En marge d'être un film musical réputé, "The Rose" a surtout fait son chemin dans les bacs des disquaires en tant qu'excellent album de Bette Midler. La chanson titre, qui porte le même nom que le film, a été classée de nombreuses fois en tête de liste des meilleurs vendeurs au début des années 80, sans oublier aussi la version de "When a Man Loves a Woman". Et beaucoup ont vu le film après avoir connu les chansons. Et le succès aidant, nombreux ont cru, à l'époque, que "The Rose" était bel et bien le nom d'une pop star du rock et cherchaient les dates de ses concerts.
L'histoire veut que ce film soit calqué sur la vie de l'artiste Janis Joplin, chanteuse rock à succès de la fin des années soixante, qui était connue pour ses extravagances sur la drogue, les hommes et la bouteille. Ce fut d'ailleurs une overdose qui eut raison de sa vie en octobre 1970, à l'âge de 27 ans. Mark Rydell, dans la piste de commentaires qu'il nous offre, rappelle d'ailleurs ce fait et précise bien que le film n'a aucun rapport avec la vie de Janis Joplin, même si c'était justement une biographie de la chanteuse qui devait être tournée initialement.
Nous retrouvons donc dans ce film Mary Rose Foster (Bette Midler), chanteuse rock connue sous le nom de "The Rose". Elle a beaucoup de succès et doit se donner beaucoup. Elle est connue pour ses exagérations sur les hommes (et aussi semble-t-il une femme), l'alcool et la drogue et surtout son franc-parler qui l'accompagne partout, surtout sur la scène, et qui lui vaut parfois de sévères réprimandes des autorités lors de ses concerts. Son gérant, Rudge Campbell (Alan Bates) essaie tant que possible de la raisonner, mais il sait bien que c'est de toute façon peine perdue. Mais Miss M. est fatiguée. Elle aimerait se reposer au lieu d'enchaîner spectacle sur spectacle jour après jour. Bien entendu, cet ultimatum n'est pas très bien vu par son gérant. Un soir, après s'être fait humilier par un autre grand chanteur, elle s'enfuit et rencontre un chauffeur de limousine, Huston Dyer (Frederic Forrest). Sortie de son monde de paillettes et de faux-semblants, elle va enfin rencontrer un être vrai et sincère, qui ne vit pas pour l'argent ou la gloire. Et ils vont tomber amoureux. Mais Huston n'est pas encore habitué aux caprices de Mary. Et il devra plusieurs fois se combattre contre les anciens démons de la star.
"The Rose" semble être plus un documentaire qu'un film sur la vie d'une artiste, mais un très bon documentaire. Les scènes de spectacle sont enregistrées "en direct" et dès que l'artiste n'est plus devant son public, on se sent comme une caméra-espion qui suit sa vie au dehors, ses rencontres, ses états d'âme et ses colères. La force du film est très certainement dans cette façon d'aborder la vie de l'artiste. Le gérant reste l'élément clé sur les hauts et les bas de la star. Et l'annonce de vouloir se reposer n'est pas bien accueillie par ce dernier. De là à le blâmer pour ce qu'il arrive à Rose, il n'y a bien entendu qu'un pas.
Le produit qui nous est offert sur ce DVD bénéficie d'une qualité d'image moyenne, mais correcte. Certaines scènes sombres sont difficiles à cerner et parfois il y a de légers fourmillements. Côté son, je conseille vivement la piste anglaise en Dolby Digital 4.0. La puissance du son est constante ce qui n'est pas le cas sur la piste française où les passages de la voix à la musique demandent pratiquement un ajustement constant. Les scènes de spectacle sont bien rendues, les éclairages saturés. Le menu est statique.
Dans la partie supplément, outre la bande-annonce originale, on trouve une piste de commentaires du réalisateur Mark Rydell. Il nous apprend comment en trois mois il a monté le "band" de The Rose dans les studios de la Twentieth Century Fox afin de donner vraiment l'impression d'un groupe qui tourne depuis des années et qui se connaît bien (même si je ne trouve pas que cette notion apparaisse beaucoup dans le film). Le réalisateur parle souvent, au début, de Janis Joplin, comme je l'écrivais ci-dessus. Il revient aussi sur des détails techniques du tournage ou encore sur des anecdotes sur les acteurs. Intéressant. Enfin, plusieurs autres bandes-annonces sont aussi disponibles : All that Jazz, For The Boys (où Bette Midler retrouvera douze ans plus tard Mark Rydell et elle gagnera un second Oscar de la meilleure actrice), Marilyn Diamond Collection, Sound of Music et South Pacific.
Ce film constitue pour Bette Midler son premier rôle principal. Et tous sont d'accord pour dire que ce fut un essai transformé. Pour preuve, elle a gagné l'Oscar de la meilleure actrice en 1980 pour ce film, mais aussi la même année deux Golden Globes pour ce film (meilleure actrice pour une comédie ou un film musical et meilleur espoir de l'année) ainsi qu'en 1981 le prix anglais équivalent des Oscars toujours pour son rôle de Miss M dans ce film. Ses prestations musicales sont reconnues et elle se produit encore de nos jours. Ses attitudes dans son personnage de The Rose m'ont toujours fait penser à un Mick Jagger féminin. À vous de juger.
| Film | 9 |
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