Le groupe rock britannique The Who est connu pour nombres de chansons à succès, mais aussi pour son opéra rock Tommy qui fut la première œuvre du genre. Quelques années plus tard, Pete Townshend et sa bande récidivèrent avec un autre album-opéra "concept" qui allait aussi marquer la culture rock, mais cette fois-ci plus localement. L'album "Quadrophenia", la tournée et le film qui s'en suivirent parlaient en effet d'un mode de vie d'une partie de la jeunesse anglaise de la fin des années 50 et du début des années 60 connut sous le nom de "mods" (abréviation de "modernists"). Ces jeunes qui se distinguaient de leur rivaux les rockers aux vestes de cuir noires et mordus de rock'n'roll étaient habillés chics avec des complets sur mesure, des souliers italiens et écoutaient plutôt du jazz, du soul, du rythm & blues et même du ska. Ils aimaient se promener en Vespa (petits scooters italiens) et consommaient des amphétamines à profusion, leur permettant ainsi de veiller tard et de danser sur les rythmes américains des heures durant.
Comme son nom l'indique, le documentaire "The Who, The Mods and the Quadrophenia Connection" se penche donc sur cette page de l'histoire de la jeunesse anglaise. Mais il est vrai que malgré son incursion dans l'aspect sociologique et historique de cette époque, le film se concentre surtout sur l'album "Quadrophenia" et sur son impact nostalgique à sa sortie en 1973. Grâce à une pléiade de critiques musicaux, d'historiens de la musique, de biographes des membres des Who, mais surtout grâce à des extraits du film réalisé par Mark Roddam en 1979 et à des images documentaires du mode de vie "mods" du début des "sixties", le film réussit assez bien à capturer l'ambiance qui régnait à l'époque et le portrait qu'en traça Pete Townshend.
On aurait bien entendu en apprendre plus de la bouche du créateur de l'opéra-rock, mais ce dernier reste comme toujours assez discret et ne se commet en entrevue que lorsqu'il le veut bien. Il nous reste tout de même un film bien documenté et bien construit sur ce mouvement et sur un album monumental. Pour ceux qui s'intéressent au Who ou à la vie de la jeunesse britannique des années 60. Un excellent complément au long-métrage avec Sting et Ray Winstone...
Visuellement, la partie contemporaine est impeccable, avec un beau rendu des couleurs et une précision des détails. Les images d'archives sont par contre de qualité variable. Ceux du film étant les plus beaux. Les images de reportages ou les extraits d'entrevues sont de moins bonne qualité, mais sont tout de même correctes. Même chose pour l'audio. Les entrevues modernes sont de belle qualité, bien rondes, alors que la plupart des extraits des années soixante sont de qualité moindre. Mais comme beaucoup de ces images sont muettes ou superposées de narration, le tout est acceptable. En suppléments on a inclus une entrevue avec l'ingénieur de son de l'album ainsi que des biographies écrites des collaborateurs au documentaire.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |