les suppléments sont d'excellente qualité.
En supplément, des extraits d'entrevues qui n'ont pas été retenus au montage sur des sujets aussi variés que le design des pochettes des albums, les différents bassistes du groupe ou le son particulier de chaque membre de la formation. On a aussi inclus trois morceaux ("Both Ends Burning", "Editions of You" et "Do the Strand") d'un spectacle réunion tenu à Londres en 2006.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |