A Technicolor Dream
Eagle Rock Entertainment

Réalisateur: Stephen Gammond
Année: 2008
Classification: NR
Durée: 156 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
5 novembre 2008

Quand on pense psychédélisme, on pense bien entendu au mouvement hippy de la côte ouest américaine et à son "summer of love". On oublie portant qu'au même moment, en Angleterre, le même phénomène contre-culturel se produisit. À Londres en 1966-67, des groupes comme The Pretty Things (et leur chanson LSD entre autres!) et Pink Floyd première mouture faisaient des ravages dans de petits clubs underground. Partout les jeunes Anglais se révoltaient contre le système et l'ordre établi en essayant de nouvelles drogues, en écoutant de la musique planante et en criant haut et fort leur dissidence face au modèle de société qu'on leur imposait.

L'excellent documentaire "A Technicolor Dream" retrace donc l'histoire du mouvement psychédélique londonien en mettant en scène quelques-uns de ses acteurs principaux. À l'aide d'images d'archives et d'entrevues récentes - dont Nick Mason et Roger Waters de Pink Floyd, Phil May des Pretty Things, Kevin Ayers du Soft Machine, les producteurs de disques et de concerts Joe Boyd et Miles et du touche-à-tout John "Hoppy" Hopkins - on jette un regard rétrospectif sur les tenants et les aboutissants de cette période bouillonnante de l'histoire de la société britannique.

Bien que la plupart des participants semblent aujourd'hui désillusionnés quant à l'ampleur du changement social résultant de ce mouvement, la majorité d'entre eux s'entend pour dire que c'était tout de même une époque vivante! Si on exclut les témoignages des deux membres de Pink Floyd (on apprend que seul Syd Barrett croyait vraiment au vent de changement proposé par cette mini-révolution et que les autres membres du groupe n'aspiraient qu'à devenir des vedettes rock!), le reste des interviewés se remémore cette période avec un amour et une nostalgie évidents. Ce qui le rend le film encore plus intéressant et touchant pour les téléspectateurs.

Le documentaire relate chronologiquement les péripéties d'un petit groupe d'intellectuels, artistes, musiciens et autres marginaux qui tentèrent de faire bouger les choses et de sortir leur société de l'apathie générale dans laquelle elle vivait à l'époque. En organisant une soirée de poésie beat au Royal Albert Hall ou des concerts dans des salles obscures comme l'UFO, en essayant des nouvelles drogues psychédéliques, en s'impliquant dans la fondation d'un journal alternatif comme l'International Times, en ouvrant une librairie underground, ou en coordonnant le super happening "The 14 Hour Technicolor Dream", ces idéalistes participèrent à leur façon à la révolution des esprits qui avait cours en 1966-67. Après la bonne dose d'espoir véhiculée par ces témoignages on est donc triste à la fin du film d'apprendre que finalement la police et l'establishment mirent fin à toute cette utopie en emprisonnant quelques-uns des principaux protagonistes sous de fausses accusations, question seulement de "casser" ces esprits perturbateurs qui commençaient à se faire entendre par trop de gens "normaux". Au trou les pouilleux! Rentrez dans le rang!

Au niveau vidéo, le DVD est d'assez bonne qualité. Malgré le mélange de pellicule 16mm et de vidéo, on arrive assez bien à harmoniser le tout tant au niveau des couleurs, des éclairages et de la définition générale de l'image. Le tout nous donnant un bon aperçu de ce "rêve en Technicolor". Le son aussi est intéressant dans sa composition. On y retrouve un étrange mélange de vieilles bandes mono, d'extraits d'entrevues télévisuelles de l'époque et d'une prise de son de bonne qualité, mais le tout se marie étrangement très bien dans cette perspective de tolérance des différences véhiculée par le propos du film. Comme suppléments, on retrouve trois performances complètes (deux sont en fait des vidéoclips promotionnels de l'époque) de Pink Floyd et Syd Barrett en 1967, soit Astronomy Domine, Scarecrow et Arnold Layne. On a aussi ajouté quelques entrevues intégrales de certains membres clefs du documentaire comme Joe Boyd ou John Hopkins.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments8
Vidéo7
Audio7