Walk Hard: The Dewey Cox Story
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Jake Kasdan
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 96 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 26
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
29 mars 2008

Une des meilleures comédies de l'année 2007 débarque en DVD. Malgré le sceau "par le producteur de Knocked Up et Superbad", "Walk Hard : The Dewey Cox Story" arrive à être tellement plus comique que ces titres surestimés en se moquant avec humour et mordant des biographies musicales. Jouissif.

Dewey Cox (John C. Reilly) aimerait être célèbre. Après avoir causé la mort de son frère, il est chassé de la maison. Trouvant refuge auprès d'une épouse qui lui fait des dizaines d'enfants, le jeune homme n'abandonne pas son rêve. Le hasard lui permet d'enregistrer un disque et c'est le succès immédiat. Une popularité qui entraînera le principal intéressé au sommet des palmarès, modifiant radicalement son mode de vie, multipliant les femmes, les drogues et les déceptions au passage. Après des hauts et des bas, une certaine stabilité est souhaitable et même nécessaire.

Il y a des rencontres plus importantes que d'autres. Depuis des années, le réalisateur de l'ordinaire Orange County, Jake Kasdan, attendait le film qui allait réellement lancer sa carrière. C'est en côtoyant Judd Apatow, le producteur et cinéaste le plus populaire du moment, que la chimie parfaite allait survenir. Le sujet, banal, mais néanmoins très rarement traité par le passé, est une comédie irrévérencieuse qui se moque de tous les Ray, Walk the Line et autres œuvres biographiques qui pullulent les écrans. C'est parfois vulgaire sans verser dans les excès, hilarant à défaut d'être bidimensionnel et poussif.

Le scénario, écrit à quatre mains, maximise la prémisse, renvoyant à ce rêve américain, arborant au passage plusieurs décennies en mouvement, misant tout d'abord par un long retour vers le passé pour mieux revenir dans le présent. Les situations tendent à être le plus prévisibles possible, surprenant par un gag inusité, un jeu de mots savoureux et un effet particulier de la jolie mise en scène. La réussite incontestable de l'entreprise repose également sur les épaules de John C. Reilly, l'ancien acteur fétiche de Paul Thomas Anderson qui n'a jamais eu à défendre un rôle aussi important. Le comédien, flamboyant et apparaissant dans presque toutes les scènes, impressionne par sa bonne humeur et ses mimiques, étant capable d'offrir un jeu physique en phase avec ses facéties à la fois expressives et introspectives.

Dans ce genre d'exercice, le soin apporté à la musique est primordial et même si elles ne sont pas très sérieuses, les mélodies choisies demeurent intéressantes à écouter. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont de très bonne facture, jouant allègrement avec les cris de la foule, des applaudissements multiples et des bruits de différents animaux. Loin d'être impeccable, la traduction francophone évite pourtant de trop boire la tasse, et il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais, en français et en espagnol afin d'appuyer ces voix qui s'entendent pourtant aisément. Les images plutôt soignées bénéficient de contrastes impeccables, de couleurs précises et d'éclairages qui s'alimentent de teintes éclatantes (le vert, le bleu, l'orange, le mauve) afin de créer les atmosphères voulues. Même cette luminosité omniprésente ne nuit jamais à la beauté de l'ensemble.

Rien n'a été laissé au hasard. La pochette propose une combinaison de séquences marquantes et le disque est à l'effigie d'un vieux vinyle. Le menu principal du DVD opte plutôt pour des images d'affiches et d'albums. Les mouvements se font rares, sauf que la pièce qui y joue déride en un clin d'œil. Après quelques visionnements, il est légitime de se diriger vers les bonus et de ce côté, il y a tout pour continuer le plaisir sans trop se casser la tête. Il y a d'abord une piste de commentaires plus inspirée qu'inspirante composée des idées du réalisateur, du producteur, de la principale vedette et du producteur exécutif Lew Morton. Ces quatre hommes restent accrochés à des détails, versant quelques fois dans les gros mots et les allusions sexuelles. Superficiel et honteusement dévergondé. Il est également possible d'accéder à quatre scènes inédites ou rallongées. Ces séquences sont drôles à défaut d'être très nécessaires au récit final. "Line-O-Rama" rappelle des répliques mordantes (ou des lapsus singuliers), "Full Song Performances" permet d'avoir accès presque immédiatement aux différentes chansons et il y a un segment qui explore justement la composition de ces tubes. Le segment le plus intéressant est cependant cette section où des noms célèbres (Sheryl Crow, Jewel, Lyle Lovett, etc.) et les artisans du film parlent de l'influence de Dewey Cox dans leur existence. Tout pour faire croire qu'il a réellement existé alors que ce n'est pas le cas!

"Walk Hard : The Dewey Cox Story" n'est pas un très grand film. Il s'agit plutôt d'un long-métrage jubilatoire qui fait beaucoup rire. Doté d'un scénario ingénieux (des caricatures de Elvis Presley et des Beatles apparaissent aux endroits les plus insoupçonnés), d'un protagoniste étincelant et de suppléments qui approfondissent réellement le côté mythique du personnage, voilà une œuvre en apparence inoffensive et datée qui surprend par sa verve. Rien pour détrôner I'm Not There de son piédestal, mais un excellent complément plus léger et attardé qui réconciliera les détracteurs de Judd Apatow.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio8