Il s'agit certainement de l'un des films les plus étranges qu'il m'ait été donné de critiquer depuis ces dernières années. Ce n'est ni un documentaire au sens classique du terme, ni définitivement un film de fiction. On pourrait peut-être le qualifier de collage spatio-poétique!?
En fait, pendant une heure et vingt minutes, le réalisateur Tony Palmer a mis bout à bout des images de la conquête spatiale américaine, des premiers essais, ratées incluses, jusqu'à l'accomplissement de la mission Apollo XI en 1969, où deux hommes marchèrent sur la lune. Et comme ce film était une commande de la NASA, la plupart des images de ce montage proviennent directement des archives de l'agence spatiale américaine ce qui fait que beaucoup d'entre elles sont incroyables. De plus, une bonne partie de ces images étaient inédites à l'époque de la sortie du film et demeurent rarement vues jusqu'à ce jour. Pour compléter le tout, on a ajouté quelques extraits de discours de John F. Kennedy sur les débuts de la course vers l'espace et d'une très brève narration, au ton un peu ironique, sur cette folie qui poussait alors l'homme à regarder vers les cieux (peut-être pour ne pas voir le foutoir ici bas!) et à tenter de décrocher la lune.
Comme le montage n'est pas totalement chronologique, cet assemblage d'images disparates ne serait pas aussi cohérent si ce n'était de la trame musicale continue composée et jouée par Mike Oldfield (le petit génie de "Tubular Bells"), mélange d'électronique et d'orchestral, qui donne une forme au tout et qui le lie pour en faire une genre de suite son et images, ou une ode spatio-musicale.
Pour ceux et celles qui n'ont pas suivi les retransmissions de l'alunissage de Neil Armstrong et Buzz Aldrin en direct à l'époque, faute d'être assez âgé ou simplement parce qu'ils n'étaient pas nés, ce "Space Movie" est un bon condensé visuel de cette épopée. Si par contre vous voulez plus d'information, une série documentaire plus traditionnelle comme From the Earth to the Moon serait peut-être préférable. Pour les autres, les curieux de l'espace, "The Space Movie" reste tout de même une expérience unique en son genre.
Au niveau visuel, les images d'origines sont bien sûr de qualité variable, de par leurs diverses provenances. Certaines sont en noir et blanc ou même en infrarouge, résultats de prises de vues des divers instruments à bord des capsules Apollo. Plusieurs extraits sont saccadés, avec une définition minimale, d'autres sont délavés ou poussiéreux . Seule une minorité des images est de bonne qualité. Ultimement, ce qu'elles nous montrent est tellement incroyable qu'on accepte assez bien la qualité décevante de la majorité des documents.
Au niveau audio, la plus grande partie du film étant muette (n'en déplaise à Georges Lucas, il n'y a pas de son dans l'espace ni sur la lune!!!) on se concentre sur la musique planante de Mike Oldfield. Sa contribution est tellement importante en fait que le titre officiel du film est "Mike Oldfield - Tony Palmer : The Space Movie". Malgré quelques défauts dus à l'enregistrement analogique de l'époque, la qualité est très bonne. Beaucoup de chaleur et une belle couleur de tonalité pour cette musique pourtant artificielle de séquenceurs, d'ordinateurs, de transistors et de résistances (celles calculées en Ohms).
En suppléments, une excellente entrevue d'une demi-heure avec le sympathique et humoristique Tony Palmer nous parlant des joies et des difficultés du montage de son film. Dommage que ce soit filmé comme un mononcle l'aurait fait pour une fête de famille!
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |