Soft Machine: Alive in Paris 1970
Voiceprint

Réalisateur: Claude Ventura
Année: 1970
Classification:
Durée: 58 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 604388704200

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Selon Sébastien Cassou
1er février 2009

Pour des raisons variées - un producteur visionnaire, une ambiance particulière, un moment historique précis, etc. - ou parfois dues au pur hasard, il est des villes qui à certaines époques servirent de rampe de lancement pour un courant musical qui révolutionna en partie la musique rock. On pense au Détroit et à son Motown Records, à Chicago et son blues électrique avec Muddy Waters, à San Francisco et son mouvement psychédélique des Jefferson Airplane, Grateful Dead et autres hippies ou à la plus récente explosion Grunge de Seattle avec ses Nirvana, Jane's Addiction et leurs confrères. L'Angleterre connut aussi sa part de villes célèbres dans l'histoire du rock, que ce soit la Manchester des années 80 avec ses Joy Division, New Order et autres enfants de la Factory, ou le Canterbury Sound de la fin des années 60 qui donna naissance au mouvement jazz-rock et à ses porte-étendards comme Caravan, Gong, Kevin Ayers ou The Soft Machine.

Malheureusement, cet hybride de genres qui empruntait sa base au rock, mais son instrumentation et son mode de performance basée sur l'improvisation au jazz ne dura que quelques années et fût vite marginalisé par les médias, les producteurs et même le public qui préféraient des courtes chansons avec mélodie et refrain reconnaissables à de longues impros parfois sans structure propre. Non pas que tous les albums de cette école aient été complètement éclatés, mais plusieurs demandent en fait une écoute plus attentive et un effort intellectuel plus poussé que les albums du reste de leurs contemporains.

C'est peut-être la raison pour laquelle les fans de ce style musical et de cette époque se réjouiront de la sortie en DVD d'un spectacle du précurseur du genre, soit "The Soft Machine - Alive in Paris 1970" avec Mike Ratledge, Hugh Hopper et Robert Wyatt. Enregistré à Paris au théâtre de la Gaîté Lyrique (ou Théâtre de la Musique comme il fut connu par la suite) dans le cadre d'une émission française de 1970 intitulée Pop2 (et dont ce fût le premier "épisode"), ce spectacle met en vedette une variante de la formation qui nous donna l'album Soft Machine 3. Sans la présence du guitariste et membre formateur Kevin Ayers qui avait quitté après le deuxième album, mais avec la présence ajoutée d'un duo de saxophonistes (Elton Dean et Lynne Dobson), cette version du groupe eut la vie plutôt courte - le temps d'une série de quelques concerts en France - et ce document reste donc un témoignage unique de cette époque lointaine.

À l'origine diffusé en deux parties pour se plier aux règles rigides de la télévision locale, ce concert est ici réuni sur un seul disque, nous permettant de savourer la performance du groupe à sa pleine mesure. On débute avec "Facelift", une longue pièce tirée du troisième album, ou chaque membre aura son solo pour se réchauffer et bien ensorceler le public, puis on enchaîne les nouveautés "Eamonn Andrews" et "Backwards/Mousetrap Reprise". La deuxième partie débute avec l'excellente "Out-Bloody-Rageous" de "Third", suivie d'une improvisation vocale du batteur et chanteur Wyatt, pour finalement se terminer avec une autre nouvelle chanson, "Esther's Nosejob". Les protagonistes sont en forme et performent en beauté et à la mesure de leur talent et le public apprécie, restant captif et respectueux tout au long de cette heure de musique différente et réjouissante.

Pour la qualité vidéo, les bandes maîtresses ont souffert passablement du passage du temps et il n'est pas rare de voir des accrocs vidéo ou des bris de la piste de contrôle résultant en un petit moment de flou désagréable. De plus, les couleurs manquent définitivement de profondeur et les détails ne sont pas bien "piqués". Pour l'audio, mêmes constatations: "le temps ne fait rien à l'affaire" comme disait Brassens. Les problèmes techniques de l'époque restent grandement présents dans cette version, incluant l'ajout de faux applaudissements à des moments incongrus et une bande audio généralement unidimensionnelle. Heureusement, l'acoustique de la salle aide grandement à la prise de son en direct et les bandes maîtresses sont passablement propres. Il n'y a pas de suppléments sur ce DVD.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments-
Vidéo6
Audio7